XXVI APPENDICE ; — LA LANGUE DU ROMAN DE THÉBES
crit, mais il copiait sans doute un manuscrit français. Le plus sûr est d'attendre sur ce point les nouvelles lumières que fourniront peut-être les manuscrits anglais. — Les formes de la, a la, et au pluriel les, des, as (constantes dans BQ semblent assurées. Es=. en les est très fréquent; j'ai rencontré une fois eus pour es : Ens escus grans cols se donnèrent 8626 ; cf. Partonopeus^ v. 3031-2 et Sermons de Saint Bernard, passim.
2P Noms et Adjectifs. — Les deux premières déclinaisons offient peu de particularités *. Les noms propres latins en us^ Adrastus, Tydeiis, Capancïts, Duceûs, Ypseiis, sont presque tous invariables; Partonopeus (Partinopex) fait au régime Partonopeu^ et les vers 4287-8 (Lors apèle li rois les Griiis, Les dons tramet Partonopex) doivent être corrigés en conséquence : .j. Greu : Partonopeu (cf. Partonopeus : Greus 3263), correction d'ailleurs exigée par le sens (voir ie texte, iiV Analyse). Amphiaraus, contrairement à Tydeûs, Capaneiis, Dicceus, Yjneiis, ne compte ans qtie pour une syllabe; il en est de même àe Amphiareiis 3680, rimant avec Greus ; -ans est souvent réduit à -as et fait, dans tous les cas, -an au cas régime ; cf. Lrias^ rég. Drian, d'où un nouveau nominatif Drians 7479. 7489. 10633. 10767, voc. Brian 10913. Exceptionnellement, nous trouvons au régime un dérivé de la forme latine um dans Fidimon 2201, Duceon L3416, Capaneon 12300, Dairon (= Darium) 10582. 11108. 11236. 11245. 11917. 12168 12171 et 12215»; partout ailleurs :
^ Nous devons srgnaler cependant ici un trait orthographique curieux du manuscrit A. Le t final primitif y est conserv«3 assez souvent ians les noms et les participes passés en ié: pecict : enUciet 801. depeciet : esrachiet 1029. pcchiet : esragiet 39, congiet : haisiet 0539, contraloiiet [vïmoini avec (ongié) '1167 ; et dans le corps du vers, peciet 894. 920, piet 531. 553. 578. 590, congiet 9089. 10874 couriet, 1073. Nous trouvons encore celte particuIarUé dans ua texte du xiv^ siècb, IBruii do la Montaigne, édit. P. Meyer : congiet 25G2. 3055, chcvauchiet 3285, sachiet 3495, embrachiet 3494, marchiet (subst.) 3826. Pourquoi ce retour partiel à l'étymologie, et surtout pourquoi ce trait ne se rapporle-t-il à aucun mot en ^ ? J'imagine que le scribe picard Madot a craint d'abord qu'on ne confondît ces mots en ié^ snrtout les participes, avec les féminins en iée, qui, pour lui, s'écrivaient et se prononçaient i>. C'est ce qui explique pourquoi il n'a rétabli le t un peu fré(iuemmeut (à défaut de signe servant à noter la prononciation de ïé fermé) (|u'au d''^hut du poème (une seule exception 6539), et pourquoi il est ensuite revenu à l'orthographe de son manuscrit.
2 Une forme qu'il faut également; rattacher à l'accusatif latin est Unicun [Engenrés clive et d'Vnicua) 7958. qui rime avec flun ( = fîunen). C'est sans doute une mauvaise lecture du scribe pour dj Nitun (= Neptu-
FLEXIOX. XXVII
Paires sujet et 2)air^ rég., ou Paire invariable. Argos est devenu Arges, toujours à la rime féminine : larges : Arges 3241; par exception et par licence, Arge (cf. Lenne = Lemnos, Calidoine et Calidone = Calvdon, Sidoine =Sidon, etc.). Apolo BC ( = Apollon) fait dans A : Apollins (suj.), Apollin et Apolin (rég.), assuré par la rime : cemin 407^ et «xceptionnelhment Apolan61 A, qui rime avec Tervagan.
A la troisième déclinaison, voici comme se compoitent les noms propres : Creon, Eurymedon, et autres semblables restent invariables (cependant Plalons : Cicerotis 5, dus au scribe). \iAtys de Stace est devenu Athes et fait au régime Athon^ par analogie avec Othes : Othon^ personnage tout à fait dislinct, avec lequel le scribe l'a confondu plusieurs fois. i)a?zi^Z tantôt estinvaliable (12051, sujet), tantôt fait au cas sujet Z)^n^aw5 12043. Alixandre est ordinairement invariable; Vs a été admise par le scribe aux vers 1 1075 et 11 153 à cause de l'hiatus, mais elle peut se supprimer, l'hiatus étant admis quand Ve muet est appujé sur deux ou plusieurs consonnes. Etioclès faussi Tioclès) fait le plus souvent au régime Etioclet (Tioclet), comme Pollinicès fait Pollinicet, mais il est aussi invariable : Pollinicès (rég.) 1731. 12277 etc., Etioclès (rég.) 14332. La prononciation es est d'ailleurs assurée par lo^ v'imQ^ fès , cij)rès , après, etc. Edi^oodès se trouve, comme dans Stace et Senèque, à côté de Edipus; au vers 4419, A donne Edimodes^ C Edyppus, B laisse le mot en blanc'.
num); cf. dans Ï3G, Addit : Noriins suj., Norlin rég. B, Nortun rég. G, et Itoman de Troie, 14G80, noituns, rég. plur., qui est pris au sens de « monstres marins ».
' Puis(|u'il est question de noms propres, disons en passant que l'auteur n'en a point trop maltraité l'orthographe. Le scribe de A a bien modilié (]uelques mots par ignorance, mais il est loin de l'iucorrection de celui de C, et surtout de celui de B, Citons quelques exemples : Lisurge et Ligarge B, Ligurgn C, Lugurgrs A (= Lycurgus) ; Danuhle A, Danube B, Damile C; Oihiocles et Elhyop?s B, EthiocfesG-, Aquilon A, Archdor et Achelor BC ; Minoie A. Nemoie BG (3382) ; Sarsamar A, Garsydemare, Garsi et Garsien C, Garcine B ; Colus (ABC 1 02 1), qui peut facilement être corrigé en Eolus (Ne les pot retenir Colus , corr.: Nés. . . Eolus); Ouerziaux G, Noricax B (= Verceil ?) ; Anphigermye C, Aufigcnie B, Anfîf;emie A {VAmphigenia de Stace) ; Corimu, et, dans la tirade perturbatrice qui suit, Cremius A (le Chromis dQ Stace) : Surie A, Sulio BG ; Uuges A. Eges B, Hvges G; Miçaines AB, Vinceines G ; Bonivent G. Bounimcnt A, Bournont B; Ysifille AC, Ysiphile B. Pour Antigone, A donne Antigona (12911 et 133G7) pour éviter l'hiatus, 2 ou 3 fois Antigonain au régime, lit Antigonée 13244, rimant avec donée-, partout ailleurs, Antigone régulièrement ; BG ont quelquefois ^n/if/ona^, traité comme un nom masculin, B