‹ La lanterne sourdeChapitre 79 sur 89 · D'ELO[ A MARTEL SLR L AMITIÉ · texte numérisé non relu

D'ELO[ A MARTEL SLR L AMITIÉ

Mon ami, soyons raisonnables. Hier, vous me plaisiez, je vous plaisais et nous tirions profit égalementl'un de l'autre, sans compter les petits cadeaux : vous en receviez cinq, moi six ; nous ne nous devions rien.

Que dure l'amitié ? peu importe. Toutela vie ? Ah ! non, c'est bon pour l'amour.

Trop chaude, elle tourne vite : Déjà nous ne savons

plus quoi nous offrir. J'ai vu le fond de votre esprit

[' et vous connaissez par cœur mon cœur. Quand votre

'main habituelle se pose sur ma main, je ne la sens

plus.

Ne dites point, haussant la voix, levant les bras : « Quel misérable ! je ne le croyais pas comme ça ! »

Ingrat ! du calme ! Nous sommes au bout de la route commune. Voici votre chemin : là-bas, un ami frais vous attend.

Moi, je vais de ce côté, droit à l'étranger sympathique qui me fait signe. J'ai besoin d'être flatté encore et de flatter sans contrainte. Vous aussi, je vous assure.

Il faut que nos sensibilités aigries changent dair.

Prenons le sage engagement de ne plus penser l'un à l'autre, et, las d'être amis, quittons-nous bons amis.

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