‹ La légende d'Oedipe [microform], étudiée dans l'antiquité, au moyen-âge et dans les temps modernes, en particulier dans le Roman de Thèbes;Chapitre 86 sur 94 · V. — GLOSSAIRE · texte numérisé non relu

V. — GLOSSAIRE

Il nous a paru nécessaire, pour compléter cette étude sur la langue du Romati de Thèbes, d'ajouter un court Glossaire, qui nous permettra de noter les particularités qui n'ont pu trouver place plus haut. Nous nous restreindrons le plus possible, et nous admettrons seulement les mots qui ne se trouvent pas dans les lexiques les plus connus, comme ceux de Ducange, de Roquefort, de Burguy, de Bartsch (Chrestomathie] , ou qui ne s'y rencontrent que sous des formes et avec des acceptions différentes de celles qu'ils ont dans notre poème. On sait qu'il n'est pour ainsi dire pas de texte inédit qui ne fournisse son contingent à la lexicographie de l'ancien français : le nôtre est assez riche sous ce rapport. En général, nous ne faisons pas figurer au lexique les mots qui n'offrent d'intérêt qu'au point de vue de la forme et dont l'étude est plutôt du domaine de la Phonétique.

Signalons d'abord un certain nombre de doubles formes, ordinairement avec changement de genre : jeûne 6441. 7158, rimant

* Odes I, 3, 1 sqq.

Lxir appendice; — la langue du roman de thèbes.

avec ai'me^ et liJunerslOll; praèllôdô, et praèle, rimant avec bêle 7939 et avec sêle 4211 ; plois (rég. pi. = plis d'étoffe) (: orfrois) 2820, Qiploie=.\\\ de terrain ou taillis ? (:voie) 3639 (Nés pot tenir ne bos ne ploie Quel plus espes ne facent voie) ; sapoi = lieu planté de sapins (: ro(j2694, eisapoie (: ^?o^V^7843; couvretoir 2833 (cf. le covertor, Vie du Pape Grégoire, éd. Luzarche, pag. 9), et coverture 6320; brac 7739, 9666 etc. et braccs (-.places) 10220; erboi (: roi) 13135, crbier (: chevalier) 7520, et erboie (: proie] 4788.

Le désir de varier la rime n'est peut-être pas étranger au changement de suffixe dans ces mots. Parmi ceux qui se rencontrent avec un genre particulier, nous citerons : ortoiles (fém.) 831, mérite (masc, dans d'autres textes le plus souvent fém.) 7824, sacre fisse (fém.) 89, reproçon (fém.) 10011, vaisselemente 13087 (cf. Chron, des ducs de Norra., 5994: ossemente) ; un ausne 7288 AB (une ausne C) est sans doute une mauvaise interprétation de J,

Doit-on voir un doublet masculin dans quignies 9025 (Sus li eurent dens et quignies, Ja fust, je croi, tôs depiciesjlW faudrait alors corriger quignie (au suj. plur.), et admettre depicie\ à la forme du régime par licence, comme étant attribut ; car le singulier quignies, venant après le pluriel dens, serait choquant. Mais c'est inutile, si l'on considère que la contraction picarde de iée en ie s'est quelquefois étendue au masculin, par une fausse analogie. Ainsi, dans un poème récemment édité par M. Foerster ( Venus, déesse d'amours), on trouve plusieurs fois la rime pitié : finie, à côté de pitié : amistié, et pitié rime régulièrement en ie dans des auteurs flamands du xvi® siècle. Il faut donc lire : qicignies : depecies.

ADESER 2177, toucher (se el cors l'eust adesé) ; ce mot vient de addensare et non c^eadhaesare (V. G. F 3LTis y Ro7na7îia, Yll, 1).

adestrer qq" , se tenir à sa droite, 6242.

ADRECER (s') euveps qq°, seconduire avec lui selon le droit, lui faire droit, 1881.

AFAITIÉ (fém.-ie), bien élevé, poli, sage (?), 2849. 2867.

3695 etc. ; cf. Brun de la

Montaigne, 1475.

AFUiANT (vint) 3019, fuyant; cf.

apoignant.

