‹ La légende d'Oedipe [microform], étudiée dans l'antiquité, au moyen-âge et dans les temps modernes, en particulier dans le Roman de Thèbes;Chapitre 9 sur 94 · LA LÉGENDE d'OEDIPE DANS LANTigUITÉ · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE d'OEDIPE DANS LANTigUITÉ

comme roriginc première desmallieurs des Labdacides. De qui semble certain, c'est qu'au temps d'Homère, le cycle tliébaiii était déjà complet. Nous trouvons en effet dans VOdyssée{\l, 271-80) un résumé de Thistoire d'Œdipe : (( Je vis ensuite, dit Ulysse, la mère d 'Œdipe, la belle Épicaste, qui, dans Tignorance de son esprit, commit une action terrible : elle épousa son fils, après qu'il eut tué son propre père. Mais bientôt les dieux dévoilèrent la vérité aux yeux des mortels. Alors (Edipe, parla volonté funeste des dieux, régna sur les Thébains, souffrant dans la riante Thèbes des douleurs cruelles; et la reine, succombant à la douleur, descendit dans les fortes demeures de Pluton, après avoir suspendu à une poutre de son palais un lien fatal. Elle laissa son fds en proie aux affreux tourments (jue peuvent causer les Furies d'une mère.» D'ailleurs les fils des Sept Chefs figurent dans la guerre de Troie : le rôle important qu'y joue Diomède amène la mention fréquente de ïydée et de sa bravoure ' ; on y rappelle en particulier sa merveilleuse lutte contre les cinquante Thébains^. Hésiode nous apprend {Opéra et dies, v. 161-3) que, parmi les héros engendrés par Jupiter, les premiers moururent devant Thèbes, en combattant pour conquérir les troupeaux (/jiyîXwv e'i/Êxa) du fils d'Œdipe. Ce mot désigne sans doute ici les biens en général, le royaume d'Étéocle.

Mais en dehors d'Homère et d'Hésiode, bien d'autres [)oètes épiques avaient été tentés par le cycle tliébain. Malheureusement nous ne connaissons que par des fragments les œuvres considérables qui traitaient spécialement de la légende des Labdacides. Rappelons brièvement ce que l'on sait à cet égard. Dans les chants cypriens (rà Kvnpia.), au témoignage de Proclus% Nestor racontait à Ménélas, son

< Iliade, IV, STOsqq.; V, 800 sqq.-, XIV. 110 sqq. 2 Iliade, X,28isq<i.

•* CijcUcorum poeianini fratjnimta, é<I. Wolf. coll. l)i lot, pag. 5S2 : NéTT''.)0 §£ ev Txa.piY.o7.au ^iriyctTUL avtw... xaî rà nepi OtSiTrouv xat lyjv Hûoc-

hôte, les aventures d'CËdipe. L'inscription de Borgia mentionne une OEdlpodée de Gynaethon (5,600 vers), citée par Pausanias (IX, 5, 5), par le scholiaste d'Euripide (/^//œpu^^a?, V. 1760) ' et par Eusèbe ^ et une Thébaïde attribuée à Arctinus de Milet, et qui renfermait 9,100 vers (d'après d'autres témoignages, environ 7,000). Cette Thébaïde était, si Ton en croit Pausanias, attribuée par Gallinus à Homère, et beaucoup partageaient cette opinion. Pausanias ne semble pas l'adopter pour sa part, mais il place ce poème immédiatement après l'Iliade et l'Odyssée ^ Elle s'appelait également 'A/x(ptapaov l^oSoç ou 'Ajuwptapeo) iltloLolix, et commençait ainsi :

Les principaux points de l'épopée de Ginaethon étaient traités dans la trilogie d'Eschyle, VOEdipodée, L'épopée ne se renfermait pas dans le récit du mariage d'CËdipe et do la découverte de sa véritable situation; elle devait s'étendre jusqu'à l'exil de Polynice, après la malédiction de son père, et à son mariage avec la fille d'Adraste, et se terminer par la mort d'Œdipe à Thèbes et la description des jeux funèbres célébrés en son honneur (Gf. Homère, //. XXIII, 679), conclusion naturelle de ce poème**.

G'est surtout la Thébaïde d'Antimaque ® que citent les

1 Ot T/}v QtSiTroStav ypôcfovreç,

2 Eusèbe place VOEdipodée dans la troisième ou la quatrième olympiadi^: 1 inscription de Borgia la place dans la troisième.

3 Paman. IX, 9, 5 : i^ù> Se t^v Tror/jcrtv 7«^jtv:v i,.îry. yô 'I).tâ5« x«î rà ett/j ta £Ç 'oSuffdea inoLtm piâ),i7Ta. Je dois avouer rjue le sens que l'on attribue g.'néralemeut aux mois g^rt^vj " Oiirjpoj tôv rotr/cravra ne me semble pas tout à fait d'accord avec ce ju^^cmeut de Pausanias. Je proposerais de traduire : « Gallinus,.. dit que l'auteur est uu autre Homère (est l'égal d'Homère)», ce qui s'accorderait mieux avec l'opinion contraire, que semble apporter Pausanias.

