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LA CRISE DANS L'ÉTAT SOCIAL D'HIER

Tout phénomène social présente deux phases distinctes : la préparation, la manifestation.

C'est encore un aspect du parallélisme de l'ordre social et de l'ordre biologique. En effet cette proposition s'applique à tous les phénomènes sociaux et en particulier aux crises sanglantes, point de départ de notre étude, comme elle s'applique à tous les états de la vie, mais particulièrement à la maladie aigiie, qui connaît une phase d'incubation et une phase de crise apparente. Que nous dit la logique, au sujet de la recherche des causes ?

Que c'est dans le principe qu'il faut chercher la trace des causes premières, auxquelles succèdent ensuite des agents immédiats, en nombre croissant à mesure qu'on se rapproche du moment de la manifestation externe, de l'explosion.

L'observation à posteriori confirme ce raisonnement à priori. On a beau fouiller dans les événements concomitants, on ne trouve, pour aucune crise sociale, une explication satisfaisante. La futilité des prétextes «officiels» qui déclanchent une guerre ou une révolution est le fait historique le plus apparent et le plus généralement reconnu. Aussi voit-on, dans chaque cas, les historiens s'évertuer à remonter de la phase d'apparition à la phase de préparation, pour trouver des causes acceptables.

La logique nous dicte cette règle, parce qu'elle part de cette autre vérité de sens commun : qu'il y a un lien de proportions entre la cause et l'effet.

Appliquant cette règle à l'objet de notre étude, nous poserons en axiome qu'à un phénomène aussi grave et aussi violent doit correspondre un état social profondément vicié par des causes puissantes, étendues.

Arrêtons-nous un instant à cette première question : Est-il constant 'que la vie sociale d'hier était viciée profondément, généralement ?

La question touche à deux ordres. L'un, objectif, nous amène à rechercher s'il y avait des germes nocifs assez graves, dans un état de développement et d'activité assez avancé, pour que la crise fût vraiment imminente.

L'autre, subjectif, concerne la conscience qu'on avait de cette situation, le sentiment de l'intolérable, engendrant le pressentiment psychologique.

On n'accorde pas toujours une place suffisante à l'élément subjectif dans l'étude des causes et dans l'administration des^ réformes.

Les crises sociales sortent de faits positifs : c'est indéniable.1 Mais ces faits n'arrivent à influencer les actes des hommes qu'à travers le prisme des opinions individuelles, et ainsi leur valeur qualitative, c. à. d. leur puissance d'action comme cause, peut être beaucoup plus considérable qu'on ne le soupçonnerait au premier abord et en ne tenant compte que leur activité spécifique.

Le phénomène est courant dans les crises économiques dites crises de prix. On voit alors les prix se mouvoir avec la folie des paniques, non seulement au delà du déficit réel de la production, mais même parfois sans qu'il y ait effectivement déficit.

Ce qui prouve bien qu'il s'agit, en l'occurrence d'un élément subjectif et qu'ils font fausse route tous ceux qui, à la suite de Gregor)^ King (1695) s'échinent à trouver la formule d'un rapport constant entre une récolte déficitaire et la ligne des prix.

Plus instruit par une série d'expériences, perpétuellement renouvelées, le monde des agioteurs se sert abondamment de facteurs pschychologiques pour rafler des différences de bourse.

L'observation séculaire ne s'est point démentie, et elle s'impose à ce point à l'attention, qu'un économiste en a tiré récemment une démonstration contre l'existence de la fameuse loi de l'offre et la demande. (John Dibbec. The Laws of Siipply^ op. cit.)

Nous verrons plus loin M. Jacquart aboutir à la même constatation à propos des rapports entre la natalité et la situation économique réelle (Jacquart Dépression Démographique op. cit.)

Voilà une première raison pour interroger l'opinion des contemporains au sujet de l'imminence d'une crise: leur opinion est non seulement statique, elle est dynamique.

