‹ La légende d'Oedipe [microform], étudiée dans l'antiquité, au moyen-âge et dans les temps modernes, en particulier dans le Roman de Thèbes;Chapitre 14 sur 94 · C. — La Thébaïde · texte numérisé non relu

C. — La Thébaïde

a. Polynice et Tydée à Aryos.

Les deux frères Etéocle et Polynice, étant arrivés en âge de régner, étaient convenus d'occuper le trône une année chacun, peut-être d'après l'ordre de leur père ; la première année échut à Etéocle. Ici les traditions varient. Hellanicus (d'après le scholiaste d'Euripide, Phœti., v. 71) prétend qu' Etéocle proposa à son frère, ou de partager le trône avec lui, ou d'aller habiter une autre ville en emportant une partie des richesses de leur père, et que Polynice emporta le collier et le péplum d'Harmonie et se retira à Argos, dans l'espoir d'avoir un jour tout l'héritage. Le plus grand nombre croient qu'Étéocle était Faîne et que c'est en cette qualité qu'il régna le premier, et Sénèque [Phœnissœ) affirme qu'il se passa trois ans avant que l'armée Argienne arrivât sous les murs de Thèbes. D'autres, au contraire, et Sophocle en particulier, disent que Polynice était l'aîné, et qu'en cette qualité il régna le premier et, au bout d'un an, céda le trône à Etéocle, qui ne voulut plus en descendre* . Cette version tendait sans doute h mieux justifier la conduite coupable de Polynice envers sa patrie, à le montrer fidèle au pacte conclu, et par conséquent en droit d'exiger la même fidélité de la part de son frère. Phérécyde* prétend que Polynice fut chassé violemment par son frère. Une autre version est celle de Pausasanias (IX, 5, 12), qui nous paraît être la plus ancienne. D'après lui, Polynice quitta Thèbes du vivant de son père,

* Le fils d'Étéocle, Laodamas, régna (selon Pausanias) avec son père, ce qui est peu vraisemblable, et plus probablement après la mort de celui-ci. Il tua Égialée, fils d'Adraste, et, vaincu, s'enfuit en lUyrie. Alors régna Thersandre, fils de Polynice, qui eut pour successeur son fils Tisamène.

^ Ap. Schol Eurip., Phœnissâs, v. 71 (cf. Euripide, ibid.).

44 LA LÉGENDE d'OEDIPE DANS l'aNTIQUITÉ.

(lui occupait encore le trône, afin d'éviter les effets de sa malédiction ; il épousa la fille d'Adraste et ne revint dans sa patrie qu'après la mort d'Œdipe et sur l'invitation d'Étéocle. C'est à la suite de démêlés avec son frère (sur la question d'héritage, sans doute) qu'il dut s'exiler une seconde fois. Euripide {Phéniciennes) prétend que Polynice ne laissa le trône à son frère la première année que pour éviter l'effet des imprécations de son père.

A la même époque, Tydée, obligé de quitter sa patrie, arrivait aussi à Argos. Tydée (TuSeiç, qui frappe fort *) était fils d'OEnée, roi de Galydon, et de Péribée, fille d'Hipponoiis, qu'il avait eue pour sa part de butin après la prise d'Olenos ^ ; suivant d'autres, il était né de l'amour incestueux d'CËnée pour sa fille Gorgé ' et avait tué involontairement à la chasse son propre frère Olénios * ou Mé^aiîippe '^ , et volontairement ses cousins Alcathus et Lycopée \ qui avaient détrôné son père. Il alla à Argos pour se faire admettre à la purification, et, rencontrant Polynice endormi sous le porche du palais d'Adraste, dut se battre avec lui pour obtenir un abri contre la tempête. Tydée était renommé pour sa bravoure. Homère en parle souvent (/to^e, IV, 382 sqq.;V, 800 sqq.;X, 285 sqq.; XIV, 115 sqq.), et lui donne toujours ce genre d'éloge. Eu-

1 Suivant un ancien étymologisle. de tutGÔ;, parce qu'il éUiit petit de

taille. , ,, r

2 Théhaide citée par Apollodore, I. 8. 4; d'autres prétendent quelle fut envoyée par sou pure même à OEnée. pour (lu'il la lit mourir, parce qu'elle avait .Hé séduite par un prêtre d^ Mars et ].rétendait être grosse du dieu lui-même, oubien (Hésiode, fragm. 88. coll. Didot) parce qu'elle avait été séduite par Hippostrale . tils d'Amaryucéc, dans la ville d'Olénos; cf. Apollod. I, 8: Schol. Pindare, 01. X, 4G.

3 Pseudo-Pisandre. ap. Apollod. I, 8, 5. ^ Phérécyde, aj). Apollod. I, 8, 5.

5 Ilygin, /a6. G9. et Lactantius Placidus, Comment, ad Stal. Theh.

6 Diodore, TV. 65.— Selon d'autres (Apollod. I, 8. 5), il avait tué Alcathus, frère de son porc ; suivant Phérécyde (Apollod., ihid.), son propre frère'; suivant WMcméjnide (Apollod.. ibid,), les huit fils de Mêlas (Phénée, Hype'rlaus, Anf.oque, Eumède. Stcrnops, Xanthippe, Sthénélus), qui conspinaient contre la viQ d'CEnée.

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