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SOUVENIR DE M. RÉGNIER

La mémoire joue un grand rôle dans l'étude de

la lecture ; car lire amène forcément à dire, et dire, c'est apprendre par cœur. Hé bien, je voudrais aujourd'hui vous apprendre à apprendre^ vous donner une leçon de mémoire.

La mémoire, en effet, n'est pas, comme on a trop l'air de le croire, une faculté purement mécanique, une sorte d'appareil de photographie, où les objets s'impriment ou ne s'impriment pas, selon que la plaque est plus ou moins bien préparée; c'est une faculté vivante et capable d'éducation. On dit souvent qu'il faut exercer sa mémoire ; soiti mais exercer sa mémoire ne res-

semble en rien à exercer ses muscles par la gymnastique. Pour la fortifier, pour l'assouplir, pour tirer d'elle tout ce qu'elle vaut, il faut l'associer à l'intelligence et au sentiment. N'oublions pas que les anciens en avaient fait une Muse, et dans les danses sacrées que les neuf sœurs exécutaient devant Apollon, Eulerpe et Érato figuraient toujours appuyées sur Mnémosyne.

Paulo majora canamus.

Revenons à la prose.

Bien apprendre, c'est apprendre vite, et retenir longtemps. Gomment atteindre ce double but?

Nous voici en face d'une page de prose ou d^un morceau de poésie à apprendre. Par où commencerons-nous? Allons-nous attaquer tout de suite l'étude de ce morceau, mot à mot, ligne à ligne, vers à vers, et la premières phrase ainsi apprise, passerons-nous ensuite^ à la seconde? Mauvais moyen. C'est le chemin des écoliers, c'est-à-dire le plus long. Le plus court, je vais bien vous étonner peut-être, c'est de débuter par une lecture d'ensemble et tout intellectuelle; Tie vous occupez pas d'abord des paroles, rendez-

VOUS compte de la composition du morceau, de la marche des idées ; voyez d'où l'auteur part, par où il passe, où il arrive. Imprimez-vous dans l'esprit, si je puis parler ainsi, V architecture de cette page, de façon à ce que les lignes générales se dessinent dans votre mémoire et s'y fixent à l'état de charpente. Sans doute, ce travail préalable à tout apprentissage littéral du texte, prend un certain temps, car il ne s'agit pas d'une lecture courante, mais d'une lecture lente, réfléchie, où l'on s'arrête, où l'on recommence, où parfois l'on retourne en arrière; cependant, loin d'être du temps perdu, ce sera du temps gagné, et votre besogne mnémonique s'en trouvera diminuée de moitié. Gomment cela? direz-vous. Parce que, quand vous commencerez l'apprentissage littéral, les phrases et les mots, au lieu de s'entasser au hasard dans votre tète, iront se loger d'eux-mêmes à la place que leur assignera l'enchaînement des idées; c'est comme une sorte de cadre qui les appellera et les retiendra.

Vous avez vu des écoliers apprendre une leçon. Que font-ils? Ils répètent machinalement chaque parole vingt fois de suite, jusqu'à ce qu'ils se

la soient enfoncée dans la cervelle comme à coups, de marteau. C'est un travail de lèvres, de voix, mais l'intelligence en est absente. Hé bien, faites exactement le contraire. Que la réflexion, le juger ment, la critique, l'admiration, soient les auxiliaires assidus de votre mémoire. En étudiant une phrase, remarquez-en la construction ; en étudiant les mots,, remarquez-en la place, la valeur, la force, l'accent, le son ; car le son fixe à la fois le mot dans l'oreille et dans l'esprit. Si c'est un morceau de poésie que vous travaillez, rendezvous compte du rythme, des rimes. Étes-vous frappé de la beauté d'un tour ou d'une expression, que cette beauté, analysée, savourée, attache comme avec un clou d'or cette expression ou ce tour dans votre souvenir. Servez-vous même des défauts d'un morceau pour le retenir, liien ne nous éclaire plus que l'étude à haute voix, sur les défaillances de style, sur les impropriétés de termes, sur les lon^'ueurs de développement, sur la fausseté des sentiments exprimés. Que chacune de ces fautes, observée soigneusement, vous serve comme de point de repère dans votre travail; on relient ce qui cho(jue autant (jue ce (jui cliarnie.

A ceux qui objectent la longueur de cette étude préliminaire, je réponds par un fait. Je suis né en 1807, voilà donc plus de soixante ans que ma mé* moire me sert, ce qui ne laisse pas d'user un peu une mémoire. Hé bien, il m'est arrivé quelquefois déparier avec un jeune garçon, intelligent, et bien doué, que j'apprendrais plus vite que lui soixante vers, et de gagner mon pari. Pourquoi? Parce qu'il étudiait mécaniquement, et moi méthodiquement ; parce qu'il apprenait avec sa mémoire seule, et que si jeune et si souplç qu'elle fût, elle était vaincue par ma vieille mémoire, s'appuyant sur ces utiles alliés : le raisonnement et le jugement.