Et voici une autre raison :

La crise sociale affecte les relations des hommes entre eux, non à titre d'individus isolés, mais en tant qu'éléments solidaires et

organes d'extériorisation des entités sociales. L'opinion que se font ces hommes au sujet de la possibilité ou de l'impossibilité de ces relations, dans des conditions déterminées, constitue un élément actif dans la crise elle même, et une cause spéciale pouvant déterminer l'explosion de la crise.

L'ordre de notre démonstration nous amène donc à examiner quel était le sentiment contemporain au sujet de l'imminence d'une crise.

Mais comment choisir dans la quantité de citations qui s'offrent à nous ? Quel est le traité d'Economie politique ou de Sociologie qui ne contient pas sous une forme ou l'autre la condamnation de l'hypothèse économique présente, qui ne constate l'existence et l'acuité d'une question sociale?

Gardiens de l'ordre humain comme de la Paix divine, les Pontifes romains n'ont pas cessé de multiplier leurs avis, d'exprimer leurs craintes en termes qu'on pourrait presque qualifier de pessimistes.

«Si la société humaine doit être guérie, dit Léon XIII, elle ne le sera que par le retour à la vie et aux institutions du christianisme» (Encyclique Reruni novarum).

Forme dubitative pleine de pessimisme ! Et cette opinion se place presqu'à la fin du code de sociologie appliquée, comme on pourrait qualifier la suite des grandes Encycliques: f-Quod apostolici muneris^ sur les fondements de l'ordre social, ^Arcanum* sur la famille, *.Hiimanum gemis^ et <i Immoriale Deiy>, sur la constitution des Etats, <i.Diutiirnum^, sur le pouvoir civil, «Lz^^r/aj-» sur l'esprit moderne. Dans la même encyclique «Rerum Novarum-» nous trouvons encore cet appel pressant: «Que chacun se mette à la tâche qui lui incombe, et cela sans délai, de peur qu'en différant le remède, on ne rende incurable un mal déjà si grave. > (Ib.).

Benoit XV à son tour comme premier acte universel public, jette au monde ce cri d'alarme: «La société humaine court à sa ruine si Dieu ne se hâte de lui venir en aide» (Encyclique <Ad Beatissimi Apostolorum Principist). (^)

M. Tillmans, que ses fonctions de professeur de théologie avaient préparé à observer en connaissance de cause les manifestations dé la psychologie contemporaine, est si pénétré de la conviction de l'imminence d'une crise grave, qu'il donne comme sous-titre à

(i) I Nov. 1914. Acta. Ap. Sedis: Ann. VL. vol. VL. — 35 Nov. 1914, p. 600. L. L. 10

son livre: *^Des raisons pour lesquelles,, en dépit de notre législation sociale, nous courons à notre perte avec une vitesse croissante^! (op. cit.)

Le même auteur consigne ainsi ses observations sociologiques : «On constate l'universalité des plaintes, et ces plaintes sont fondées sur des maux intolérables, notamment la suppression de la vie de famille, l'insuffisance et l'insécurité des ressources, l'absence d'une dose de liberté permettant à la personnalité de se développer.! (1)

<A défaut des principes chrétiens, le monde économique nous donne le spectacle d'une lutte de tous contre tous pour la possession de biens purement matériels.» (Ibid. 19).

«Nous voyons aujourd'hui un mécontentement général, prenant la forme d'une lutte inégale entre les forts et les faibles dans toutes les conditions sociales... La question sociale devient la question brûlante....» (Ibid. 20).

Vingt ans avant lui son compatriote et confrère dans l'action sociale, M. Dr. Hitze, s'exprimait ainsi :

>I1 nous faut regarder la vérité en face: il faut savoir nous aVouer à nous-mêmes que nos conditions sociales sont intenables, que notre société actuelle est en proie à des antinomies inhérentes à sa constitution, que sa ruine, partant, peut être imminente.» (Hitze, Capital et travail, p. 37.)

