‹ La légende d'Oedipe [microform], étudiée dans l'antiquité, au moyen-âge et dans les temps modernes, en particulier dans le Roman de Thèbes;Chapitre 74 sur 94 · FLEXION. XXXIII · texte numérisé non relu

FLEXION. XXXIII

Les formes refaites sur l'infinitif e^/re ont, comme on sait, remplacé de bonne heure les formes tirées directement du latin, à 1 imparfait et au futur. Ces deux espèces de formes alternent dans notre texte, mais les anciennes diminuent de beaucoup, surtout aux 3''' pers. du singulier et du ])luriel. Voici les formes tirées de estrc que nous avons relevées : à l'imparfait, estoit 51. 77 (Ce ncst pas voirs, ains estoit fable), 13876-7 (Que ses frère (s) cheiis estoit. Et que il crt a mort férus), où l'on voit bien que l'auteur employait également les deux formes^, 110. 164. 1336. 3684. 13822. 13996 etc., et c^^^oim/ 4424. 13733. 13775 etc. (forme un peu moins fréquente que le singulier) ; au futur, estra 268, €st€ra2A0\. 2519, esteras .3319 (à côté de seras ^'S20, esterès 1930 (formes en tout cas assez rares) ; au conditionnel, la forme correspondante ne se rencontre que rarement : cstroit 4971 etc., es ter oit 6207 etc.

A la 1"*^ pers. du plur., on se trouve fréquemment assuré par la rime : ptrison (rég.) : repaieron (lis. repaierron, pour repai- 7^eron) 9845, li baron : alon 11123, maison (vé^.) : contredison 11907, baron (voc. plur.) : proidran 14553, li compaignon : entrerons (lis. entreron) 271, maison : savoiis 1810, edison •.pr€udoml\\l',on se trouve isolément dans l'intérieur : laisson 11412, baison 11148.— Dans la plupart des rimes en ons, les deux mots se trouvent être des verbes; cependant il y a au moins un exemple où un substantif rime avec un verbe : nos cornpaignons (rég. plur.) : prendons 5177 A, ce qui est peut-être insuffisant pour assurer cette forme à l'auteur, le passage où elle se trouve manquant dans BC, et pouvant par conséquent, à la rigueur, être une interpolation.

Omes (o7imes) est fréquent dans A et souvent assuré, soit par la mesure à l'intérieur du vers (Mal conqueromes Vautre terre 4549 ABC, cf. 11519. 11794. 13226. 13420. 13682 etc.), soit par la rime îi\ecsomes 10831 etc., ou avec homes [venonmes : homes SùSl A, BG sommes : hommes], etc. BC ont aussi cette forme, quoique plus rarement , plusieurs exemples caractéristiques se trouvant dans des passages qui manquent dans ces manuscrits; on en trouve même un exemple dans un passage où BC rend en 4 vers

^ Au V 3230, Par coi sa terre ert (lis. iert) essillie, B substitue sproil à crt, ce qui fausse le vers; en revanche, au v. 1930 A, Que ja ni csterés seyurs (lis. (?) segur, et au vers précédent mur, au liea de mur.^), B fournit une correctiou très accei)tabie : Que ja n'iert nus dedans selirs. Le scribe a dû trouver cette leçon dans le manuscrit qu'il transcrivait ; cf. 13772 A : Qui bien estoit apparillip,, B Qui mull iért (lis. èrt) bien appar il liée.

XXXIV appendice; — la langue du roman de thèbes. ce qui est dit en 2 vers dans A : Amis, .fet il, quel le ferons? Senoiisore sôr eulz nalons, Se 7iachivonmes ceste guerre, Jane devons mes tenir terre (cf. A 13701-2 : Orme dites quel le ferons, Par quel engien le vengerons], ce qui empêche qu'on n'impute cette forme au scribe de A. Ve n'y représente pas Vu latin- c'est une voyelle purement euphonique (Voir G. Pans, i?omrtm«, VIT, 022). Quant à l'o, il y a de bonnes raisons de penser qu'il ne se prononçait pas ou, mais o. Ainsi les deux formes on et ornes < appartiennent sûrement à l'auteur, qui s'en servait tour à tour suivant les nécessités de la versification ; quant à ons, il est possible qu'il soit dû aux scribes.

A l'imparfait de l'indicatif et du subjonctif, et au conditionnel, ions (monosyllabique) et iens se rencontrent tous deux, à la rime comme à l'intérieur du vers : iens est assuré au vers 251 A, ocesissiens : bie^is (manque BC), et h côté, on voit ions (au prés, du subjonctif) '.puissions : laissions 253, qu'il faut sans doute corriger 'enpuissiens : laissiens^ (Voir i)lus loin , pag. xxxvii). On trouve encore à la rime : ociriens : averiens 239, et à l'intérieur, aviens 10603, poriens 10007, cevalciens 12000, fer iens U90^ etc. ^oioz la rime fesissiens : rareriens 13070, qui nous montre réunis l'imparfait du subjonctif et le conditionnel. On trouve également iemes dans le corps du vers, ce qui est plus caractéristique et ne saurait ôtre le fait du scribe : renriemes 8319, poriemesÔS. 9300, disiemes 10534, aviemes 10712, p;rnr6'i^>7îe5 12010, manger iemes 4512^ etc.

1 0mé'5estd<^jà dansle Fragment de Valencirmies, oranuhms V FAilalie. M. LùckiQg (Die œllesle jranz. Mundarle, pa-^. G8, expluiue omm (plus tard o'-om, oromes, par le redoublement eu lat. vulgaire de Tj/i de o?'amui. M. Freund (Ikhcr die Verbal flexion dcr alteslen jranz. Sprachdenkmœler, Heilbron, 1 878), reprenant roi)iuiori de Delius, croit que l'o (w) de la f» pers. du pluriel provient do la nasalisation de l'a (e, i). Enfiu, M. G. Paris (Roman . VII, G2i), adoptant l'opinion de Diez (v. Gramm. des Langues roni., tr. franc. II, 207), attribue les formes en ons, comme celles en ornes, à rinQuence de l'analogie, et croit qu'elles ont pour point de déj)art some^ ou sons, comparant l'italiea - iamo, issu du subjonctif de certaines conjugaisons. Nous nous rangeons volontiers à cette opinion.

-J M. G. Paris [Rom. VII. G24) considère comme primitives les formes en ien.i de l'imparfait de l'indicatif, auxquelles se sont ensuite jointes par analogie celles de Timparf. du subj., du conditionnel ot du présent du ^ubjonct. (plus rares); mais elles étaient à l'origino dissyllabiques : chantiiens =11* cantiainus =: canlabamm. On voit que la synérôsc est de règle pour toutes ces formes dans notre texte. C'est l'i qui a fait produire à l'a devant

une nasale ie au lieu de ai.

3 Ne mangeriemes por cou pois, BG Ne mangerions nous lardois. La

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