M. Régnier pi'a raconté un exemple bien singulier du grand rôle que joue l'ordre dans la mémoire :

Le monologue du cinquième acte du Mariage de Figaro, contient cotte phrase :

Je broclie une comédie sur les mœurs du sérail, à l'instant, un envoyé de je ne sais oîi, se plaint que j'offense dans mes vers, la Sublime Porte^ la Perse, une partie de la presqu'île de Tlnde, toute FÉgypte, le royaume de Barca, de Tripoli, de Tunis, d'Alger et de Maroc.

« Je ne pouvais, me dit M. Régnier, venir à bout de me mettre cette nomenclature dans la mémoire; je mêlais tous les noms, plaçant l'Inde avant la Perse, et le Maroc avant Tripoli. Tout à coup, je m'aperçois que l'auteur, dans cette énumération, a suivi l'ordre géographique : ces États figurent dans sa phrase, à la même place, et dans le même rang que sur la carte; à l'instant, ma mémoire s'approprie cet ordre, et les noms s'y gravent inefiaçablement, parce qu'ils s'y gravent méthodiquement. »

Ainsi m'en arriva-t-il à moi-même, avec la première scène de ï Ecole des maris.

Ne voudriez vous point, dis-jo, sur ces matières, De vos jeunes muguets m'inspircr les manières? M'oblip"er à porter de ces petits chapeaux Qui laissent éventer leurs débiles cerveaux; i^lt de ces blonds cheveux de qui la vaste enflure Des visages himiains offusque la figure? De ces petits pourpoints sous les bras se perdants El de ces grands collets jusqu'au nombril pendants? De ces manches qu'.'i table on voit tâter les sauces, Et de ces cotillons appelés hauts-de-chausscs, De ces souliers mignons, de rubans revêtus. Qui nous font ressembler k des pigeons patlus?

Et de ces grands canons où, connme en des entraves, On met tous les matins, ses deux jambes esclaves, Et par qui nous voyons ces messieurs les galants Marcher écarquillés ainsi que des volants.

Rien de plus malaisé à apprendre que cette description. Je m'y trompais toujours, j'en confondais sans cesse tous les objets. Un jour, je remarque (jue Molière n'a pas assemblé ces objets au hasard ou selon le besoin de la rime, mais qu'il a placé chacune de ces parties de la toilette, à la place, et dans l'ordre qu'ils occupent sur le corps humain, commençant parle chapeau, allant ensuite aux cheveux, descendant au collet, passant au pourpoint, etc. C'en était fait, je savais mon morceau, et je ne l'oubliai plus. Dès que je commençais à le dire, lejeune homme habillé par Molière se dressait devant moi de k tète aux pieds, et ma mémoire descendait tranquillement d'un objet à l'autre. Ne confondez pas ce procédé, avec les artifices mnémoniques que je ne dédaigne pas pourtant; il y en a de très ingénieux et de très utiles, mais celui-ci repose sur un principe, Tordre.

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Retenir est encore plus difficile qu'apprendre. Cependant, on cite des mémoires phénoménales et qui semblent fabriquées en airain, tant ce qui s'y écrit s'y grave. M. Guvier dit un jour à son secrétaire : « Prenez donc tel volume sur le cinquième rang de ma bibliothèque, derrière ; je l'ai lu il y a vingt-cinq ans, et vous trouverez page dix, second alinéa, un passage que je vous prie de me copier. » M. Patin m'a raconté souvent que pendant toute une journée il fut tourmenté, poursuivi, par douze noms, de gens parfaitement inconnus pour lui, et qui se représentaient sans cesse à lui dans un ordre régulier. C'était une liste (le douze jurôs, qu'il avait lue la veille dans un journal, et qui s'était inscrite d'elle-même dans son cerveau. Mais ce sont hl des exceptions qui ne prouvent que la règle ; or, la règle, c'est que l'oubli est le frère du souvenir. Il y a des mémoires heureuses mais infidèles, qui oublient aussi vite (lu'clles apprennent. Il y ;i îles écrivains au style ondoyant, aux contours indécis, dont les ])ages fiottantes glissent sur la mémoire, el ne s'y im-

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priment pas. Je disais un jour à Lamartine : «Expliquez-moi comment il se fait que vingt vers de La Fontaine, une fois entrés dans ma tête, n'en sortent pas, et qu'il suffise de quelques mois pour que vingt vers de vous s'échappent de mon souvenir?

