FAITS ASTRONOMIQUES
Les hommes de race aryenne observèrent de bonne heure les phénomènes célestes. En effet une fois que le saint sacrifice eut été conçu comme l'acte par excellence, kratu, par lequel l'homme se mettait en bons rapports avec la divinité, celle-ci ayant pour principal organe le soleil, il fallut s'occuper de reconnaître les mouvements de cet astre.
€ La station supérieure de Visnu, les prêtres savants l'observent toujours ; leur regard est comme tendu vers le ciel.
€ Les prêtres, pleins d'admiration et de vigilance, allument le feu sacré quand Visnu est à sa station supérieure. 1 (1).
Ce texte ne concerne que l'un des trois sacrifices, celui de midi; mais les Hymnes sont remplis de faits relatifs à ceux du soir et du matin ; tous trois ensemble répondent aux trois pas de Visnu^ c'est-à-dire aux trois moments principaux de la marche diurne du Soleil, le lever, le midi et le coucher. Le sacrifice du matin était de beau-
a) Rig. Vêda, I, ^1, 20.
coup le plus important, parce quMl s'accomplissait au moment du réveil de la nature entière, à l'instant même de l'aurore, t lorsqu'il n'y a plus d'étoiles et qu'il n'y a pas encore de soleil ». Pendant ce temps, par le frottement de deux bois appelés les aranî^ on allumait le feu ; on le portait sur l'autel où le bûcher était préparé ; le prêtre, au moyen d'une liqueur spiritueuse qui fut le sôma dans l'Inde, le haonia en Perse et le vin en Occident, faisait jaillir de grandes flammes où se consumaient le gâteau sacré, le miel et l'onction. Tandis que cette cérémonie s'accomplissait sur l'autel, le chœur, tourné ainsi que le prêtre vers l'orient, ayant l'autel entre lui et le point de l'aurore, prenait sa marche vers la droite, allant à la rencontre du soleil et chantant un hymne.
Or le soleil dans sa marche annuelle parcourt d'un mouvement propre toutes les constellations du ciel, les laissant derrière lui et les effaçant tour à tour. Les étoiles, qui aujourd'hui se voient à l'orient un peu avant l'aurore, dans quelque temps ne se verront plus et seront remplacées par d'autres. Il était donc nécessaire de suivre la marche du soleil à travers les constellations et de savoir pour chaque époque de l'année quelle étoile devait précéder et annoncer le soleil. Les Indiens appelaient cette étoile savanagraha : ce mot est composé de savana et de la racine grah^ prendre ; savana est un substantif neutre de la racine su^ extraire, exprimer; le mot entier désigne l'étoile dont la présence à l'horizon du levant indiquait le moment où le prêtre devait commencer à extraire de la plante du sôma le jus sucré dont il devait se servir le troisième jour. La connaissance du savanagraha pour chaque époque de l'année et l'observation quotidienne de son lever constituaient la fonction du prêtre astronome dans la société indopersane.
Quelque chose d'analogue dut exister chez les anciens
Grecs, dont les sacrifices avaient la même origine que ceux des Âryas de FEst
îv Te [UTOi xfoxoireiu^o; Oirelp oXa jci^vaTai t^wç. (1).
Quand vient Tétoile du matin appelant la lumière sur la terre, et qu'après elle s'étend sur la mer Taurore au péplos couleur de safran.
euT* â(rri)p xj^eféfjjt çoocvraTo;, oç Te [laXiffTa epjj^CTat âyyeXXwv çàoç "HoOç TJpiyeveiyiç (2).
Quand s'éleva l'étoile étincelante qui plus que toute autre vient annoncer la lumière de l'aurore matinale.
*Houç oyyeXe, x^^P^i çoetjçope, xal Taj^ùç eXôotç "Eoirepoç, tîv âiràyetç Xàôpioç auôiç aycov. (3).
Messager de l'Aurore, salut, Phosphores, viens vite, toi qui, le soir aussi, furtivement la remmènes.