^ Auctor Certaminis Ilomevi et Hesiodi, pag. 492, Laesn.

* Cf. Welcker, OEdipodee von Kinœihon, iu Die cpische Cyclus, 2* partie.

6 Antimaque de Claros (et non de Colophon; cf. Gic. lirut. 51; Ovid. Trist. I, 6, 1) florissait vers l'an 405 avant Jésus -Ghrist. n a écrit, outre la Thébaïde, un poëmo en vers élégiaques, intitulé Au5>7. pour déplorer la mort de celle qui fut son épouse ou sa maîtresse.

14 LA LÉGENDE DOEDII'E DANS l'aNTIQUITÉ.

anciens grammairiens, et à cause de son importance, et à cause du mérite que Ton s'accordait à reconnaître à l'auteur de cette œuvre immense. Immense en effet, puisque, au xxiii« Livre, les Sept Chefs n'étaient point encore arrivés à ThèbesS etque le v' Livre donnait la description d'un repas ofTert par Adraste aux chefs de l'expédition avant leur départ d'Argos. Le poète, en effet, commençait son poème à l'histoire d'Agénor, et terminait par le récit du rétablissement de Diomède en Étoile, après la guerre des Épigones; il décrivait par digression les lieux que traversait l'armée et racontait les mythes se rapportant aux villes dont il parlait. C'est h lui, si l'on en croit Acron (Ad Hor. art. poet., v. 136), que fait allusion Horace lorsqu'il dit : Nec rcdituiii Diomedis ab interitu Mcleagri.

Le scholiaste d'Horace appelle Antimaque le Cyclique ; en effet, il n'a point cherché, comme Homère, l'unité du sujet, mais il a réuni en un cycle une partie de la matière épique, comme firent plus tard Polémon et Denys de Samos*. Les fragments qui nous restent d' Antimaque et les témoignages flatteurs des critiques anciens à son égard' font vivement regretter la perte de la plus considérable et sans doute de la meilleure des épopées du cycle thébain, perte que ne compense qu'imparfaitement la conservation du poème de Stace et d'une partie de l'œuvre des tragiques. Après Antimaque, mais bien au-dessous de lui, se placent, comme auteurs de Thébaides, Antagoras de Rhodes et Ménélaosd'Aegaî. Le premier fut l'ami d'Aratus et le contemporain d' Antigène Fet H. L'Anthologie (Jacobs, 13,pag. 483)

1 Porpliirion, ad Horatii art. poet., v. 136.

2 Cf. Welcker. de Cyclo epico, pag. 103 sqq., ia Kleine Schriften zur griecfi.Litteratiiroeschichte {Die spxteren T/iebaïdni) -, et Wolf, Antimachifragm., dans l'Homère de la collecUon Didot, put;. 29.

3 Rappelons ici le jugement do Qiiintiliori. Inst. oral., X, t, 53 : « In Anlimacho vis et gravitas et minime vnlg.ire dicendi genus habet laudeni . Sedquamvis ci secundas 1ère grammalicorum consensus déférât, et alFecLibus et jucunditate. et dispositione, et omnino arte deficitur. ut plane manifesto api.areal,quanto sit alind proximum esse, aliud secumlum. »

en fait mention, et l'on cite de lui une anecdote curieuse. H lut son poème en Béotio, et, comme on ne l'applaudissait pas, il ferma le livre et dit : « C'est à bon droit qu'on vous nomme Béotiens^ car vous avez des oreilles de bœuf». Ménélaos n'est peut-être pas antérieur à Tère chrétienne (Biogr. Didot); son poème avait douze chants d'après Suidas, et treize d'après Eudocie*. Longin parle de Ménélaos avec éloge dans Johannes Sikeliota (Ruhnk. , de Longino, 1 0); Etienne de Byzance cite souvent les cinq premiers livres, mais aucun des passages qu'il nous a conservés n'est intéressant pour l'histoire de la légende. La première guerre de Thèbes était seule racontée dans cette Thébaïde.

Nicander de Golophon, qui vivait au temps d'Attale, roi de Pergame, avait aussi écrit une Thébaïde^ si Ton en croit le scholisate Theriacon ^ ; peut-être était-ce un de ces poèmes ethnographiques, aujourd'hui perdus, que l'on cite à côté de ses ouvrages didactiques, dont plusieurs nous ont

été conservés.