— Rien de plus simple, me répondit-il avec une l)onhomie charmante, c'est que j'écris avec un pinceau, et La Fontaine avec une plume; je colore, il grave, et les couleurs s'effacent plus vite que les contours. »

Cette ingénieuse réponse ne contenait que la moitié de la vérité ; la fugitivité du souvenir ne tient pas seulement, comme nous le verrons tout à l'heure, au caractère des morceaux appris ; mais l'oubli, quelle qu'en soit la cause, est chose fatale; il n'est presque personne de nous qui, voulant redire, au bout de quelques semaines ou de quelques mois, un morceau récité naguère avec passion, n'en ait été réduit à cet aveu pénible : « Je ne me rappelle plus. »

Oue ferez-vous alors? Le plus simple est sans doute de recourir au texte, de recommencer votre étude, et j'ajoute qu'une surprise agréable vous attend alors. On réapprend beaucoup plus vite

qu'on n'a appris; c'est comme une ancienne amitié qui se renoue ; les phrases et les mots, à mesure qu'ils arrivent sous vos yeux, ont l'air de vous reconnaître, tant ils s'empressent de rentrer dans votre mémoire, et de revenir sur vos lèvres.

Mais si le texte vous manque? si le livre n'est plus dans vos mains? faut-il vous résigner à l'oubli de ce morceau et le regarder comme perdu ? Non.

Ici se produit un fait psychologique très curieux.

Lorsque vous passez subitement d'un endroit clair dans un endroit obscur, quand vous entrez dans une cave par exemple, au premier abord vous ne distinguez rien ; il semble que vous soyez aveugle ; puis, peu à peu, ces ténèbres deviennent visibles; les objets enfermés dans cette cave semblent sortir de l'ombre où ils étaient noyés, et se dessinentvaguementdevantvosyeux, comme si une blancheur venue du dehors les éclairait peu à peu.

Hé bien, pareil phénomène se produit en face d'une page oubliée. L'œil de la pensée, à force de la regarder, de s'y attacher, l'oblige |)our ainsi dire à reparaître.

Que se passe-t-il donc alors dans noire cerveau?

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Par quelle force étrange notre attention, en se fixant sur ce morceau qui n'existe plus, le reconstruit-il? On peut concevoir que les yeux du corps s'habituent à l'obscurité et arrivent à y voir ce qui y est; j'imagine là quelque opération mécanique pareille à ce qui a lieu dans une lorgnette, dont les tubes, en s'allongeantou en se raccourcissant, la mettent au point, et nous permettent de distinguer des objets existants. Mais cette page, elle est noyée, effacée^ ensevelie dans notre souvenir. Comment est-il possible que nous percions les voiles qui la cachent, que nous dissipions la poussière qui la recouvre, que nous donnions un corps à ce qui est dispersé et en débris? Explique ce mystère, qui pourra. Mais c'est dans ce mystère qu'éclate le plus victorieusement la supériorité de la mémoire méthodique sur la mémoire mécanique. La méthode qui vous a aidé à apprendre^ vous aide àretroiiver. Le raisonnement, le sentiment, l'esprit critique, tous ces auxiliaires de votre premier travail mnémonique, vous facilitent le second; les grandes lignes renaissent d'abord dans votre esprit ; les détails rentrent peu à peu dans les détails de l'ensemble; l'oreille môme, qui

se rappelle certaines beautés de son que vous lui avez confiées, vous apporte sa part de souvenirs, et c'est ainsi que le morceause réédifie dans votre tète, à l'aide de tous ces collaborateurs, comme une maison s'élève avec le concours des ouvriers de tous états.

Le rôle de la mémoire dans la diction donne lieu aune autre observation très importante.

On dit la mémoire^ on devrait dire les mémoires. Il y en a de toutes sortes : mémoire des faits, mémoire des dates, mémoire des lieux. Ces différentes mémoires s'unissent rarement dans le même individu, et semblent môme souvent s'exclure. Tel savant, qui retient imperturbablement toute une série de calculs et de problèmes mathématiques, traverse les pages les plus curieuses d'un livre d'histoire, sans en garder autre chose qu'une vague impression aussitôt effacée que reçue. La mémoire des dates ne concorde pas toujours avec la mémoire des faits. La mémoire des figures esl, pour quelques personnes, pour moi entre autres, une mémoiiMî toute spéciale, et (|ui constitue un véritable tourment. In visage entrevu une fois, pnr hasard, dans une visite, dans un voyage, et

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revu quatre ou cinq mois plus tard, me frappe; comme un visage connu, avec mille points d'in-terrogation et mille scrupules : « Où donc ai-je vu cette figure -là? Appartient-elle à quelqu'un avec qui je suis en relation? Dois-je saluer? » Hé bien, en même temps, le croirait-on? je suis absolument dépourvu de la mémoire des lieux. Je ne reconnais pas un endroit que j'ai vu vingt fois. Je me perds, au retour, dans un chemin que j'ai parcouru une heure auparavant.