Ajoutons encore ces observations concordantes:

a) du P. Biederlack: «La crise à l'heure présente étreint à la fois la vie économique et la vie sociale. Que la crise existe, tout le monde en convient.» (Biederlack op. cit. p. 3.) «Il est devenu plus urgent que jamais de combattre les maux dont elle (la question sociale) s'occupe» (Ibid. p. 4.)

b) du P. Alb. Weiss: «Le mal s'attaque à tout, envahit non seulement la vie économique, mais la société toute entière. De nos jours rien n'est plus urgent que de résoudre la question sociale.... Chacune de ces réformes s'impose sans doute, mais il faut les réaliser toutes à la fois: Il faut refondre la société.» (2)

Si les lignes suivantes empruntées au livre de M. Méline (3) ne portaient leur millésime, on les croirait écrites pour les besoins de notre démonstration :

(i) Tillmans, Die Wahre Losung der Socialen Frage, p. 7—8. {ï) Alb. Weiss, op. cit. p. 31.

(3) Le Retour à la Terre, p. 262.

<Qu'arrivera-t-il de ce choc formidable d'ambitions rivales et insatiables? Verrons-nous en pleine civilisation cette lutte pour la suprématie commerciale dégénérer en conflits sanglants et en conflagration générale? La chose n'a rien d'impossible.... la production universelle a pris de telles proportions, elle a créé de tels besoins, elle impose à chaque nation de telles nécessités.... > Et plus loin : * Seul, il (le retour à la terre) peut préserver l'humanité des souffrances et des convulsions dont nous menace le développement trop exclusif d'une seule branche de production.» (Ib. p. 287)

Peu de temps avant lui, un autre observateur, parti des pôles opposés du monde philosophique M. de la Tour du Pin écrivait: «comme la vérité et la justice ne se laissent pas impunément tourner en dérision durant toute l'existence d'un peuple, ce système.,, (le capitalisme) ne peut aboutir qu'a une révolution sociale»... «L'Ecole classique... seule a engendré... la réaction qui l'emportera elle-même, au prix de, Dieu sait, quelles violences...» Vers V ordre social chrétien op. cit. p. 90).

Le sentiment de l'imminence de la crise domine toute l'oeuvre de Ruhland. C'est dans la comparaison des phénomènes sociaux actuels avec ceux qu'il venait de décrire dans les nations antiques à la veille de leurs crises fatales, que Ruhland avait puisé cette conviction anxieuse qui fait ressembler certaines pages de son Traité à un fragment des prophètes d'Israël.

Dans le chapitre consacré ex professa au diagnostic de l'état social d'hier il condense son jugement dans cette phrase lapidaire: <un état morbide poussé à un degré grandement inquiétant.» (i)

Il le répète dans les thèses présentées à l' Institut international des Classes moyennes (1908) : «Ce danger de la destruction de l'économie nationale et de la civilisation correspondante, nous l'encourons aussi à l'heure actuelle par suite de l'expansion ploutocratique dominante.»

Après 30 années d'enseignement, de méditations et d'observations, V. Brants aboutit au même pessimisme. Les éditions successives de son Traité doctrinal portent la trace d'une anxiété croissante. Dans la dernière, nous trouvons les phrases suivantes: cL'hypothèse économique moderne contient certaines erreurs graves, certains vices essentiels qu'il faut nécessairement corriger... des tares qui rendent vaines les tentatives d'amélioration La lutte

(i) Ruhland, III, p. 241.

contre l'erreur et le vice social est un devoir présent, dont on ne peut contester la grave nécessité.» (}) «On ne peut contester ni l'étendue du mal, ni le danger dont il menace la société contemporaine. La question sociale revêt au siècle présent un caractère affrayant d'acuité, de paganisme et de violence....» (Ib. p. 452)

Même des observateurs étrangers par leur profession et leurs études aux spéculations d'ordre sociologique, sont frappés de ce qu'ils voient de toutes parts:

«L'humanité est sur le point de se diviser sur des questions de race.... le péril apparaît plus grand que jamais.... > {Assoc. médicale internationale, p. 12) «....les plus optimistes ne peuvent s'empêcher de constater un perpétuel malaise dans lequel se meut l'humanité,... De quelque côté qu'on jette les yeux.... la division relève, non pas des pures convictions, mais de l'intérêt égoïste.... N'est ce pas là la preuve évidente que l'organisation sociale est viciée dans son essence?» (2)

Enfin si l'on désire quelques phrases d'actualité, rattachant directement notre thèse aux événements actuels, voici des citations auxquelles on ne reprochera certes pas le manque de franchise.