Quelques fragments nous restent de VHéraclée de Pisandre le Rhodien, poème épique en douze livres, qui ne pa- ^ raît point postérieur au vu" siècle; mais ils n'offrent rien d'intéressant pour notre étude. Parmi les fragments du Pseudo-Pisandre [Yipr^ïxà Beoyaiiioc), de beaucoup postérieur, nous en relevons un important sur Œdipe et le Sphinx, et un très-court sur la mère de Tydée (Apollod. I, 8, 5).

La légende thébaine tenta aussi la muse latine. lulus Antonius, fils du triumvir Marc-Antoine et ami d'Horace, avait écrit, suivant le témoignage d'Acron, le scholiaste du satirique (Hor. Garm. IV, 2, 33), une Diomédée en douze livres, qui contenait sans doute la dernière partie de l'œuvre d'Antiuiaque et les points essentiels de la guerre des

> Eudociœ 'Iwvtâ, c'est-à-dire recueil de violeiles, compilation dont les sonrces sont à peu près les mêmes que celles de Suidas, comme l'a démontré UGhioko (Observai, in Eudoc. ViolelamiQçRii., 1789, V"'« et ^l^" vol. de la llibl. drr AU. Lilcralur und Kimsl). Eiidocio, fomme dos empereurs Constantin XI (I)ucas) et Romain IV (Diogèue), vivait au xi« siècle

- Barth, Animado. in P. Stalii Thebaïda, v. l.

i6 LA LÉGENDE d'œDIPE DANS LANTIQUITÉ.

Epigones. Un autre poète épique dont nous ne connaissons guère que le nom, avait composé avant Stace une Thébaïde : c'est Ponticus, Tami de Properce, qui en fait un grand éloge (I, 7, 1 sqq.) :

Diim tibi Cadmcc'c dicuiUur, Ponticc, Tliebse,

Armaque fraternae tristianiilitiœ, Atque, ita siiii felix, primo contendis Homero,

Sint modo fata tuismollia carminibus.

Autre témoignage de Properce, I, 9, ad Ponticum (il lui^reproche amicalement de ne point avoir encore traité de petits sujets) :

Quid tibi nunc niisero prodest grave dicerc carnien,

Aut Amphioniœ mdjnia flore lyrre ?

Plus inamore valet Mimnorini versus Homero :

Carmina mansuer.us leniaquserit Amor.

I, quœso, et tristes istos compone libellos,

Et cane quod quaevis iiosse puella velit.

D'après M. Teuffel [Geschichte der rôm. Llteratur, 3'édit. , pag. 544), ces vers pourraient tout aussi bien se rapporter à Antimaque.

Ovide nomme aussi Ponticus (fm^. IV, 10, 47-8) :

Ponticus heroo, Bassns quoque clarus iambo, Dulcia convictus raembra fuere mei;

et peut-être est-ce à lui qu'il fait allusion dans ces vers {Pontic. IV, 21-2):

Velivolique maris vates, cui credere possis Carmina caîruleos composuissedeos*.

Nous ne savons quelle Thébaïde avait imitée Ponticus, mais tout porte à croire que c'était celle d' Antimaque. Quant au poème de Stace, qui malgré ses défauts occupe une place honorable parmi les productions des poètes la-

* Teuflel, Gesch. dcr rôm. Lileratur, 3^ ùdit. pag. 535-6; cf. Beniart, Argumentum in Stalii Tliebaïdem: « Nec defueni ofTicio Latini. Ponticus sauo CLim laudo sudavit in hoc circo : author milii afïirmaudi Propcrtius, etc.»

DÉVELOPPEMENT DE LA fcÉ(^EN3E. 17

tins, son importance et les rapprochements perpétuels qu'il suggère avec le Roman de Thèbes , ne permettent pas de séparer l'étude de ces deux œuvres : nous n'en parlerons donc dans cette première partie que pour signaler à l'occasion les sources auxquelles il a puisé.

Mais les poètes épiques n'ont pas été les seuls à raconter l'histoire d'QEdipe et de ses enfants : la sombre légende thébaine était plus que toute autre de nature à provoquer chez les spectateurs la terreur et la pitié, et à ce titre elle devait inspirer les poètes tragiques du siècle de Périclès. En effet, les trois grands génies dramatiques de la Grèce ont attaché leur nom à la peinture des malheurs des Labdacides : six pièces complètes et de nombreux fragments attestent la popularité de la légende.

Eschyle semble en avoir traité toutes les parties V Welcker a constitué trois trilogies se rapportant à ce cycle avec les tragédies complètes que nous avons de lui, et celles dont il ne nous reste que des fragments : l^ Laïus ^ le Sphinx, Œdipe] 2^ Neméa, les Sept contre Thèbes^^ les Phéniciennes] 3°les Éleusi?iiens, les Argiens, les Epigones. Cet ordre a plus tard été modiiié par lui^; mais M. Ahrens croit avec raison (|u'il y a trop d'incertitude dans les fragments pour qu'on puisse établir un ordre fixe. Ce qui est probable, c'est que la première trilogie traitait l'histoire d'CEdipe; la deuxième, la guerre de Thèbes; la troisième, la guerre des Epigones.