La vie religieuse des peuples grecs était toute entière liée à la marche du soleil; car ceux des sacrifices qui suivaient les jours du mois, Tétaient également, puisque les phases de la lune dépendent de ses rapports de position avec le soleil. « Le but des anciens était de régler les mois sur le cours de la lune et les années sur celui du soleil : or régler les années sur le cours du soleil, c'est faire revenir les mêmes sacrifices aux mêmes saisons, wpoç, de Tannée, celui du printemps au printemps, celui de Tété en été,. . . car ils pensaient que cela était agréable aux dieux. Mais cela ne pouvait arriver, si les solstices et les équinoxes ne revenaient pas aux mêmes points, T0170UÇ. Lors donc que les années suivent exactement la marche du soleil, les mois et les jours celle de la lune, alors les Grecs jugent que les sacrifices ont lieu confor-
(1) IHade. ^, 226.
(2) Odys. IV, 93.
0) Anthol. I, 22.
mément à la tradition, xArà to iwrpa » (1). Cela, ajoute Oéminus, avait été ordoimé par des oracles, ]^fVKi(«Av.
Colomelle (2) atteste aussi cet antique usage : c in hac ruris disciplina, dit-il, sequor nunc Eudoxi et Metonis antiquorum &stas astrologorum, qui sunt aptati sacrificiis; quia et notior est illa vêtus agricolis concepta opinio. > Ce témoignage d'un auteur relativement moderne nous montre, de plus, que Tancienne organisation du calendrier religieux se conservait dans les campagnes et j était seule suivie, malgré les réformes opérées par les astronomes pour la mettre en harmonie avec l'état du ciel.
Ainsi les phénomènes naturels ayant des retours périodiques réguliers ou à peu prés, les fêtes revenaient avec eux. € Le 6 de chaque mois, dans l'ancien calendrier, était consacré à Artémis, et spécialement le 6thargélion, réputé être le jour de sa nativité. C'était le jour de la fête de Déméter Chloé et l'anniversaire de la purification d'Athènes > (3). Ladisputed'Athénâet de Posidôn était réputée avoir eu lieu le 2 boédromion (4). Les noms des prêtresses d'Athénâ-polias servaient à déterminer les dates des années. Les mois avaient généralement en Grèce des noms tirés des épithètes et des fêtes des dieux. Une fois fixé le calendrier religieux et avec lui les jours fériés, il y avait ces jours-là une sorte d'arrêt dans les affaires publiques et privées, ce que les modernes apellent encore apyeia. Il fallait donc que les services publics fussent réglés eux-mêmes d'après ces nécessités religieuses. Ainsi, les assemblées principales du peuple avaient lieu, dans Athènes, le P% le 10 et le 30 de chaque mois, jours
(1) Qemin. VL
(2) De re rustic. 9, 14, 12.
(8) GresweU, kalend. I, 508.
(4) Plut. Symp. 9, 6.
que la religion avaient laissés libres (1). Cet état de choses n'a pas cessé d'exister un seul instant : car la domination romaine, particulièrement au temps de Tempire, loin de laisser tomber les usages religieux, affecta de les restaurer. Quand le christianisme eut remplacé les anciennes religions, il organisa à son tour Tannée : on eut des fêtes pour chaque jour, mais dont les unes furent obligatoires et rendirent fériés les jours où on les célébrait, tandis que les autres étaient de moindre importance et permettaient à la vie civile et politique de trouver place pour ses exercices.
Quand on eut remarqué que le soleil, après avoir parcouru toutes les constellations, revenait à son point de départ, on eut la définition de l'année. Depuis les plus anciennes observations dont les auteurs grecs fassent mention, l'année a toujours été entendue comme l'espace de temps compris entre deux retours consécutifs du soleil au même point du ciel. Le point de départ pouvant être pris arbitrairement pourvu que l'on possède un moyen de le reconnaître, il n'est pas d'une nécessité absolue que l'année commence à une époque plutôt qu'à une autre. Cependant, il y a quatre époques qui furent remarquées dès l'origine, parce qu'elles ont des caractères particuliers que ne possèdent pas les autres moments de l'année : ce sont les solstices, Tpoirai, et les équinoxes, i(n}(upiai. Les peuples grecs ont pris, mais sans s'être entendus entre eux, soit l'un soit l'autre de ces.moments pour point de départ de l'année. L'année athénienne commençait au solstice d'été, dans le mois de skirophorion ; cet usage paraît avoir duré jusqu'au temps d'Hadrien, époque où l'année julienne, partant de l'équinoxe du printemps, fut adoptée dans toute la Grèce. Â Lacédé-
(1) Harpocp.-Poll. 8, 9, 70.