AGAiSEs (il sont es mons et es

agaises) 3427, lieux escarpes

{d'oii l'on peut voir au loin] ;

cf, la gaite d'une tour.

AïOHE 3646 etc.) , eau ; plus

souvent aige (3631. 3655.

12689 etc.) ; aussi éve 3662.

3677 etc.).

GLOSSAIRE

AiNzjornée (al'), avant le jour (BC Addition, 124). •

AïOELS [suj. sing.) 49, aioel (rég.

sing.) 48 (B aives, aive) , aïeul.

AIT (a) 4254 (B a et C a het) , à souhait, à 2)laisir : et li cevax li côrt a ait.

AiUEMENT, aide, 2207.

AMAisNiER ^se il s'i peust) , approcher (?) 12117.

AMBLANT 5439, qui va Vamble {en parlant d'un cheval].

AMENois 12398, sur-le-champ.

toit bien parés et des auctors

sire clamés.

AU PAGE (lis. aufrage?), chef

arabe, de * alfaraticus (V.

Ducange, s. v. alferus] ; ici,

chef en général : ne amiraus,

soltans n'aufages, AviÉRE (ce m'est) 9988, il m'est

avis; cf. ce m'est avis, ce

m'est vis, c'est avis, passim

( V. sous vis) .

AVOEC (adverbe) 823 : tant i fe-

rirent mal avpec, Ja n'en cui-

dai estre senoec.

AMERTÉ 10680; c/". \evté, passim.

AMoiER sa main 8097, l'adou- avulé 2549, aveuglé.

cir, modérer le coup, de * Sid-

modiare. B.

ANTER (neutre] : se il puis ante

en se maison 10166. barrasan 5423BC(bougeran A,

APARLER qq»^ : cèle le prist a ^'^^ ^^ moderne bougran),

aparler 13309. ^'^^^^ imperméable.

APETisiE (=apetisiée) 3669, di- ^^^^talles 6923, cré^ieaux.

BELiF (a), obliquement, en travers, 5491 A : abelif(m5. Abelins) coisistFlouriien, B entre

minuee.

APOIGNANT (vint) 7671, 2)^ poignant; cf. 8615 venus est apoignant li rois.

ARDURE, chagrin (et non pas ressentiment]^

ARGEMiER 6818 , argent pur (B argenmierz, C argens miers).

les rens point a beslif, C a bellif; cf. Troie 20133, beslivant, et P. Mejer, Bullet. de la Soc. des anc. textes fr,, 1878,3, pag. 110, n. 4.

ARMÉ (substantif], homme d'ar- berserie 7020, chaise à Varc.

mes, 1984. 2199.

ARONDEL 8597, cheval rapide

(par métaphore] .

arousé 8207, entouré, Duc. cite

deux exemples de Guill.

Guiart.

ASSALïE 4598, attaque; pour la forme du mot, cf. envaïe 4597;

ASSALIES 4598.

ATiREMENT 13891, convcntiou,

traité.

AT'CTOR 11602 : des .vij. ars es-

BETER (faire) 134, faire lutter (des animaux) : faire beter viautres et ôrs ; cf. i ot beté [ms. bêché) plus de .xx. ours 780. (V. Ducange s. v.)

BLANCE (l'ost des femes estoit môlt) , 14465, pacifique, sans armes ; cf. Evangile aux femmes, str. xxiv b, blances paroles (r=:zdouces] , dans notre édition (Marie de Compiègjie, etc. Paris, Vieweg, 1876).

LXiv appendice; — la langue du roman de thèses BORDEL (faire ardoir en .j.), M-

glossaire.

coque, baraque, où sans doute on €71 fermait les criminels pour les brûler.^ 10300, etc.

BoscEL 4231, petit bois.

BOUGERAN 5423 A, espèce d'étoffe imperméable, bougran.

BOUGRE, bourgeois, habitant du pays, indigène. C (interpolation à 14410 A) : .ij. bougres et deux chevaliers (B. .ij.

hourjois) . Dans l'exemple suivant : les bougres fait a lui venir (Hippomédon)9276 ABC, et passim, dans V épisode du ravitaillement, onpourrait le prendre au sens étymologique de Bulgare, en admettant que l'auteur a confondu les Thébains avec les ^)ei<p/e5 des bords du Danube : cependant r article déterminât if constamment employé est un obstacle : il s'agit, en effet, de gens du pays qu'Hippomédoncharge d'approvision^ ?ier l'armée. Diez (Etymol.