De Sophocle, nous avons sur la légende d'Œdipe trois pièces complètes, trois chefs-d'œuvre: Œdipe roi^ Antigone,

^ Cf. Ahrens, Mschyli fahulsB (coll. Didol), Préface.

' Cette pièce seule, sur les neuf, on le sait, nous a été conservée entière. Sclineidewin (Philol.lll, 350 sqq.; V, 180 ^q(\.\OEdipussa(je, 21 sqq.). et PreWer [Gricc-h. MijtfioL, II, pag. 34G) admettent une tétralogie composée i\e Laïus, d'OEdipc et des Sept contre Thèhes, et d'un drame satyrique, le Sphi7ix.

** Les EleiisinieiîSy dans ce nouveau classement, sont placés à la suit«i des Sept contre Thèbes ^ et la troisième trilogie comprend les Epigones, les Argiensei les Phéniciennes.

LA LÉGENDE DCEDIPE DANS l'aNTIQUITÉ

Œdipe à Colone, auxquelles il§ faut ajouter' de courts fragments d'un Amphiaraus (drame satyrique), d'un Œnée (le père de Tydée), d'un Oïclès (le père d'Amphiaraus), d'une Êryphile ou les Épigones, dont Strabon cite un fragment qui rappelle la mort d'Amphiaraus, enfin d'un Alcméon, mentionné par Besychius et Porphirius, et que semble avoir imité Attius. Les Lemniennes de Sophocle, comme VHijpsipyle * d'Eschyle, dont lafscène est à Lemnos, n'offrent pour notre sujet qu'un intérêt épisodique.

Euripide nous a laissé sur le cycle thébain deux pièces entières , les Phénicieimes et les Suppliantes, et de nombreux fragments. ^Les Phéniciennes formaient trilogie avec Hypsipyle eiAntiope ;;une autre trilogie comprenait VOEdipe et sans doute ÏAntigone. On sait du reste que Sophocle et Euripide ne se sont généralement pas astreints à donner trois tragédies ayant entre elles un lien commun (Cf. Patin, Études sur les tragiques grecs, I, 30). Citons encore d'Euripide son Chrysippe, qu'il^fît jouer devant Archelaiis, roi de Macédoine, son protecteur, et où il ne craignit point de retracer le honteux amour dont,|selonJlui, Laïus aurait donné le premier exemple ^.

Nous n'avons pas à faire connaître en détail les pièces des trois grands tragiques, ni à apprécier leurs mérites respectifs ; nous ne pouvons que renvoyer à l'ouvrage de- > venu classique où M. Patin a étudié ces œuvres avec les lumières d'une érudition infinie et l'autorité d'un goût f exercé. Notre rôle consiste seulement à étudier les modifi- (! cations de la légende, et nous noterons plus loin les différences qui se rencontrentulansles différents auteurs, à me-

^ V Ilyp.npi/le d'Eschyln semble avoir formé Irilo-ie avec les DanaXdcs, les Cahires {on il était question du (lr|)art des Argonautes de Lemnos) et le (ilaucHS marinus (Alirens, d'après uu Ira-ment cité par le seholiaste d'Apollonius de Rhodes. I. 773). llermann en place la scène à Némée et la joint à la^pièce de ce nom, ce qui nous semble moins probable.

2Elien, Ilist. anim., VI, 15; Varia hist., II, 21; Athénée; Deipn., XIII;Cicéron, Tusc. qvœst., IV. 33. etc. Cf. Walckenœr, Dialr. in Eurip. perdilorum dramalum reliquias, III; Uartun-, Euripides restilutus, etc.

sure que nous traiterons chaque point particulier. Bornonsnous à dire ici que les tragiques ont introduit des faits nouveaux dans la légende et remanié la matière épique, en développant la croyance à la fatalité et à rinfaillibilité de l'oracle de Delphes.

Signalons encore parmi les tragiques qui se sont occupés de la légende d'Œdipe, Meletus, l'accusateur de Socrate, auteur d'une Oi5t7ro§£ia, tétralogie mentionnée par le seholiaste de Platon ' ; Aristarque de Tégée, contemporain d'Euripide, d'après Suidas, et sans doute antérieur à lui^; Ach8eus^ Garcinus\Diogène', Lycophron^ Nicomaque', Xenoclès ', Phiioclès le neveu d'Eschyle", Sosiphane ^ Théodecte% qui tous avaient composé des Œdipes, Ce n'est que par conjecture que Fr.-G. Wagner, d'après un passage peu intelligible d'Athénée, a attribué une Antigone à Alexandre d'Étolie (V. Poet. tragic. grœc. fragm., coll. F. Didot, pag. 155). Lycophron, qui avait aussi écrit deux Œdipes, a recommencé le Chrysippe d'Euripide, que le poète comique Stattis a parodié.

