‹ La lecture en actionChapitre 43 sur 81 · EN PUBLIC · texte numérisé non relu

EN PUBLIC

Ne tenez jamais votre manuscrit devant votre bouche en lisant. Cela intercepte le son, et vous vous trouvez parler à votre papier qui sait ce que vous dites, au lieu de parler au public, qui ne le sait pas. Si vous lisez sur feuillets, numérotez-les avec soin et assurez-vous, avant de commencer, qu'ils sont bien en ordre. Si votre manuscrit est un peu gros, ne le prenez pas tout entier dans votre main, (juelques feuillets pourraient vous échapper. Posez-le à votre droite, sur la table devant laquelle vous êtes assis, prenez à peu près dix pat^^es par dix pages, et à mesure qu'une page est lue, déposez-la à votre gauche.

1G4 I^A Lr^CTURE EN ACTION.

Cornez toujours vos pages. Kien de plus irritant dans une lecture publique, qu'un malheureux lecteur qui se travaille à séparer ses feuillets l'un de l'autre, et qui en arriveparfois (dure extrémité) à appeler sa langue à son aide, et à mouiller son pouce pour faire tourner sa page.

Alternez les cornes de vos feuillets ; je veux dire mettez-les alternativement en bas et en haut; autrement, elles peuvent entrer l'une dans l'autre, et votre embarras recommence.

Si vos yeux affaiblis ne lisent qu'avec peine, mettez bravement des lunettes; pas de binocle 1 le binocle n'est jamais droit; il roule, il glisse, c'est un mauvais cavalier qu'il faut toujours remettre en selle; tandis que les lunettes sont de braves serviteurs, sûrs et solides : la seule coquetterie du lecteur doit être de bien lire.

Ne buvez jamais au milieu d'une phrase. Vous coupez net tout effet. Commencez toujours lentement. Une salle ne devient pas vibrante tout de suite. Au théâtre, les j)remi^3ies phrases dites par l'acteur nous échappent pres(iU'3 toujours. Il semble (jue l'atmosphère ait i)csoin d'être échauffée, et les ondes sonores mises en mouvement

PETITS CONSEILS PRATIQUES. l65

depuis quelque temps, pour porter les paroles jusqu'à l'oreille de l'auditeur.

Commencez toujours sur un ton un peu bas, surtout si l'on fait du bruit dans la salle ; le ton bas commande le silence, on se tait pour pouvoir entendre.

Si vous vous sentez fatigué, arrêlez-voiis un moment, appuyez votre dos sur le dossier de votre chaise ; et reprenez à voix moins haute. Les cordes hautes étant les plus délicates, la fatigue vient presque toujours de ce qu'on a parlé sur ces cordes-là. Si vous avez un morceau long et ennuyeux à lire, tel qu'un document, un papier d'affaires, etc., gardez-vous de le lire trop vite pour le raccourcir, vous l'allongeriez. La précipitation du débit, avertit l'auditeur delà longueur du morceau, et de plus, accroît la fatigue du lecteur.

Lisez posément, correctement, avec la voix du médium, profilez de cette occasion pour appliquer toutes les règles techniques de la diction, et donnez ainsi à cette lecture son seul et vrai mérite, la clarlé.

l6G LA LECTURE EN ACTION.

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