— ramone, on comptait l'année à partir de Téquinoxe d'automne, qui tombait dans le mois de panamos. A Thébes, on la commençait au solstice d'hiver, dans le mois d'alalcoménios. L'année de Delphes, de Macédoine, d'Ephése, partait de l'équinoxe d'automne.
Il n'est pas probable que ces différents peuples aient établi ces usages arbitrairement et sans motife. Là où l'on observait surtout les levers du soleil, en général les levers solsticiaux étaient plus faciles à déterminer qu'un lever équinoxial. En effet, comme on le faisait, au moyen d'un style vertical dont l'ombre se projetait sur une surface de niveau^ voici ce que l'on observait : comme, au moment d'un solstice, le soleil semble, pendant plusieurs jours, se lever au même point de l'horizon, la ligne d'ombre que projette le style se reproduit chaque année à la même place. Vers les équinoxes, il n'en est pas de même : car le moment de l'équinoxe a presque toujours lieu lorsque le soleil est au-dessus ou au-dessous de l'horizon, et le temps qui s'écoule entre cet instant et celui du lever suffit pour que le point de l'horizon où le soleil apparaît ne soit pas l'Est véritable ; aussi, d'une année à l'autre, les ombres du style ne coïncident plus le jour des équinoxes.
Si les plus anciens Grecs avaient observé, non les levers du soleil, mais ses passages au méridien, ils auraient trouvé un grand avantage à déterminer l'équinoxe, parce qu'à cette époque les longueurs de l'ombre d'un style à midi varient notablement d'un jour à l'autre, t Les accroissements des jours et des nuits ne sont pas égaux dans tous les signes du zodiaque : dans le voisinage des solstices, ils sont très petits et presque insensibles. On peut le constater sur les cadrans solaires : l'extrémité de l'ombre du style y reste pendant quarante jours presque sur les lignes tropicales. Mais, aux équinoxes, ses écar-
tements sont sensibles d'un jour à l'autre > (1). < Cependant, il 7 a un point purement idéal que le soleil atteint pour s'en éloigner aussitôt ; car le moment où a lieu le solstice est instantané » (2) .
Je n'examine pas ici pourquoi les différentes cités grecques ont choisi telle ou telle époque de l'année pour point de départ de leur calendrier. Quant à la ville d'Athènes, on peut répondre très simplement à cette question, si l'on admet que, dans l'origine, et même longtemps encore, on ait observé surtout les levers du soleil. En effet, comme je l'ai dit plus haut, de l'acropole d'Athènes on ne voit le soleil levant à l'horizon qu'à une seule époque de l'année, au solstice d'été. Tout le reste du temps, il se lève derrière l'Hymette, et n'apparaît au-dessus de cette montagne que longtemps après qu'il est sur l'horizon.
L'observation du lever solsticial n'est même pas parfaitement exacte, attendu que l'embrasure qui sépare l'Hymette du Pentélique est un peu plus élevé que l'acropole d'Athènes ; la distance de ces deux points n'étant que de dix kilomètres environ, ne suffit pas pour annuler la différence ; c'est la réfraction qui produit approximativement cette correction. Quand on voulut rectifier les anciennes observations, il fallut donc changer la place de Tobservatoire. Or, les prêtres ne pouvaient opérer une telle révolution, qui eût entraîné la déchéance de l'acropole et le discrédit de la religion. Mais des laïques purent faire ce changement pour leur propre compte. Nous savons, en effet, que Phaeinos et Méton établirent leur observatoire sur le Lycabette ; de là, on voyait le soleil se lever, le jour du solstice d'été, dans un plan à peu près horizontal.
(1) Gemin. V.
(2) Gemin. I.
Au ratta, dés oette époque, on observait, sur le plan hprisontal, non plus la direction des ombres, mais leurs longaenrs, mesurées chaque jour au moment où le soleil passait au méridien. Pythéas, à Marseille, en 350 avant J.-G. , déterminait le méridien, les solstices, les équinoxes et la latitude de cette ville par les longueurs d'ombre d'un style sur un plan horizontal (1). On atteignait par ce moyen à une précision remarquable, et on l'employa longtemps concurremment avec d'autres instruments; car on observait encore ainsi à Paris sous le règne de Louis XIY.