Si nous passons à la Thébaide, nous trouvons un Ampliiaraics du Garcinus nommé plus haut, pièce dont la chute a été racontée par Aristote {Poet. XVII); un Tydée le Théodecte de Phasélis, auteur aussi d'un Œdipe ; un ilcméon du môme auteur, et un autre Alcméon du fameux et vaniteux Astydamas, qui avait également écrit un Parihénopée' \ le plus célèbre de ses ouvrages, et qui obtint pour

> Schol. Plat. Clark, apud Bekker, pag. 330. a Cf. Schol. Soph., OEd. Colon., v. 1320. ^ Hesychius.

'♦Aristote, Wietor., III, 10, 11.

5 Suidas, Diogène de Laertc, VI, 80.

^* Suidas.

i^ Elieu (Kar. hist., Il, S) dit ({nï\ triompha d'Euripide avec cette pièce.

8 Schol. Eurip., Phœn., v. 1017.

^ Athénée, Deipnos. X, 75. Pour les détails, voir Patin, Tragiques grecs,

\.X,pa!sslm.

jo Un méchant arrangeur des pièces des tragiques, Deuys d'IIéraclée, pnte il Sophocle un Varlhénopée de sa façon, cpii trompa Hcraclide de Pdii, disciple d' Aristote ( V. Diogène de Laerte, V, 92).

20 LA LÉfrENDR DOEDIPE DANS i/aNTIQUITÉ.

cette tragédie une statue au théâtre. Les Phémciennes de Phrynicus, le maître d'Eschyle, qui devint plus tard son disciple, n'ont aucun rapport avec les Phéniciennes d'Eschyle etd'Euripide: c'est lesujet Aq^ Perses, Ajoutons que Stattis et Aristophane avaient écrit des Phéniciennes qui semblent n'avoir été que des parodies de la tragédie d'Euripide. (V. Meineke, Fragm. corn, grœc, tom. I, pag. 233; II, 1167, et Patin, l. /., t. IV, pag. 298-9.) Il est difficile de dire jusqu'à quel point ces ouvrages apportaient de nouveaux éléments à la légende. On sait que les arrangeurs du IV' siècle ne se gênaient guère pour remettre à la scène les grands sujets classiques, sans se donner la peine de constituer un nouveau plan ou de modifier les situations. Il est donc à présumer que depuis Euripide, qui, on le sait, a cherché à renouveler la tragédie épuisée en remaniant arbitrairement les données épiques, il ne s'est point produit sur le théâtre grec de changement appréciable dans la façon de traiter la légende d'OEdipe.

Chez les Latins, Attius* avait imité, comme on sait, les Grecs dans la plupart de ses pièces. Son Antigone semble, d'après les courts fragments qui en ont été conservés ', imitée, non d'Euripide, mais de Sophocle, dont le chefd'œuvre était tenu dans l'antiquité en bien plus haute estime que la pièce d'Euripide, qu'il ait précédé celle-ci m que ce soit le contraire, ce que ne permettent pas de décider les courts fragments delà pièce d'Euripide. Quoi qi'il en soit, le chef-d'œuvre de Sophocle dut laisser après lui un long souvenir, puisque Virgile en a imité quelques tnits {Mneld. IV, 372; XII, 20) et que Macrobe [Saturn. VI, 12) a relevé ces imitations ^ Attius avait aussi imité les P/J^;^^6•/m/^(?5 d'Euripide, et Nonius nous a conservé plusieurs vers de cette imitation; de même on cite de lui les Épigoies,

1 Attius ou Accius (170-94 avant Jésus-Christ) avait composé au noins 37 tragédies, dont il no nous restë,guère que les titres et de courts l-a^'meuis.

2 Voir Fragments d" Attius, collectioa Bothe. ^ Patin, Tragiques grecs, III, 282.

imités d'Eschyle*, et un Alcméon^ ou Alphesibœa^ imité de Sophocle. Festus reproduit un vers d'une atellane de No vins qui devait être une parodie de ces mêmes Phéniciennes. Asconius nous apprend que Jules César avait composé un Œdipe^ mais il n'en est rien resté. Enfin un certain /'a'2^5tus, au témoignage de Juvénal (VII, 12), avait composé une Thébaïde dont nous ne possédons pas le moindre fragment.