En 1908, Le Reichsbote, organe du parti conservateur allemand annonce «la lutte ardente qui s'apprête, que la décade prochaine verra» et ajoute, pour sauver la face «On peut regretter que les nations aient pris ainsi position les unes contre les autres, mais il n'y a rien à changer à cela». (3)

En 1910, M. Hilferding, dans un livre d'ailleurs très scientifique, presque technique, insère cette phrase : «Il y a là une situation qui exaspère l'opposition de l'Allemagne et de l'Angleterre, une situation qui accule à une solution violente». {Das Finanzkapital p. 421).

Et après six mois de guerre, M. Edwin Szabô conclut ainsi sa démonstration concernant les tendances économiques qui cherchaient leur solution dans la crise sanglante :

«La situation était telle que la coopération de tous les facteurs

(i) Les Grandes Lignes , p. 447 — 449.

(2) Congrès Mondial des associations internationales, 1910. Rapport du Dr Rivière.

(3) V. Collection de documents pour Conférences, publiée par le Bund det Landwirte de Berlin.

pacifiques de l'Europe n'avait plus de chances d'écarter un conflit armé» (op. cit. p. 672).

Nous ne multiplierons pas les citations là-dessus.

Voilà donc nos lecteurs documentés au sujet de l'élément subjectif de notre question, c. à. d. de la conviction qu'avaient les observateurs sociaux d'hier concernant le caractère d'intolérabilité de la situation.

Prenons l'élément objectif: où avaient-ils puisé cette conviction?

La réponse à cette question peut nous orienter dans nos recherches subséquentes, comme elle servira de complément à nos thèses précédentes.

Car parmi les sociologues, quelques-uns remontent jusqu'à des causes qu'ils croient générales et premières, d'autres en plus grand nombre s'en tiennent aux manifestations actuelles et à leurs agents immédiats. Ce sont ceux-ci que nous allons interroger plus abondamment, puisque nous voici également à la recherche des formes contemporaines de germes nocifs, dont nous connaissons les causes premières. Les arguments que nous avons à rapporter sont malaisément classables. Ils ne concordent pas souvent et s'entre-détruisent quelquefois ; la chose n'étonnera aucun de nos lecteurs accoutumé aux controverses scientifiques.

Si nous soulignons ce point, c'est par raison d'opportunité.

Demain, la littérature sur la crise présente surgira non moins contradictoire. C'est là un des effets les moins interréssants de cette «manière» de la division du travail, qui a envahi le monde de la pensée, après avoir triomphé, plus bruyamment qu'il ne convenait peut-être, dans le monde de la technique.

Nous reverrons demain ce que nous constations hier : chacun s'enfermant dans son cycle de connaissances familières et y rapportant volontiers l'humanité et l'univers.

Les politiciens ne voudront tenir compte que des phénomènes politiques de la crise: intrigues ministérielles, attitudes des partis, traités d'alliance, armements, impérialismes, politiques dynastiques.

Les économistes ne verront que la concurrence maritime, l'appétit colonial, la surproduction industrielle ou la surpopulation.

Les sociologues assigneront aux courants magnétiques cosmiques, à l'évolution nécessaire de nouvelles races, à l'instinct collectif irrépressible, les causes d'une situation qu'ils trouveront peut-être même tout à fait normale, et en tous cas fatale.

Mettons que tous les spécialistes ont raison ensemble, et qu'il faut procéder à l'addition de toutes ces causes. N'y aurait-il pas entre elles un commun dénominateur ? M. de la Tour du Pin au bout d'un quart de siècle d'observation et de méditations a adopté ce principe qu'il appelle : «La clef de la réfection sociale» à savoir que les éléments de l'ordre économique, ceux de l'ordre social et ceux de l'ordre politique sont les mêmes. ( Vers un ordre social chrétien op. cit. p. 492).