La mémoire littéraire elle-même se fragmente en plusieurs compartiments. Tel >écolier apprend plus vite les vers que la prose, tel autre retiendra plus facilement un morceau d'éloquence qu'une narration. Ol', la réllcKion et mon expérience personnelle m'ont convaincu qu'il y avait là un indice psycliologique très précieux. N'y aurait-il pas lieu, de penser, en effet, que notre faculté mnémonique correspond à nos facultés créatrices, qu'il y a un rapport, une proportion chez chacun de nous, entre d'une part se souvenir, et de l'autre imaginer, concevoir, sentir? Notre mémoire ou nos mémoires ne ressembleraient-elles pas aux protubérances du docteur Gall? Ne sont-elles

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pas des signes révélateurs de nos goûts, de nos aptitudes, de notre vocation?

Je livre cette observation aux parents et aux instituteurs. Si ce fait est vrai, comme je le crois, quel puissant auxiliaire dans l'éducation ! Constater ce qu'un enfant est propre à apprendre, ce serait presque deviner ce qu'il sera propre à faire.

Un dernier conseil. Savez-vous ce que c'est qu'une mémoire bien garnie? une bibliothèque portative. Nos livres peuvent se trouver loin de nous, la mémoire supplée à leur absence. Un répertoire de morceaux bien sus forme une anthologie d'autant plus précieuse qu'elle est notre ouvrage. C'est nous, c'est notre goût, ce sont nos prédilections, qui ont été récoltant de tous côtés la fleur des meilleurs écrits pour en faire moisson, et l'engranger dans notre tête. Composez-vous un pareil trésor, il vous suivra partout et vous servira à tout. J'en parle par exi)érience. La nuit, suis-je pris d'insomnie? Je me récite des vers, et le sommeil vient. Le jour, suis-je condamné ù quelque ennuyeuse attente? Je me récite des vers et le l('iii|)s passe;. \'a\ chemin de fer, suis-je engagé dans (juehjue long parcours? Je me récite

des vers, et la route s'abrège. L'hiver, suis-je retenu à la chambre par quelque indisposition qui ne me permet pas de lire? Je me récite des vers, et j'oublie mon mal.

Combien de fois m'est-il arrivé, dans les montagnes, en face de quelque paysage grandiose, de doubler pour moi le plaisir de ce spectacle, en me récitant tout haut des vers de Lamartine ou de Victor Hugo. Il me semble que je mets de la musique sur un beau poème! Enlin, je me rappelle qu'il y a quelque cinquante ans, voyageant en Suisse avec un de mes parents, je fus présenté par lui dans une grave famille de Genève ; la perspective d'une soirée de trois ou quatre heures passées dans cette austère maison, paraissait un peu dure à mes vingt-deux ans. Le hasard de la conversation nous ayant amenés à parler des douleurs de l'exil, je citai, comme exemple, les délicieux vers composés par André Ghénier pendant son séjour à Londres. On me demanda si je les savais. Je répondis que oui, et, sur la prière qui me fut faite, je me mis à les dire:

Sans parents, sans amis, et sans citoyens, Oublié sur la terre, et loin de tous les miens,

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Par Jes vagues jeté sur cette île farouche, Le doux nom de la France est souvent sur ma bouche- Auprès d'un foyer noir, seul, je me plains du sort; Je compte les moments, je souhaite la mort-, Et pas un seul ami dont la voix m'encourage, Qui près de moi s'asseye, et voyant mon visage Se baigner de mes pleurs et tomber sur mon sein, Me dise : Qu'as-tu donc? et me prenne la main.

Ils sont vraiment exquis, ces dix vers! Mais ce n'est que dix vers! Hé bien, à peine le dernier mot prononcé, c'en était fait, la glace était rompue! Les physionomies étaient changées! les cœurs étaient ouverts. On me demanda de dire d'autres morceaux. J'y consentis de grand cœur, et bientôt le salon se remplit d'hôtes non invités, et mieux reçus pourtant que tous les autres : La Fontaine^ Bèranger^ Victor Hugo; et la soirée s'acheva aux accents de toutes ces voix divines, et quand nous nous séparâmes, à minuit, toute la famille nous dit : à demain! J'étais entré chez eux comme un étranger, je sortis leur ami ! A qui le devais-je? A la mémoire et à la récitation.

RACINE. SHAKESPEARE. ï SQ

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