Du moment où l'on eut conçu l'idée de déterminer d'une manière plus précise qu'autrefois les mouvements du soleil et ceux de la lune, on fut conduit à construire des cercles et à les diviser en degrés. Voici ce que dit Hygin à ce sujet (2) : € U y a cinq cercles parallèles à partir du pôle boréal. Chaque hémisphère se divise en 30 parties : on en prend six à partir du pôle, et on trace le cercle polaire arctique; de ce qui reste, on prend cinq parties, et on trace le tropique d'été. De ce qui reste encore, on prend quatre parties, et on trace le cercle équinoxial, appelé en grec ioD(upivdç. De même pour l'hémisphère austral. 1
Ainsi chaque partie de la sphèr6=:3**, et l'on trouverait les distances ci-après à partir du pôle :
(1) Faje, Cosm. p. 185.
(2) Poet. astr.
Garde polaire 18*
Tropique 33*
Equateur 45*
Il est évident que ces nombres doivent être doublés, et Ton obtient :
Cercle polaire 36*
Tropique 66*
Equateur 90*
Cela donne, pour l'obliquité de Tédiptique, 24*, chiffire approximatif qui n'était pas très éloigné de la vérité.
Les observations paraissent remonter très haut dans l'histoire : car les Grecs attribuaient les plus anciennes à Palaméde (1) ou à Prométhée, qui, selon Eschyle (2), leur i^prit à reconnaître les levers des astres et leurs couchers.
Depuis Thaïes, qui vivait dans la première moitié du VI* siècle, les levers et les couchers cosmiques des étoiles étaient notés avec le plus grand soin. On dressait des tables de bronze ou de marbre nommées icapain(y{MtTa, où étaient gravés ces phénomènes. On trouve déjà de telles observations dans Hésiode. Il y avait à Olympie un «ot** pcm)Y(Aa dressé en 544 par Œnopide de Ghios, où était décrite la grande année de 49 ans (3). Démocrite construisit aussi un parapegma.
Cependant, l'année ne commença à être fondée d'une manière positive, et en quelque sorte légale, qu'au temps de Selon. L'institution d'un calendrier civil lunaire lui est attribuée par toute l'antiquité, et le calcul établit que cette invention fut publiée par lui en l'année 593 : la première année solonienne commença le 1*' gamélion 592.
(1) Soph. fr. du Naup. 379.
(2) Prom. 453.
(3) EUen, V. Hist 10, 7.
Juâque^li, on avait sum le calendrier primitif , qui était •zèlnsiTement aolaire, et ofirait, d'année en année, un désaccord croissant entre les fêtes annuelles et celles de chaque mois. Ainsi, l'institution de Solon fat une correction lunaire au calendrier solaire primitif, c'est-à-dire une première tentative d'accord entre la longueur de l'année et celle de la lunaison (1). Elle avait pour but de mettre les fêtes en harmonie avec la marche du soleil (2). Cependant, ce fiit Thaïes qui nomma Tptoxoéc le trentième jour du mois, les mois ayant été auparavant de 29 jours ; et l'on désigna par l'expression ivn xai v^a? c'est-à-dire woXaia xal via atXi(vq, le jour de la lune finissante et renaissante (3). Pour obtenir l'harmonie désirée, on créa l'octaétéris, ou période de huit ans révolus, c Quoique celle-ci, dit M. Greswell (4), soit généralement attribuée à Eudoxe, qui vivait deux cents ans après Solon, on peut admettre comme probable que cette période était déjà conçue et préparée par Gléostrate, contemporain de Darias fils d'Hystaspe. » Elle se composait de 2922 jours, ou 96 mois solaires, ou 99 mois lunaires. Au bout d'une octaétêris, l'on était en retard d'un jour et demi sur la lune; mais la coïncidence revenait après un certain nombre de périodes dont l'ensemble constituait un cycle. On voit que dès l'époque de Solon, les observations contini^ées depuis plusieurs siècles , avaient atteint un assez haut degré d'exactitude. Mais pendant le siècle qui suivit ce savant législateur, et grâce en partie à ses institutions libérales, les arts et les sciences firent de rapides progrès, c A Athènes, dit Théophraste (5), Phaeinôs ob-
(1) Diog. Laert. Solon.
(2) Gemin. VI.
(3) PpocI. Tim. A, 57.
(4) Kal. heU. I, p. 29.