Il nous reste à parler des pièces connues sous le nom de Sénèque le tragique. L'Œdipe est assez voisin de V Œdipe roi de Sophocle; peut-être l'auteur a-t-il emprunté à la Jocaste de Silanion son dénoûment, car Plutarque raconte que dans cette tragédie, comme dans celle de Sénèque, Jocaste se tuait sur la scène ^ Le sacrifice de ïirésias pour connaître le meurtrier de Laïus, l'évocation de l'ombre de ce prince, le récit des malheurs de Thèbes depuis sa fondation, passages que semble imiter Stace, sont étrangers à la pièce de Sophocle. Les Phémciennes, dont il manque une partie du second acte et le cinquième, diffèrent notablement, pour le plan, de la pièce d'Euripide qii porte le même nom. Ainsi, pour ne parler que du début des deux pièces, tandis qu'Euripide met dans la bcuche de Jocaste un résumé de l'histoire d'Œdipe, Sénèque nous montre ce prince errant avec Antigone hors dœ murs de Thèbes, refusant d'y rentrer pour réconcilier sei fils, et lançant sur eux les plus horribles imprécations. Pi:js, au troisième acte, on voit Jocaste converser dans Th3besavec Antigone et Œdipe, etpartir pour aller séparer lescombattants. Mais il ne faut pas demander à Sénèque une grande intelligence scénique, ni un grand art dans la compoâtion du drame. On sait comment il a dénaturé le plan si pirfait de V Œdipe roi de Sophocle , en faisant soupçonnerdès le premier acte à Œdipe qu'il pourrait bien être le

' dcéron, Tiiscul. quœsl., II, 25; Nonius, s. v. expectorare. 2 Inuius avait aussi composé un Alcméon. ^ lierrot, Senect& tragœdiée, coll. Lemaire.

22 LA LÈrrENnE d'oedipe dans l'antiquité.

meurtrier de Laïus. Ces pièces, qui ne semblent pas avoir été destinées à la représentation, ne sont qu'un prétexte à déclamation emphatique ou à description minutieuse et réaliste*.

Mais revenons aux Grecs. Les logographes, les historiens, et les mythographes ont tour à tour raconté la légende d'CEdipe, et nous ont conservé bien des détails qu'ils avaient sans doute puisés dans les Thébaïdes ou les tragédies aujourd'hui perdues\ Au ve siècle, Hellanicus de MitylèneetPhérécyde de Léros, le premier dans ses Autochthones, le second dans son Histoire des peuples et des rois depuis les guerres modiques jusqu'à celle du Péloponêse, ont eu l'occasion de traiter de la légende thébaine, comme on peut le voir parles fragments en petit nombre qui nous ont été conservés par les scholiastes ou par Apollodore. Ces logographes n'ont pu que nous transmettre des traditions épiques. Vers la mémo époque, Hérodore d'Héraclée aurait écrit une OEdipodêe, en même temps qu'une Histoire d'Hercule et des Argonautiqucs ; mais les fragments rue nous en avons n'offrent aucun caractère d'authenticité et sont sans importance. Les Athéniens Androtion et Philodiorus, qui florissaient vers l'an 300 avant Jésus-Christ, ont écrit chacun une'A9nç, dont un très-petit nombre de fragments intéressent notre sujet. Asclépiade de Tragilos (nlle de Thrace), disciple d'Isocrate, dans ses Tpocyo)^o{ju£yx, a raconté l'histoire de la trahison d'Ériphyle '.

Mais c'est surtout le mythographe Apollodore * qui lous

^ Voir Nisanl, Études de mœurs et de critique sur les poètes lattis de la décadence. Paris, 183i,2 vol.

- Il fiiii'IraiL citer d'abord lî:[)iim'nide, le poùLe Cretois, si Ic^ GéncUogics (jn'on lui attribue présentaient quelque caractère d'antlieuticité.

•i Les rares IVagmcnts qui nous restent d'llii)piasd'Élée('E0vâiv6vop«itai), lequel s'était aussi occupé de la légende thébaine, n'offrent aucun ntérét pour notre étude.

•'« Ai»ollodorc, né à Athènes, disciple d'Aristarque, (lorissait vos l'an liO avant Jésus-Christ; il semble avoir imité dans sa BihliolUèquei'dvrangeraent <lu livre de Pliérécyde. disciple de Pythagorc, et il le suit a bcau-

dIIï-c, dans sa Bibliothèque, le plus de détails sur l'histoire d'CEdipe et de ses enfants \ Là se rencontrent le plus souvent des opinions contradictoires, sans que Fauteur indique sa préférence pour l'une ou pour l'autre. Il semble ({u'il ait voulu faire une suite de récits romanesques, et qu'il ait choisi sans critique les détails qui lui paraissaient les plus intéressants. Diodore consacre deux chapitres de sa Bibliothèqice historique ^ à l'histoire d'QEdipe et de la guerre de Thèbes, et un à la guerre des Epigones. Nicolas Damascène ^ peut-être d'après Hellanicus (G. Mueller), résume, au livre III de son Histoire universelle, la légende (l'Œdipe, qui offre chez lui des particularités remarqual)les. Avant lui, Lysimaque d'Alexandrie, souvent cité par les scholiastes , avait écrit un Recueil des merveilles de Thèbes (iwaycàyH GryêaVxcôv TrapaSo^cov) , OÙ il s'écartait souvent de la tradition vulgaire (Cf. Schol. d'Apoll. de Rhodes, m, V. 179). Il nous en reste quelques fragments, un entre autres assez long sur le lieu de la sépulture d'CEdipe (liv. XIII), cité par le scholiaste de Sophocle {Œdipe à Colone, V.91). Enfin Pausanias , dans son immense répertoire géographique, qui est en même temps un recueil de mythes et de légendes, trouve cent fois l'occasion de citer des monuments qui se rapportent aux Labdacides, en particulier dans le livre neuvième (jSoicortJca). Nous aurons souvent, dans les pages qui vont suivre, à renvoyer à ces diverses autorités et à les opposer les unes aux autres. Signalons enfin, chez les Latins, Hygin* ou l'auteur, quel qu'il soit, de la compilation connue sous son nom, lequel nous offre

