LAÏUS
tails qui diffèrent de la tradition vulgaire à Hellanicus, qui s'écartait sur beaucoup de points, on le sait, de l'opinion reçue. Ajoutons que, d'après le Pseudo-Pisandre, Œdipe ensevelit lui-même ses victimes avec leurs vêtements, et (|u'il donna à Polybe, avec le char de Laïus, son baudrier et son épée.
Les tragiques font aller Œdipe à Thèbes aussitôt après le meurtre de Laïus, mais c'est peu probable. En effet, la tradition vulgaire raconte que Gréon régna quelque temps à Thèbes après la mort de ce prince, et qu'il offrit la main de sa sœur et le trône à celui qui délivrerait le pays du Sphinx, qui ne se manifesta, d'après cette tradition, qu'après la mort de Laïus.
B. — Œdipe.
a.. Le Sphinx.
Qu'était-ce que le Sphinx? La légende vulgaire le représente comme un monstre qui avait la tête et la poitrine d'une femme, les pieds et la queue d'un lion (ou, suivant d'autres, des griffes de harpye et une queue acérée de dragon), et les ailes d'un aigle, et qui, posté sur le mont Githéron, se jetait sur les passants et dévorait ceux qui ne pouvaient devinerles énigmes qu'il leur proposait. « G'était, dit Preller*, d'après une symbolique ancienne et fort répandue, le symbole d'un fléau diabolique dont les rapports physiques n'ont pu encore être indiqués précisément^ une espèce d'ange exterminateur qui, tantôt par une violence brutale, tantôt par une subtilité et une sagesse mystérieuse, répandait la mort autour de lui, et s'attaquait surtout à la force et à la beauté de la jeunesse\ »
* Griech. MythoL, II, pag. 348.
2 Voir plus haut l'explication proposée par M. Bréal.
3 Pausanias (V, 11, 2) rapporte que Phidias avait représenté sur le trône de son Jupiter Olympien les fils desThébaias ravis par le Sphinx; du reste, les monuments ligures s'accordent à représenter le Sphinx plutôt comme un monstre de la famille des Harpyes que comme un dragon. (Voir Overbock. Gallerie, etc., pag. 15; Preller. lahn's lahrhuch , vol. 80,