(6) De Bign. pluv. 6,783.
serva du Lycabette les phénomènes du solstice. » Le fait en lui-même n'était pas nouveau. Mais à cette époque on disposait d'alidades, de cercles de cuivre gradués, de gnomons bien construits , et de connaissances géométriques qu'on ne possédait pas un siècle auparavant. La perfection des constructions architecturales, de la taille des sculptures, du modelage et des autres objets qui nous restent de cette époque, prouve que le travail des métaux et l'art de prendre des mesures étaient poussés fort loin. Méton, qui succéda à Phaeinôs ou qui travailla avec lui, découvrit entre la longueur du mois et celle de l'année un rapport beaucoup plus exact que celui de l'octaétêris. En déterminant le moment précis du solstice d'été, il trouva la période de 19 années solaires égale à 235 lunaisons (1) . Ilâxa la longueur de l'année à 365 jours, 1/4 et 1/76 de jour : c'était environ une demi-heure de trop : résultat bien remarquable cependant et qu'il fallut un assez grand nombre d'années pour corriger de nouveau. Un parapegma fut établi par Méton dans le lieu de l'assemblée du peuple, contre le mur du Pnyx; comme les recherches de cet astronome avaient eu pour but d'améliorer l'œuvre de Solon, il est évident que ce parapegma n'était pas un simple cadran solaire, mais un double calendrier, solaire et sidéral d'une part, luni-solaire de l'autre , la première moitié servant de régulateur à la seconde (2). Suidas dit irpo nu6oÂ<àpou in^ioTpoiriov fv iu t^ vuv owoTj éxx^TKTta irpoç Tcp 'vtijtv tû èvllvuxî, c'es^à-dire avant Tarchontat de Pythodore. Ëlien (3) neus fait savoir que cet héliotrope fut établi par Méton sous l'archontat d'Apseudéë en l'année 432. La coïncidence partait du 27 juin de cette même année :
(1) EUen, V. hist. 10, 7.
(2)Gresw. Kal. HeU. 1,442 (3) Elien, V. hist. 10, 7.
6«d priflMBYm Melon eiord!» iiimpeU ab muo Torrent rntîlo Pluatme cmn âdere temun, Cingiila eom veheret pelmgOB proeol Orionis Et eom oœnileo flmgraret Sinvm astro (1).
Le 27 juin, année jolieime, répond au 13 skirophorion : « Méton exposa ce qu*on appelle le cycle de 19 ans, le fidsant commencer an 13 dn mois athénien de skirophorion. Bt cet astronome, dans ses calculs anticipés, parait avoir merveilleusement réussi. Car les astres réalisent leurs mouvements et leurs pronostics conformément à oe calcul. Aujourd'hui même la plupart des Grecs font usage de la période de 19 ans et ne sont pas loin de la vérité. > (2) Quant au mur du Pnjrx contre lequel le parapegma de Méton était fixé, il faut entendre par là le mur circulaire qui soutenait le remblai et dontrénorme soubassement existe encore ; car c'était le seul qui fdt tourné vers le midi ; à moins que le style ne donnât le lever solsticial lui-même, ou qu'il n'y eût même aucun style, mais seulement une double inscription ; à moins enfin que le lieu de l'assemblée ne fût à cette époque à la partie supérieure de la colline (3).
Le calcul de 19 années tropiques égales à 235 lunaisons a, comme on sait, reçu le nom dénombre (Tor'^ mais que ce nombre, c'est-à-dire ce calcul, fut inscrït en lettres d'or au temple de Jupiter à Olympie, ou, selon d'autres, sur les portes du Parthénon, c'est une tradition pure et simple dont l'origine nous est inconnue.
M. Greswel a réuni dans son ialendaritun hsll^ nicum de nombreux passages d'auteurs démontrant que la réforme de Méton fut tour à tour adoptée dans toute la
(1) Avien. 38.
(2) Diod. Sic. XII, 96.
(8) Àrch. des Miss, scient, et litt. 1, 1.
Grèce et causa dans chaque État des rectijScations impor^ tantes du calendrier religieux. Ainsi donc, à partir de ce moment, la Grèce tendit yers une uniformité systématique des fêtes communes. Ces réformes ne durent pas s'accomplir sans difficultés. Ainsi, par la distribution métonienne des mois dans Tannée et des jours dans le mois, le 6 thargélion se trouvait retranché de la neuvième année du cycle. Que ât-on? Supprima-t-on la fête avec le jour, ou la fête fut-elle remise au jour suivant? On ne peut répondre à cette question (1).
