FLEXION
La 2® pers. du plur. est toujours dans A en es, ies , jamais en ez, iez., le scribe employant régulièrement I'.*? pour le z; BC ont généralement la forme normale. Une forme isolée, mais peut-être fort importante, est meterois (9308 ABC), 2^ pers. du plur. du futur, où il est impossible de voir la 2*^ pers. du sing. du conditionnel, à cause de la date de notre poème (cf. Chrestien do Troyes,Z/î Cîiev. au hjon, dans Bartscb, Chrcstom. 157, 27 avroiz, 31 manderoiz, 32 demande^^oiz, 39 porroiz).
A la 3""" pers. du plur. de l'imparfait du subjonctif, on trouve quelques exemples de la forme ant^, et ici BC (surtout C) suivent A, et ont même cette forme dans des passages qui leur appartiennent en propre. Voici le relevé de ces formes : desissant (.-enfant) 885 AC (B deïssenl, qui fausse la mesure et la rime), valsissant ( : avant) 5573 ABC, jiroisissant : perdissant 0829 ABC, fiissani : desfendissant (BC, interpolation après le vers 12704 de A), jmssissant (: devant) [BG, interpolation après A 4334) . Les exemples les plus caractéristiques sont ceux-ci : l'^Nequic que ja plus en ploraissent Ne j^^us grand duel en demenaissent 3185 A, où BC pourrait bien donner la vraie leçon : Ne quic que plus en plorissant. Ne p. g. d. en feïssant; (cf., pour le changement de rime. v. 14213-4 A, Ses .ij. filles devant venoient, Quija très bien le connissoient, BC Ses .ij. filles viennent avant. Qui ja Valoient cognoissant, où l'imparfait convient mieux que le présent; 2° Lôr sapience celissant : avant 7 BC, où A donne : Fuissent lôr sens aie celant ; 3'' affehloiant : et loureslôr entrelaissant 2277 A, où C donne : Mult volent iers s'en tortiissant, et B : tJi.v. s'en retornaissent). On voit que le déplacement de l'accent est accompagné du changement de a en i dans les verbes de la première conjugaison (affaiblissement particulier à la première et à la deuxième personne du pluriel et qui est encore admis par ]es, grammairiens du xvi*^ siècle), et que ce déplacement de l'accent ne se trouve en somme que dans des formes en issant, et de plus dans fussant. On ne trouve pas cette forme à" l'intérieur du vers, excepté dans un passage de A, qui, à la vérité, est corrompu (v. 1418-20) : Mande ses maistres (lis. la maistre) ques conroie, Ques apparant cortoisement, lis. apparaut, ou bien apparoit d'après BC, qui donnent -.Que gentement les apparoit Et en la
diérèse ne se trouvant pas pratiquée à ces temps-là dans le ms. A , et BC ayant d'ailleurs plusieurs formes en iemes, je ne crois pas devoir conclure de cette variante qu'il faille supprimer cette forme picarde.
* Cette forme semble due à une assimilation erronée de la 3« pers. du plur. à la l^e (V. G. Paris, Accent latin, pag. 18, note 1, et Addit,).
xxxvr APPENDinn ; — la langue du iioman de thèbes.
chambre les envoi f. I/aiiteui' connaissait donc la forme en a7it, et les scribes de BC, on plutôt l'original du remaniement, les connaissait aussi; A ne l'emploie que lorsque la rime Vy force et que la correction ne se présente pas d'elle-même. Il n'y a c'i cela rien d'étonnant, cette forme ne se rencontrant guère que dans les dialectes intermédiaires entre la langue d'oui et la langue d'oc, et surtout au Sud-Ouest, où elle s'est maintenue dans les patois sans altération 1. BC donnent même une l'ois la forme en ont : corn" nieiicissont : 2^oïssont oVSl (X dilfùre), ce qui est beaucoup plus
rare.
A la 3'"'' pei's. du plur. du parfait, le groupe s)% amené par la chute de l'r?, laisse tomber, dans le ms. A, tantôt 1'^, tantôt Vr : misent : jn^isent 12081) (BC mistrent : pristrent] , misent 933. 95M eic.j^risent 930. 5124 etc., fiscnt 5905 etc., asisent 10339 etc., tramisent 5335 etc. Dans BC, la forme en isent est exceptionnelle; on n'y trouve guôre que islrent ou ircnt, à la rime comme ù l'intérieur du vers (cf. v. Il, Adesfrnisenl, B destriiirent, C destruistrent). Mais irent seul est assuré par les rimes : firent : fendirent 889, : haïrent 3025 A, : partirent 5725 ABC, sestormirent 13743 A (B s es f remirent, Çj^ sesfracrent\, et il faut substituer cette forme à la rime, aux vers 12089-90, et à l'intérieur du vers.
Modes et Temps. — La 3'' pers. du sing. du subjonctif de la première conjugaison a naturellement le t final : voist 5700 etc., aid 7073 etc.— .4/6'r fait au subjonctif, tantôt voise ^(YM ABC, assuré par la rime noise, tantôt aille 5325 A, qui rime avec vaille et doit également appartenir à l'auteur (cf. aut 7073); B donne <7/^<? ; valge, formes tout aussi légitimes. De voise, il faut rapprocher doinse 10381, et au présent vois, doins, que l'on trouve aussi dans notre texte, comme ailleurs régulièrement. Vo de vois, d'après M. Cornu (Roman. VII, 355), vient de au (vado, *vao, van, forme provençale'), et l'origine de is qui suit est inconnue, ainsi que la formation de voise, doinse, pour lesquels on a proposé différentes explications, toutes également rejetées, non sans raison, ])ar M. V^"\\\ex\\)QV^{Ètudehistorifpiesur le subjonctif présent de la t conjufjaistm faible en français, dans Romanische Stn-
ï Plusieurs manuscrits du Compul do Philippe «le Tliaiin la donnent «•galemenL (Mail, pai,'. 109). Sur celte Ibrnie, voir Diez, Zwciallrom. Ged. 8; Bur^ïLiy, I, 200; Mussafia, Pr. de Painprl., VH; Bartsch, Jalirb. V, 'ilO; Ilotruiann, nola (i Jourdain v. 1211, Gliabaneau, Ilist. et Théorie dt' la conjug. française, 2<^ éd., pag. iG, not. 2: Forster, Ost. Gymn. Zei- Ischrifl, 1875, pag. 5'tl, et Revue des l. rom. TI, pag. 122.