Cette observation présentée sous la forme d'une conclusion pratique trouve dans l'œuvre de Gabriel Tarde sa démonstration doctrinale. Dans sa Logique sociale, Tarde consacre un chapitre à ce qu'il appelle <Les empiétements de l'économie politique.» La production des richesses usurpe sur la science politique ; la répartition des richesses, sur la science juridique ; la consommation des richesses, sur la science sociale. (Tarde op. cit. ch. VIII p. 338 et ss.) Or toutes ces sciences sont des démembrements de la sociologie. L'unité fondamentale se trouve dès lors expliquée, ce qui apparaît d'abord comme une confusion.

L'expérience va confirmer à son tour la justesse de la thèse. Reprenons le livre de M. de la Tour du Pin. A un autre endroit, il va nous montrer comment la question agraire en France de purement technique devint économique, et, en dernière étape, sociale, à mesure que tous les remèdes imaginés dans ces ordres successifs avaient révélé leur impuissance.

Nous pouvons observer la même évolution à propos de la politique au sens spécifique. D'une controverse au sujet du droit divin des chefs d'Etats, ou au sujet de la meilleure forme de la République, nous l'avons vu devenir économique, appliquée à la recherche du maximum des richesses, jusqu' à ce que le parti socialiste, suivi aussitôt par le parti agrarien et celui des classes moyennes, ait transformé la politique économique en problème social. Gneist l'avait reconnu pour le socialisme (i); déjà Gumplowicz reconnaissait les socialistes comme pionniers de la sociologie (2); Ruhland en fournit la démonstration pour l'Agrarisme. (^)

De son côté Ch. Antoine enseigne que :

(i) Gneist: Rechtstaat u. Sozialismus t. 11 — % 15-28.

(2) Précis de sociologie p. 75.

(3) Was ist ein Agrarier? Berlin 19 10.

«La question sociale a des racines profondes dans l'ordre économique : elle est le fruit d'un régime économique vicié.» (i)

Biederlack unit semblablement les deux ordres, lorsque parlant de la crise sociale prochaine, il professait; «Deux causes principales ont donné naissance à la crise : d'une part le développement excessif et souvent injuste du capitalisme... d'autre part le relâchement des liens sociaux que la nature elle-même avait établis entre les membres d'une famille, d'une association, d'un Etat.» (Bied. op. cit. p. 3).

En d'autres siècles, la démonstration eut été superflue. Plus synthétiques, les docteurs d'autrefois voyaient naturellement le bien qui unit l'histoire à la morale, la sociologie à l'économie politique. Et dans leur excellent positivisme, ils découvraient l'unité sous les facettes les plus multiples des points d'observation. (^)

A force de traiter isolément de l'Economie politique comme d'une science abstraite, dont les lois règlent la production et la répartition des richesses, nous avons pris l'habitude de lui attribuer une indépendance qu'elle n'a pas. Si les richesses existent, c'est parce qu'il y a des hommes qui ont des appétits et des besoins.

Parmi ces besoins, quelques uns sont primordiaux et irrépressibles dans une certaine limite : c'est qu'ils intéressent la vie physique.

Au delà commence le règne de vie intellectuelle. Dans la mesure où les hommes concevront imaginativement la forme et la quotité de leurs besoins, nous verrons des choses devenir ou cesser d'être des «richesses» c. à. d. des moyens de satisfaction. Or cette conception se lie étroitement aux relations de sociabilité, que les hommes éprouvent, comme on éprouve un instinct naturel ; et ainsi en dernière analyse, tout ce qu'on peut observer à propos des richeses se ramène à l'ordre social et moral.

(i) Ck. Antoine: Cours d'Economie sociale, p. 160.

(2) Gumplowicz doit peut être à l'atavisme la conception de cette phrase, inconsistante avec son système : «A la vérité et à aller au fond des choses, le monde qui nous entoure est un. Toute division de ses phénomènes n'est qu'un moyen d'arriver à les connaitre, il n'y a donc en principe qu'une science, celle-ci se proposant de rechercher les lois de ces phénomènes...» {Grundriss. op. cit. p. 107J

Et Ratzenhofer fait dériver la politique de la sociologie. (V.. Wesen und Ziveck der Politik-Leipzig-iSg^).

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