Quoi qu'il en soit, pour obtenir un résultat aussi positif que son cycle de 19 ans, cycle qui dut, pour être généralement adopté, triompher de toute opposition sacerdotale dans les cités grecques, Méton eut besoin de rassembler des observations nombreuses et précises; et nous voyons en effet qu'il observa, non seulement à Athènes, mais aussi dans les Cyclades, la Macédoine et la Thrace. Si nous possédions le détail de ces opérations, il nous serait peut-être possible d'en retrouver la trace sur TOcha, dans l'île de Sériphos, à Délos et ailleurs où ont dû se trouver les points d'observation reliés entre eux du grand astronome athénien.
L'observation des ombres donnait, au solstice d'été et au solstice d'hiver, les deux positions extrêmes du soleil dans le ciel. On pouvait en conclure la position moyenne répondant aux équinoxes et donnant la hauteur du plan équatorial au-dessus de l'horizon. De là découlaient l'obliquité de l'édiptique^ la hauteur du pôle et la lati* tude. Mais la seule obscjrvation de l'ombre la plus courte, c'est-à-dire de l'angle formé par le rayon solaire passant à la pointe du style et par la verticale, donne la plus petite distance zénithale du soleil, qui est en rapport in-
(1) Gresw. I, 506
direct avec la latitade du lieu. Celle-ci en effet ne change pas, tandis que la distance zénithale subit des changements séculaires dont il faut beaucoup de temps ou des instruments très précis pour s'apercevoir. Les astronomes anciens purent mesurer, avec une grande approximation, la plus petite distance zénithale, avant d'avoir déterminé aussi exactement la latitude. En effet, à la latitude d'Athènes, l'ombre au solstice d'été est très courte, et la petite ellipse de lumière qui passe par le trou de l'écran d'un style a des bords assez bien limités. Il n'en est pas de même au solstice d'hiver, époque où le ciel est souvent vaporeux et où la longueur de l'ombre agrandit la petite ellipse et en rend les bords assez vagues. Il en résulte que la moyenne entre ces deux positions ne pouvait être déterminée avec une certitude rigoureuse. Nous ne savons pas quelle valeur Méton donnait à la latitude d'Athènes. Eratosthène trouva plus tard Sô"", 55', 42"; Ptolémée, 37% 15'. En réalité elle est de 37% 58' environ, mesurés sur l'acropole.
Quand à l'obliquité de l'écliptique, Eratosthène lui donna pour mesure SS"", 51' 15", ce qui n'était pas très éloigné de la vérité, comme nous le verrons plus tard. Ptolémée à Alexandrie, donnant pour la latitude de cette ville 31% 3', 15" et pour distance zénithale 7% 12', aboutissait précisément aux mêmes nombres qu'Eratosthène et commettait une erreur un peu plus grande, puisque entre ces deux auteurs, l'obliquité de l'écliptique avait diminué. Cet élément eût joué un rôle important dans l'astronomie ancienne, qui n'en connaissait pas les variations séculaires ou qui, ne les ayant pas déterminées avec précision et les trouvant très petites, croyait pouvoir les négliger. Il était donc important d'établir dans les observatoires la ligne exacte du lever solsticial d'été qui, une fois axée au moyen de mires placées à distance dans la
campagne, pouvait servir de point de départ aux calculs. Par là, en effet, on connaissait la plus petite distance zénithale supposée fixe, la latitude du lieu, les jours des équinoxes, les passages du soleil à travers les signes du zodiaque et, à ce système d'éléments solaires, on pouvait rapporter tous les mouvements de la lune, la succession de mois inégaux , leurs cycles et la distribution des fêtes.
