‹ La légende d'Oedipe [microform], étudiée dans l'antiquité, au moyen-âge et dans les temps modernes, en particulier dans le Roman de Thèbes;Chapitre 92 sur 94 · ANUSCRITS ANGLAIS DU ROMAN DE THÈBES. LXXXVII · texte numérisé non relu

ANUSCRITS ANGLAIS DU ROMAN DE THÈBES. LXXXVII

douteux, les deux mots qui riment ensemble étant de même nature. Il nous paraît difficile d'attribuer au même auteur deux textes qui se comportent si différemment sur un point si important.

Là d'ailleurs ne se bornent pas les différences entre P et A. Sans parler d'un certain nombre de passages où P se sépare de A, d'accord avec BCS, en ajoutant ou en retranchant deux vers, ou encore en réduisant à deux quatre vers de A, il en est d'autres, plus importants, où il offre, avec BG ou BCS, soit une rédaction spéciale, soit un certain membre de vers qu'on ne trouve point dans A, soit encore des lacunes ou suppressions de parties plus ou moins admissibles. Comme dans BCS, la description de la grande sa'le du palais d'Adraste est supprimée (20 vers, que BCS résument en 4) ; il en est de même du long récit que fait Duceûs à Adraste de la mort et des funérailles de Parthénopée (v. 13211-669), et des détails que donne A sur le deuil d'Antigone et des chevaliers (réduits à 6 vers dans BCS); seulement P ajoute aux 6 vers qu'il conserve de A, 22 autres vers, où il parle de la fermeté d'Antigone, qui ne meurt pas de chagrin, comme dans A, le neuvième jour, mais seulement après la prise de Thèbes, ainsi qu'Œdipe, Jocaste, les deux filles d'Adraste, et Adraste lui-même. Dans l'épisode de Daire, le jugement est abrégé et de nombreuses coupures ont été faites dans le texte. Il y manque le discours de Créon à Étéocle pour revendiquer le droit des barons déjuger leur pair et la réponse du roi (ces deux discours se trouvent en entier dans BC, et aussi dans S, mais avec quelques modifications), les précautions oratoires du discours d'Alis (5îc BCS), quelques vers du discours de Créon, de la réponse d'Othon et de la réplique de Créon ; 10 vers de la réponse de Créon à Drias, et la plus grande partie de la longue réplique de Drias ; quelques vers du discours d'Alis et de ceux qui suivent jusqu'à la fin de l'épisode ; mais les discours compris dans les vers 11091-11596 de A manquent complètement, comme dans BC, qui, du reste, n'ont que les cinq premiers discours et suppriment les vers 10579-12080 de A, tandis que S est ici isolé et traite d'une façon indépendante la délibération des barons. Il faut noter ensuite la suppression de quelques détails dans la description de l'armée thébaine, qui tombe dans l'embuscade dressée par Hippomédon, et au début du passage qui raconte la mort de Parthénopée. En revanche, le ms. P décrit avec BCS (en se rapprochant de S, qui a 8 vers de plus que BC) la beauté des filles d'Adraste ; comme BC, il donne une seconde description de la tente d'Adraste, développe la querelle d'Athon et d'Othon dans le conseil, et ajoute quelques détails dans la scène entre Parthénopée et Antigone et dans le récit de leur entrée au camp des Grecs ; à

LXXXVIII NOTE ADDITIONNELLE

la fin du poème, il suit et quelquefois amplifie S, qui est diffiérent de BC et plus complet.

Disons maintenant quelques mots de S. Il faut d*abord reconnaître qu'il laisse beaucoup à désirer au point de vue de la langue et de l'orthographe, ce qui n'a rien d'étonnant, puisqu'il est l'œuvre d'un scribe anglais. Mais il laisse apercevoir en plusieurs endroits des leçons meilleures que les leçons de A ou de BC, et peut rendre service pour la reconstitution du texte; à ce titre, il méritait d'être collationné. Le scribe a d'ailleurs la manie des interpolations de détail; on ne peut pas évaluer à moins de 1,000 les vers ainsi insérés dans le poème. Je ne parle pas des passages indépendants de AP qui lui sont communs avec BC, car ici chaque morceau veut être examiné à part. La rencontre de BC avec S dans certaines parties, par exemple dans l'épisode de la vieille à, l'énigme (d'ailleurs considérablement développé dans S)^ ou avec PS, par exemple dans la seconde description de la tente d'Adraste et dans les vers où il est question de la beauté de ses filles, prouve que ces morceaux ne sont pas, comme nous Tavions pensé tout d'abord, l'œuvre du remanieurqui a raconté le Conseil des dieux et la mort de Copa^e^ d'après les données classiques, et qu'il y a eu pour notre 'poème non 'pas un, mais plusieurs remaniements, La parenté incontestable de S avec BC, dont il suit la plupart des leçons dans les passages communs à tous les manuscrits, doit s'entendre non pas du manuscrit d'où dérivent BC, mais de celui que connaissait l'auteur de ce que nous avons appelé d'abord le remaniement^ de celui qu'il a modifié pour ramener le poème à la tradition classique sur la question de la mort de Capanée ; car S, pas plus que AP (qu'il suit ici, malgré quelques lacunes), ne donne le Conseil des dieux et n'introduit à la fin du poème les modifications qui sont la conséquence de cette interpolation. D'ailleurs S, en dehors des interpolations de détail dont nous avons parlé plus haut, en ofi're de plus importantes. Il décrit longuement le combat des géants contre les dieux figuré sur le char d'Amphiaraus, et raconte son arrivée aux enfers, où le héros s'épouvante à la vue des horreurs que l'imagination du trouvère y a accumulées. Au début de l'épisode do Daire, il s'étend avec complaisance sur le plan adopté par le traître pour livrer sa tour, et le fils répète à Polynice les recommandations que son père lui a faites ; puis l'auteur raconte comment ce plan a été exécuté. La délibération des barons est racontée d'une façon tout à fait indépendante en 1,000 vers environ, et Othon est à peu près seul à défendre son ami ; là fin de l'épisode est commune à tous les manuscrits. De plus, S raconte l'élévation de Créon au trône, et tiaito en grande partie

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