coup de points; mais nous n'avons sans doute de son immense compilation (]u'un abrégé dû à Euphorion (Cf. Barth, in P. Staiii Theb. animadversiones. 1. 1, pag. 121, et A. Chassaug, Histoire du roman dans V antiquité, pag. 120).

1 Apollod. liihliolh., III, 5, 6 et 7.

2 Uiodori Sicilicnsis Biblioth. histor., 1. IV, c. 64, 65 et 66.

^ Né vers l'an 64 avant Jésus-Christ; les fragments qui nous restent de ses Histoires oui été publiés par M. G. Mueller dans les Fragments des historiens grecs de la coll. Didot.

'* Voir (311 particulier les fables 66 à 76.

LA LÉGENDE d'oEDIPE DANS i/aXTIQUITÉ.

parfois des détails qu'il a dû puiser dans des ouvrages aujourd'hui perdus, et en particulier dans les tragédies d'Euripide.

Nous allons maintenant étudier la légende arrivée à son complet développement, en montrant, toutes les fois que ce sera possible, l'ordre de superposition des éléments qui la composent, et les modifications à la tradition commune dues, soit à la fantaisie individuelle, soit à des traditions locales.

A. — Laïus.

Laïus, fils de Labdacus, avait épousé Épicaste (plus tard Jocaste), fille de Gréon selon les uns *, fille de Ménécée et sœur de Gréon selon les autres*. N'ayant point d'héritier, il alla consulter l'oracle de Delphes, qui lui conseilla de ne point s'exposer à en avoir, car celui qui naîtrait de lui le tuerait, épouserait sa mère et plongerait dans le deuil et le sang toute sa maison. Le texte de Toracle nous a été transrais par le scholiaste d'Euripide, tel sans doute qu'il circulait dans les écoles'; il n'y est pas question de l'inceste, qui ne faisait probablement pas partie de la légende primitive, comme nous le verrons plus loin. Gependant Laïus oublia l'oracle à la suite d'une orgie*, et sa femme devint grosse. Pour empêcher l'oracle de s'accomphr, Laïus fît exposer l'enfant sur le mont Githéron, près de Thèbes*. D'après Androtion, cité par le schohaste d'Homère

» Diodore de Sicile, IV, C4.

"^ Apollodore, liihlioth., III, 5, 7: Hyi,nn fab. GG.

' AolU AaSflaxtSïî, raîSwv '/vjoq oXotov «tretc*

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ao\i rraiSôç ^£Îp£(T<7t ItTrdv t^ioç' m; yàp evsuo'e Zsù; Kpoyi^r,; n«).o7ro; oruycoatç xpaÎTi TnQritruÇy ou (filo-j YipTrutTuç xiiô-j' ô 8 vjvçaTÔ (Toi râSs Trâvra. ^ Eschyle, Septem ad Thebas; Euripide, Phœnissx (récit de Jocaste, au début de la pièce ); Apollod. lor. laud.

Aetpâv £ç H^a; xaî KtOaipwvo; linoLç (Eurip., /. /.), dans la prairie de Junoii et sur les rochers du Githéron,

laïus. 25

[Odyss. XI, 271), il l'aurait exposé à Sicyone, ce qui laisserait supposer qu'il y avait un lieu de ce nom en Béotie \ L'existence de la Sicyone béotienne est nettement affirmée par plusieurs auteurs ; mais il semble qu'il n'y ait là qu'une tradition locale. Suivant la tradition commune^. Laïus avait percé les pieds de l'enfant avec des pointes d'agrafes ou des aiguilles de fer; suivant d'autres (Nicolas de Damas), Tenflure des pieds qui lui fît donner le nom d'ÛEdipe provenait de ses langes ^ . Quoi qu'il en soit, il fut sauvé, pour son malheur, par les gardiens des chevaux de Polybus, roi de Gorinthe (ou de Sicyone, suivant la légende la plus ancienne) , qui l'apportèrent à ce prince. Je ne sais où Hygin a pris la version qu'il substitue à celle-ci : « Péribée, dit-il, épouse du roi Polybus, qui lavait ses vêtements sur les bords de la mer, enleva l'enfant exposé, avec l'agrément de Polybus \ N'ayant pas d'enfant, ils rélevèrent comme le leur, et comme il avait les pieds percés, ils l'appelèrent Œdipe. » Ge qui suppose que l'enfant avait été exposé sur les bords de la mer, comme Persée et tant d'autres. Bernart ' (Argum. in Stat. Theb.) dit qu'il fut recueilli et élevé par un paysan nommé Melœbus (var. Melibœus), qui l'appela Œdipe, parce que ses pieds étaient gonflés, à cause des liens de bois flexible dont ils