Wôrterbuchder roman. Sprachen, 4'"« édit. Bonn, 1878) n'a que le sens (/'hérétique et celui de sodomiste, signalé par Nicot. Cf, Ducanges, v.

BOUTER, pousser (neutre) 330 :

et l'un a l'autre amont bouter; cf. buta [actif et neutre] ^ patois du Rouer gue = pousser avec effort, heurter.

RRiGE (dist entrés sui en maie) 9728, prison, forteresse. Cf.

le fort de la B riche, à S^- Denis.

BUFFET, escabeau, siège, 1403 A (faudestuef B, faudesteill C);

BC 07it également buffet deux vers plus loin, où A diffère.

CAANT levant (pris absolument] 2510, en tombant et se relevant; cf. Chaba)ieau, Gramm.

limous., in Rev. des 1. rom.

VIII, 178, casen levan, et ici même : ferant bâtant les siut au dos 7807.

CAiNSiL, étoffe de lin formant coiffure 11227 ; cf, v. fr.

chainse, et V. Diez s. v. camicia.

CAMPELLE 8230 [rime avec mervelle) , de campeler, marcher; cf. campoie ( : voie) 8031.

CANGiÉ, espèce de boisson (?) 1412 : quant il orent but et mangié , bon ysopé et bon cangié, B : plusieurs vins beïis et cangié, ce qui semblerait indiquer que cangié a pu être un participe , mais alors il faudrait corriger beiis en beii dans la leçon de B.

CARCLOiE 1910 , machine de guerre, de siège.

CARMER 12574 (BC charmer) , calmer, soigner une blessure par des philtres, de carmen.

CASTiER (se), modifier sa conduite dans tel ou tel sens, se conduire, 7411.

CAUT, [il] faut, 13040; il est ocis de ce que caut 13125 = [familièrement] il a ce qu'il lui faut, il a son affaire,

CEMREL, troupe armée, corps de troupes dépendant d'un che^ valier, 4792. 4820. 5010 etc.

ciEF (a) de pose [V. sous pose).

ciEF (al) del toi^ à la fin, au cornée 7892, mesure de sîiperboutducompte, 1 1038. 11375. ficie [doit peut-être être cor- 1 1 ^^^ • rigé en j ornée].

CIEVETALLE 5447 , Ordinaire- corsiéres (perieres) 4674, coument harnais de tête de che- tuantes , mobiles, val ; ici, plus particulière- corsoirs (las) 4416 (C laz coranz) , ment, plaque de métal qui nœuds coulants, de cursorius. protège le front : la c. de fin cose [en parlant des personties):

3613 , mais tant me sanlés gentils cos^; 5412, france co5^ ert et de bon aire; 0354, maleiireuse cose et foie (BC maleurée, corn sui foie) ; 9825, li dansiax fu si simple cose.

or.

CLAVETÉE ( connissance d'une jnde pôrpre) 12831 , BC clavelée, semble devoir être rattaché à clavus (latns clavus etc.).

CONNISSANCE , banderole de la costal 4775, côte, montée.

lance servant à reconnaître coûte 6320 [V. keute).

chaque chevalier, A^e^2.A^SS, créature, objet quelconque :

1^7l8, etc. • 5151-2 , ne remaint sôr ex

CONQUERRE, vaiucrc, UÇ>\ \ ^Q créature : kauce , soUer ne

je puis vostre cors conquerre. vesteure.

coNROi (dire) de, décrire, expli- cri, tumulte, 671. 2401 ; — ré-

queren détail-, BC, passage putation , gloire, 361 : sôr

remanié, sub fin. : ne vous en

sai dire conroi.

coNSENCE 10225, complicité.

COR, ^5ar^/cz^/e intensive ou op-

tative que j'écris c'or avec

Diez [Gramm. des l. rom. ,

tous en ot et cri et non.

