PLAN GENERAL DE L OUVRAGE
longues, des écrivains simples aux écrivains savants, des prosateurs aux poètes?
Enfin ny aurait-il pas plus d'intérêt à prendre successivement les plus grands écrivains en prose et en vers, et à s'appliquer à les lire l'un après l'autre? On apprendrait, en les lisant, qu'il y a autant de façons de dire qu'il y a d'écrivains ; on se pénétrerait du génie propre de chacun d'eux, du caractère de diction qu'il réclame ; et, du même coup, ainsi, on arriverait à la possession complète des secrets de notre art.
Voilà trois méthodes très différentes. Laquelle choisir? Grande difliculté! laissez-moi le temps d'y réfléchir, « je reviendrai demain. »
Le lendemain je revins tout radieux! — J'ai trouvé, lui dis-je. — Quelle méthode adoptezvous? — Aucune, c'est-à-dire toutes ! Toutes sont bonnes, et elles doivent toutes avoir leur place dans notre enseignement.
Je ne vois pas ce livre comme un ouvrage didactique : ce serait recommencer notre traité de lecture. Il ne s'agit plus de théorie, de règles, mais d'application : or, l'application doit être variée comme les sujets mêmes. Mon ambition est (iue
ce livre soit non seulement instructif, mais, s'il est possible, intéressant. Il faut, pour cela, que chaque chapitre réveille l'attention, excite la curiosité par quelque chose d'imprévu, je dirais volontiers d'inventé. L'imagination doit y avoir sa part, et savez-vous sur qui je compte pour l'y introduire ? Sur vos jeunes lecteurs. Mes idées susciteront en eux des observations, des objections, des doutes. Je leur demande instamment de me les communiquer, j'y répondrai ; ce sera entre eux et moi comme un dialogue; ils me donneront des idées, nous serons collaborateurs. Je commencerai dans huit jours.
TROIS FABUI.ISIES.