‹ La légende d'Oedipe [microform], étudiée dans l'antiquité, au moyen-âge et dans les temps modernes, en particulier dans le Roman de Thèbes;Chapitre 66 sur 94 · XX APPENDICE ; — LA LANGUE DU ROMAN DE THÈBES · texte numérisé non relu

XX APPENDICE ; — LA LANGUE DU ROMAN DE THÈBES

scribe n'emploie le k qu'isolément (en dehors des cas, assez nombreux, où il écrit ki et kc pour qui, que, relatifs), par exemple dans akeurent 290 (à côté des formes bien plus fréquentes citèrent, ceurent), dans keuvre 73 et quelques autres semblables; mais dans ces mots mêmes, les différences d'orthographe indiquent, du moins pour le scribe, la prononciation gutturale de c devant e. Nous avons une preuve directe de cette prononciation du scribe dans les rimes Salenikcrikc 11229, tuniccs :relikes (B tuniques : reliques) 8413, et dans sekerece* 3395, eskekier 0072. 7292, rikece 1894. 1915, laske 5012, lasquement 5422, etc. (Pour riche 2738, rice (passim), voir ci-dessous). Nous admettons donc que le scribe prononçait kemin, kier, kief, kexmly etc., tout en écrivant presque toujours cier 175 etc., cief\%% etc., ceval (très-fréquent).

Il en est de même pour cict 2275. 8897 etc., écrit avec un k au v. 1025 : kient (cî.Chron. Anf/lo-norm. ap. Burguy 11, 19, où il y a ciet à côté de kict) ; la forme française chict se trouve aux vers 2716. 3652 et 3654, peut-être ailleurs (cf. chient 3651, et chaï 12715, à côté de c«V420). Notons encore, parmi les formes avec ch: cheval 1156, chevaus 2SS\ , chevalerie 359, formes exceptionnelles dans notre texte. En revanche, chevalier est presque sans exception toujours écrit à la française. 11 est vrai que le scribe use régulièrement de l'abréviation chlr, et que c'est là un mot qui sembla avoir eu une orthographe consacrée ^ Notons cependant cevaliers (1130 et dans deux ou trois autres endroits), qui semble indiquer la vraie prononciation du scribe [kevaliers). Il est difficile d'expliquer ces formes françaises, en réalité tout à fait isolées dans la masse, autrement que par cette hypothèse que Madot, notre scribe artésien, copiait un manuscrit français (ou dérivé d'un -manuscrit français) d'un texte qui, à l'origine, était certainement quelque peu imprégné de picard. Mais rien ne prouve que l'auteur connaissait cette manière de traiter ca latin ; la forme chiens 1955. 1969 (on ne trouve pas kietis) semblerait plutôt indiquer qu'il prononçait ch et non k.

Ce, Cl (et ti) + voyelle se sont transformés, en picard, en ch (d'abord prononcé tch), au lieu de c français ^pron. ts). Parmi les mots de cette espèce, nous citerons, dans le manuscrit A : sapienche 10 (BC sapience)^, Pollinichès 34, rechiic 866, recheii 1352, re-

1 M. G. Paris nous fait observer que si l'orthographe française a prévalu, c'est parce que la chevalerie est toute française .

2 II est bon de noter que ces mots, qui se représentent si souvent dans le poème, le dernier surtout, y sont toujours écrits avec c, ainsi que les autres noms tirés du lat.iu anlia [ancea)^ entia.

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