Quant à la précession des équinoxes, il est probable qu'on Taperçut de bonne heure, car ses effets se font sentir au bout d'un très petit nombre d'années. Mais comme elle n'entraînait pas de changements notables dans la vie religieuse et civile des Grecs , elle ne fut déterminée que 150 ans avant J. G. par Hipparque. Cent cinquante ans plus tôt les constellations et les signes se répondaient; mais en 150, l'équateur coupait l'ediptique au 1*' point du Bélier; et en 1846 après J. C. le point équinoxial avait parcouru SO"" ou un signe, l'équinoxe avait lieu dans la constellation des Poissons ; celle du Bélier se trouvait dans le signe du Taureau, et celle de la Vierge était à 174** du point équinoxial, tandis qu'en 150 avant J. G. elle était à 20P,46' de ce même point. La différence entre ces deux positions, égale à 27**, 46' pour 1996 ans, donne 50", 1 par an (1).
n résulte de ces données que, si certains dieux répondent à certaines manières de concevoir le soleil et si leurs temples ont eu une orientation réglée d'après l'état du ciel, cette orientation peut encore servir aujourd'hui à déterminer certaines dates et vient appuyer l'idée même qu'on doit se faire de ces divinités.
Que les statues des dieux fussent tournées vers le soleil levant, c'est ce que les textes suivants établissent : dans
(1) Paye Cosm. p. 206.
rAgamemnon d'Bschjle (1) , le héraut anÎTant i Argos devant le palais, s'adresse aux statues des dieux et leur dit :
Dieux tournés vers le soleil levant, avec ces yeux brillants recevez le roi.
C'est à tort qu'Hésychios traduit ôvriiiXioç et ôvOiqXio; par îaoç, o(aoick 'h'^i^* Car Sophocle (2), oppose itnçéfouç à ôvnaXiouçy ce qui ne laisse aucun doute sur le sens de ce dernier mot. — Euripide (3) dit : c Qui donc élève la face des dieux tournés vers le soleil levant? Fuyons pour ne pas voir les choses divines. » En effet on ne peut voir l'éclat des dieux sans mourir ; un œil vivant ne peut regarder le soleil ni même l'auréole de l'aurore sans être aveuglé ; mais les mourants et les morts, dont l'œil est devenu insensible, peuvent rester les yeux ouverts en face de l'astre radieux.
Le Çdovov ou statue de bois d'Athénâ-polias regardait l'orient. Dion Cassius (4) raconte qu'à la mort d'Auguste il se tourna vers l'ouest et cracha du sang, oîfxA «vi^irruaev.
Plusieurs statues, sur l'acropole d'Athènes, étaient tournées vers le lever du soleil, comme le prouve ladirection de leurs bases qui se reconnidt encore.
Quant aux temples, M. Beulé dit (5) que : cleur orientation n'était pas déterminée par des procédés très-rigoureux, 1 et il ajoute : c le Parthénon en fournit la preuve : car son axe fait avec l'Est un angle plus écarté que l'axe
(2; Ajax, 805.
(3) Ion, 1550.
(4) Dion. Cass. 54, 7.
(5) Acrop. I, 263.
du temple de Victoire, et celui-ci s'en écarte déjà luimême. > Mais l'exemple de M. Beulé est mal choisi; car l'orientation du Parthénon est au contraire celle de tous les temples d'Athènes et peut-être de la Grèce qui a reçu l'orientation la plus précise; c'est ce que la suite de cette étude démontrera (1).
Nous devons à ce propos repousser une erreur commise par les Latins. Constituere regiones était orienter un édifice : Vitruve (2) dit que Ton tournait les temples vers l'occident, afin que l'adorateur regardât àlafois l'orientet la statue. Hygin (3) dit : antiqui architecti in occidentem templa spectare recte scripserunt ; postea placuit omnem religionem eo convertere ex qua parte cceli terra illuminatur . — Ce sont là des idées fausses, puisque les temples grecs sont universellement tournés vers l'orient ainsi que la statue, et que l'autel est à l'orient du temple. Nous savons très bien que primitivement il n'y avait ni temples ni statues : l'autel se composait d'un amas de terre quadrangulaire garni de gazon et regardant les quatre points cardinaux. C'était un âtre sur lequel on allumait le feu sacré; le feu servait de messager entre le prêtre et le dieu pour porter à celui-ci l'offrande consumée par la flamme et réduite en invisibles vapeurs. Les hymnes du Vêda nous font connaître les détails et la mystique de cette antique
(1) Voici Torientation des priacipaux édifices d'Athènes, la décii» naiaon étant égale à 11° , 47' ouest et TEst étant pris pour
zéro :
>^etoire Aptère,
Nord.
Erechthénm,
id.
Parthénon,
id.
Propylées,