‹ La légende d'Oedipe [microform], étudiée dans l'antiquité, au moyen-âge et dans les temps modernes, en particulier dans le Roman de Thèbes;Chapitre 62 sur 94 · XIV APPENDICE ; — LA LANGUE DU ROMAN DE THKIIES · texte numérisé non relu

XIV APPENDICE ; — LA LANGUE DU ROMAN DE THKIIES

réo?5 comme pauvres, m«iis non comme incorrectes : vérité : navré 3130, cngigna : C07npassa 0853, perdit: loin 0840, espéc : boutée 3143, perdue : mie 7723, espie : die 4011, etc. Notre poème offre environ 4 0/0 de ces rimes, tandis qu'il donne, en dehors des rime^ riches, environ 82 0/0 de rimes qui seraient encore aujourd'hui parfaitement exactes. Nous prenons ces cliiffres dans les vers 4201-5200 (Épisode du Château de Montflor), parce qu'ici les deux rédactions concordent presque complètement, mais la proportion est sensiblement la même dans le reste du manuscrit A.

2*^ Rimes riches. — Nous appellerons rimes riches toutes les rimes qui sont plus que suffisantes.

a, — Il faut distinguer d'abord les rimes assez nombreuses (en moyenne 7 0/0) qui comprennent une consonne devant la voyelle accentuée (suivie d'une ou plusieurs lettres autres que Ve mnetl, comme celés : aies 4375, passer : tenser 4805, ceval : val 12253. mener : soner 120, colpée : espée 471, 613, 601, etc., grijois : bôrfjois 4550, etc.

l)^ — Si la rime atteint deux ou plusieurs lettres avant la tonique^ ou bien la consonne avant la tonique et plusieurs lettres après, ou seulement trois ou quatre lettres après la tonique, la rime peut être appelée étendue. Notre poème en renferme environ 6 0/0; nous n'en citerons qu'un petit nombre : l"* savons : avons 711. 730, etc., forsjeter : desyreter 155, canner : desarmer 12573", emhlés : comblés 8551 , sergant : ver gant 7430, compaigne : campaigne (passim), maison : raison 4305, loeront : consilleront 5240, reondemcnt : sejôtmement 4301, etc.; 2" argent : gent 73, prendre : rendre 4731, fenestre : senestre 4007, donc : abandone 4467, vilains : plains 4430, etc.; 3'' ivres : délivres 5161, arbre : marbre 4523, estres : fenestres 4401 et 4601, desmembrent : raiembrent 4331, fendre : suspendre 250, larges : Arges 3241, ombre : 7iombre 4830, etc.

Il faut comprendre également parmi les rimes étendues les formes accentuées sur le radical (3") ou sur la désinence (1''), dans les verbes venir : tenir, rimes fréquentes dans tous les poèmes, et aussi les rimes étendues impures^ c'est-à-dire où la consonne entre les deux voyelles qui riment est différente, comme dans H val : li bal 4583, de soi : de moi 12140, folie : Valfloric 4385, cevalcrie : pracriebOlo, soicspris nnors ou pris 4301, etc.

c. — Signalons encore, parmi les rimes riches, \Qi^ rimes homonymes, où l'on peut distinguer : P la rime du simple avec le composé ou de deux composés ensemble, comme dans esgarde : engarde 1949^ ho7iôr : dcslionour ^\9{) , concorde : discorde 10825,

VERSIFICATION. XV

boutent : rebôtent 7583, tôrbe : destôrbe 8841, avalent: dévalent 2273, sonent : res^jnent 4310, mentir : desmenfir 4441, confonge: fongc 6871, etc.; 2° la rime de deux mots de même forme, mais de sens différent, comme dans livre : délivre (adj.) 8025, 0710, etc., (en)sanle (adv.) ; sanle 005 etc., face (=:z faciat) : facc(= faciès) 12187, part (verbe): part (subst.) 7505, etc., et avec élision, d'ire : dire 5261.

d. — Enfin, les rimes identiques, où le même mot est employé, mais avec une syntaxe différente ou une légère nuance dans le sens, comme demande [= mande) : demande (= interroge) 753, nous (suj.) : sôr nos 4027. Je n'ai noté qu'un seul exemple où l'emploi du mot fût absolument le même dans les deux vers : (A sa mère ne valt rien dire). Fors tant li dist mal fera ja, Ce sace bien, net tenra ja 5263, où BC donnent une meilleure leçon : (Quant tiex paroles li ot dire), Jure les dieœ que il aoure Que ja niért pris a icèle houre. Les rimes identiques sont excessivement rares dans notre poème, et il n'a guère pu nous en échapper; les homonymes \e sont hesmcoup moins, surtout celles que nous avons comprises sous le n° 1, mais elles ne dépassent pas cependant le chiffre de 1 0/0.

3° Rimes tolérées. — Les rimes inexactes sont relativement peu nombreuses dans notre poème, et s'expliquent le plus souvent par des licences admises par tous les versificateurs du moyen-fige, même ceux de la meilleure époque; nous allons les passer toutes en revue. 11 convient de signaler d'abord r rimant avec rr : faire : terre 1065, piere : maisiere 14527, secôrre : Ô7^e 8087, croire : oirre 837 (cf. 0467), et accessoirement la rime des noms en ator [afro], que certains textes écrivent avec rr, et qui ici riment avec frère 10863, ou empére 10807; en particulier 1ère (= latro), qui rime bSQO, frère 10617. 13611, et que l'on trouve plus souvent ailleurs avec rr. 11 est probable que pour l'auteur la prononciation de rr était légèrement affaiblie et se rapprochait de celle de r. — Dans les groupes de deux consonnes (l'une des deux étant un r ou un l), la première peut, comme on sait, être différente ou absente (cf. G. Paris, i?om. VII, 126) ; c'est ainsi qie nous avons ici : croire : reçoivi'e 4400, vivre : descrire 8605, large : signorage 1635, sages : larges 7017, cevaliers : 2)risiés 2080, enclos : morsl991, tas: ars 4660, connestables : Naples 3045, couple : double 12705 eimonstre : encontre 280 et 1875, ou 1'^ manque dans un groupe de quatre consonnes réduitàtrois. Au contraire, la seconde consonne est différente (ce qui estplus rare) dîxns garde : carge 4770, gardes: carges944\, servent : perdent 13280, Qi (\:\.\\^ dcstorsc :rcscorrc

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