LX APPENDICE ; — LA LAXGUE DU ROMAN DE THÉBES
épithète, et BC, Addit. 201 : Je vous doi or faire de dette] ; — Mal de celui qui vers lui côrt 2557*.
Entre, employé au sens du latin unà, pour indiquer que plusieurs personnes font ensemble une action, mais construit cependant avec le cas régime, et jouant par conséquent le rôle (le préposition : Entre Lucas et Salemon, Et Agenor et dant Olhon, Eurimedon ont apaisié 11757 sqq. ; Entre le roi et le fil Daire, Comynencérent grant duel a faire 13593-4; Entre le roiet Alixandre, Qui cstoit frère Salemandre, Veïssiés illoec grant doel faire 13137-9; Ent7^e lui et le duc Athon, Furent près a près compagnon 13033-4, etc. Cf. Li sièges d'Ataines (Roman d'Athis et Profilias), ms. B. N. f fr., 375, v. 317, Entre mon père et dant Savis, Compaignon furent Ja lonc dis ; v. 353, Entre Athis et Profilias, Entrent en la cité le pas; Troie, V. 23694, Entre lie et ses damoisèles, Lôr font oîr fredes novèles, et dans plusieurs patois du Midi : entre toutes = à nous (à vous, à eux) tous, entre tus et el= toi et lui, etc.
21° L'adverbe si (se). — Le latin sic a donné régulièrement 5t, qui est toujours écrit ainsi quand il modifie un adjectif ou un participe; mais dans les autres cas, je veux dire quand il a l'emploi d'une simple copule e^ comme il arrive fréquemment en ancien français, ou qu'il ne traduit pas exactement le latin sic, il s'est le plus souvent affaibli en se, se confondant ainsi avec se = si latin. Les exemples abondent : 108. 832. 897. 3077. 4123. 4258. 5805. 6329. 6350. 6510. 9396. 12991. 13276. 13280. 14248. 14394. 14446, et d'antres qui m'échappent sans doute.
De même, par la soudure avec le, les : sel, 4276. 5943. 8763. 9032. 9046. 9719. 9996. 10015. 10047. 10176. 10296. 11123. 11165. 12279. 13220. 13261. 14421 etc.; 5^5, 1810 etc.; et par éli^iion, devant une voyelle, s\ 4292. 6130. 6368. 7476. 7495. 11519. 11970. 13282. 13508 etc. L'élision de Injustifié pleinement cette forme 5^ et l'assigne à l'auteur; je la maintiens donc à côté de si, et je crois qu'il faut la considérer comme un trait important du dialecte de notre poème-^.
Les expressions : se Dieus me saut, se Dieus m'aiue, si fré-
1 Voir l'intéressant travail de M. Glairia *• Du génitif latin et de la préposition DE. Paris, Vieweg, 1880.
2 Se pour .91 se rencontre dans d'autres textes du Nord de la France, ou portant des traces de picard, comme Brun de la Montaigne, s'z=se (sic latin) v. 302. 510 ; Guillaume de Pale me , v. 1837, se se mêlent, où l'éditeur corrige si se mêlent, et sel fréquemment, etc.; mais nulle part je ne l'ai rencontré aussi souvent qu'ici.
GLOSSAIRE
quentes dans les serments, dans lesquelles se est construit avec le subjonctif, ne doivent donc pas s'expliquer par se =si conditionnel. Quoi qu'en dise Burguy, II, 391, le sens n'est pas précisément conditionnel ici ; il faut y voir un optatif et rapprocher se du latin sic et du grecoÛTwç, employés de la même manière. On connaît les fameux vers d'Horace : Sic te, divapotens Cypri, Sic fratres Helenœ, lucida sidéra, Ventorumque regat pater^. Nous avons dans le Roman de Thèbes de nombreux exemples de cet emploi de se = sic : Se Dix me g art mon hranc d'acier 6599; Se Dix li grans me heneïe. Malt par est povre ceste vie 13361-2 (cf. l'expression moderne : Dieu me pardonne/] ; Se dix me saut 13457. 13552 etc. L'exemple suivant est caractéristique : Se dix m'aït, se je peûsse, Môlt volentiers vengiés me fusse 11893-4 ; on y voit clairement la difi*érence entre se conditionnel et se = sic. L'exemple suivant, tiré de Bru7i de la Montaigne, v. 941 , Si m'aïst Diex, vous dites voir, montre bien qu'il s'agit ici de si = sic latin. Il en est de même de celui-ci, que j'emprunte au dit de Jea^i le Rigolé (Rom. VII, 596), si m'aïst Deus (v. ^Q], comparé à se m'aïst Deus (v. 94). Citons enfin ce passage du ms. 179 bis de la Bibliothèque de Genève (Bullet. de la Soc, des anc. textes fr, 1877, 3, pag. 109) : Et se vous alez droitte voie, Vous sarez bien, se Dieu me voye. Auquel mielx vous accorderez,