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ORDONNANCE D UN MORCEAU. 9D

Quant à la troisième strophe, nous rentrons dans le Ion du récit, relevé par une petite pointe de poésie, et terminé familièrement par la crainte de briser un joli petit meuble.

Arrive la quatrième strophe. Changement complet ! Nous entrons dans le domaine du sentiment et de l'émotion. La voix, l'accent, tout se transforme. Plus de ces notes brillantes et claires, propres au pittoresque ; c'est au médium qu'il faut avoir recours. C'est le médium, avec ses timbres profonds et un peu voilés, qui seul peut exprimer ces vers si émus :

Ainsi parfois la main qu'on aime Effleurant le cœur, le meurtrit!

Puis le cœur se fend de lui-même, La fleur de notre amour périt!

Chacun de ces mots doit être senti, touchant; chacune de ces syllabes doit pleurer. Mais ce sont les trois derniers vers (lui demandent toute votre intensité d'expression !

Il sent croître et pleurer tout bas Sa blessure (ine et profonde...

11 est brisé... n'y touchez pas!

Remarquez-vous cette différence dans le dernier hémistiche, entre la troisième strophe el la dernière. Dans la troisième, il finit par il est brisé; dans la dernière, par n'y touchez pas. C'est une leçon de lecture, que ce changement. Liez donc ensemble la fin de l'avant-dernier vers et le commencement du dernier. Dites : il est brisé ! avec un véritable accent de douleur; puis, vous arrêtant tout à coup, changez de ton et prenez la voix de la prière pour : n'y touchez pas !

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