‹ La lecture en actionChapitre 8 sur 81 · NE CONSULTATION · texte numérisé non relu

NE CONSULTATION

Un jour entre chez moi un ecclésiastique. « iMonsieur, me dit-il, je viens chez vous en consultation. Je suis prédicateur. J'ai lu attentivement votre livre de VArl de h lecture dans Tédition la plus complète ; j'en ai étudié les principes, j'en ai pratiqué les règles, et pourtant je n'arrive pas au résultat le plus nécessaire pour moi ; il m'est impossible de parler une heure sans fatigue. Pendant la première partie de mon sermon, ma voix reste sonore, je sens quon m'cnteivf, car cela se sent, mais après une demi-heure, l'organe scvoil-î ou s'éraille, la prononciation devient plus confuse, bientôt, j'en arrive à TcfTort, et je descends de la chaire, mécontent de moi, n'ayant pas dit

ce que je voulais dire ou l'ayant mal dit, et un peu impatienté, pourquoi le cachera is-je?... de n'avoir pas produit tout l'effet que je pourrais produire... 11 y a toujours de l'Iiomme même dans le prédicateur... je suis trop habitué à scruter la conscience des autres pour ne pas lire dans la mienne, aidez-moi donc à être tout moi-même; un professeur de diction est un médecin de la voix, guérissez-moi. »

Je regardai mon malade, et je ne m'expliquais pas sa maladie. Jeunesse, apparence de force, voix bien timbrée. « Ne commencez-vous pas, lui dis-je, votre discours sur un ton trop élevé? — Non, je me rappelle l'exemple que vous avez cité de Berryer. — Mêlez-vous bien les trois registres de la voix? — Oui, je me rappelle l'exemple de votre ])('re. — Avez-vous soin de resjjirer à pro- ] os, de ponctuer? — Oui, je me souviens do l'exemple de Talma et de la k-ron de Samson. — Voyons ! rcpris-je en riant, puistiue vous m'avez appelé docteur, faisons de la clini(jue. Un médecin n(3 remplit i)ien son oflice qu'au lit du malade, l^ur guérir (lueUpTun d'une h(!vre singulière, il faut l'cxarniner eu jileine lirvrc. J'irai vous voir

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