CRIÉME , injure , reproche , 11884, et rous en criéme me clama; — cf.criément [S^pt^'^^pl.]=zcrient, de* criminant, pour criminantur.

m, 196, note) : c'or vous criéve (l'aube), 9509 etc. [assez

levés 1285 (Cf. 11811) ; c'or fréquent].

vous ramembre del barnage crisopase 6771, topaze.

{lis. carnage) qu'il vos fist par

son vasselage 5173. Cf car ^•

1834. 3570 A, et BC, inter- daintié, au sens ordinaire de

pol. après l'épisode de Mont- « mets exquis », 652 etc.;

flor , particide à laquelle SiU ûg., excellente chose : cou

Diez assigne une autre source, esteroit môlt grans daintiés.

mais dont V emploi est dans dangereus 9149, puissant ; cf.

notre texte identique à celui dangier .

de c'or. dangier (démener) 1920, impo-

Corgies 4271, courroies, de cor- ser sa volonté, tyranniser.

rigia, par déplacement d'ac- deçà (cil) et cil delà sont sou-

cent. vent opposés pour désigner

LXVI AI'PKNDICE

les partis ennemis : 9565.

9585.9587. 9589 etc.; cf. cil defors, cil dedens, passim.

DEFois 5202, refus de combattre.

DEHAiT (interject.), pour dehait ait (= malheur à) : 10572, dehaitquile (lis. me) desfiera.

DELiTEUS (damoisel) 8078, cha)^mant, de * delectosus.

DEMAIN (sîihst.) : dusqu'al demain 2560=^^5(2' w'ai^ lendemain ; el demain 9627.

DESCENDRE [act.], abattre, 4330; on dit de même en Languedoc, en calquant le français sur le patois : on a tombé le ministère , tomber la cuisine, c'est-à-dire décrocher tous les ustensiles pour les nettoyer

à fond.

DESCONFÈs, qui ne S est pas confesse : qui les fait morir d.

2540 • cf. Chanson d'Antioche, I, pag. 115, v. 532 : l'abat mort sans confesse.

DESOTROiÉ 12022 , contredit , refusé (iynpersomiellement) .

DÈS QUE et DÈS PUISQUE , dcpuis

que (BO , passage remanié,

les femmes d'Argos à Thèbes).

DESRAisNiER 4447, soutcuir son

opinion par les armes.

DETTE (BC Addit. 201) : je vous

doi or fere de dette , c.-à-d.

faire à votre égard ce que je

dois.

DEVIER, quitter la vie, 1474.

DIS, Jo2<r, 1791.8475. 14403 etc.

DOUBLE : car cil de l'ost sont

plus au double 12706, c.-à-d.

plus que le double.

DOUR 4178 A, DôR 14166 G [A diffère), le quart d'un pied à Toulouse^ selon Ducange, s. v.

dornus [cf. Roman de Troie 13060) ; — plain dôr 2931 ; mais au vers 5470 (en son cief ot .j. cercle d'or, môlt li avint en son cief dor, il faut sans doute corriger Vov [cf. 11208^ môlt avint bien desôr Torfrois) , et il n'est pas nécessaire d'y voir le nom verbal de dorer , qu'a employé Molière.

DURFEUE 8388, malheureuse (=dure fatuta) ; cf. malfedude [Alexis, 89c, 124a).

dusqu'au tierc jor 9795. 9843, d'ici à trois Jours.

EMBLE (a) 1693, en secret (ou a emble ou a veùe.)

EMPIRE 3362, puissante armée, forces.

EMPLE (BC, Add. 364), 3«p. s., forme forte de emplir.

EN ALER 1711 etc., aler.

ENCoviR 5510, désirer d'amour, cZ^ * incupitare; cf. 3880, et de lui servir s'encovie.

ENCOsciE (= encosciée) 7329 [en parlant d'une flèche) .placée dans la coche de l'arc.

ENFANGER 7573, empêtrer dans la boue,

ENFERM 7605, faible; cf. Alexis

ENGAiGNiER 14450, sc courrou-

cer, enrager.

ENGiGNER une tour 9853 , la

construire avec art.

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