* Voir sur ce point la savante discussion de Unger, Thebana paradoxa, pag. 363 sqq., coroll. V.

2 Eurip., loc. laud. :(Tf\>pûv (TL^TipôiYJ^fTpoL ^tumipoLç ^édov, oOevvOv Elluç

wvôpaÇgv GiSîTrouv; Apollodore : nspôvM;; Diodore : ^tot.n£povY,(jaç o-tSyjpw.

•^ GîStTrouv 6vo^oi.(Ta;^ù^^et yxp To-jç nô^CKç \jno(T7tapyâ.v(ov [Hist., liv. III).

♦ D'après Euripide {Phœn.)y Péribée l'aurait nourri de son lait et aurait fait croire à son mari que c'était son fils. Phérécyde (Schol. Œdipe roi, V. 775) l'appelle Méduse, et dit qu'elle était fille d'Orsiloque, fils d'Alphée. D'autres la nomment Antiochie, fille de Ghalcan-, d'autres encore Mérope (Sophocle).

^ Dans l'édition de Stace donnée par Cruceus. — Bernart s'appuie sur le témoignage de Suidas, ou plutôt d'un manuscrit interpolé de Suidas, qus jo n'ai trouvé reproduit que dans l'édition de Portus (iEmilius), professeur de grec à l'Université d'Heidelberg {Colonix Allobrogum, apud Petrum et Jacobum Ghouet, GÏ3.I3G.XIX).

■2{j LA LÉGENDE d'oEDII'E DANS LANTIQLITÉ.

avaient été entourés. — L'enfant grandit, et il surpassait en force tous ses camarades, qui, par jalousie, l'appelaient injurieusement enfant supposé. Œdi{)0, irrité de ne pouvoir faire cesser ces injures, et de n'obtenir de Péribée aucun éclaircissement, quitte Gorinthe et va à Delphes consulter l'oracle sur le secret de sa naissance. L'oracle refuse de s'expliquer, mais il l'engage à ne pas retourner dans sa patrie, où il doit tuer son père et avoir commerce avec sa mère.

Cependant Laïus était parti de Thèbes pour aller consulter la Pythie au sujet du fléau qui désolait la ville. Suivant le Pseudo-Pisandre (rpwïxà Oeoyaixta) , le Sphinx aurait été envoyé aux Thébains par Junon du fond de l'Ethiopie, parce qu'ils n'avaient point puni Laïus de son amour infâme pour le beau Ghrysippe, qu'il avait enlevé de Pise, abusant de l'hospitalité de Pélops, son père, et donnant le premier Pexemple d'un amour contre nature'. L'enfant se tua de désespoir; son père Pélops maudit Tauteur de ce crime, Laïus, et l'effet de cette malédiction se porta sur le fils et les petits-fils de ce prince. Cette légende de Chrysippe, qu'Euripide a portée au théâtre, en y cherchant une explication morale aux malheurs des Labdacides, était connue du reste par les traditions du Péloponèse, qui font d'Atrée et de Thyeste les meurtriers de Chrysippe, leur frère naturel, et d'Hippodamie, la conseillère de ce meurtre ^ Lactantius (ou Lutatius) Placidus, le commentateur de la Thébaïde de Stace, explique ainsi cette haine de Jupiter, qui, d'après le poète, aurait été l'auteur des malheurs d'CEdipe et des Thébains ; mais le schoUaste d'Eschyle dit qu'Apollon, le dieu pur et incorruptible, qui avait défendu à Laïus tout

' Apollod. Dibl., III, 5, 5 ; 'c 8è èv nsXoTrovvyjaco BiarcXcôv ÈTri^evoÛTat né- >o;rc, xat toutou Tratâa XpxjVŒTvov â^fxaToSjOaptstv SiSctcxwv ipxaùd; àpnû(^iL»

2 Voir aussi les fragments de l*raxilla, femme poète de Sicyone (v« siècle avant Jésus-Glirist), qui a connu la légende; et sur un vase peint d'Apulie qui s'y rapporle, Ovcrbeck, Gallcrie fieroischer Dildwerke deralten Kumt, pag. 4-10.

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