‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 12 sur 120 · SUR LA TOMBE DE OADIEUX · texte numérisé non relu

SUR LA TOMBE DE OADIEUX

In endless night, they sleep, unwept, unknown.

Thomas Moore.

Sur un îlot désert de l'Ottawa sauvage, Le voyageur découvre, à deux pas du rivage. Un tertre que la ronce achève de couvrir : Un jour quelqu'un, ici, s'arrêta pour mourir.

L'humble tombe des bois n'a ni grille ni marbre ;

Mais, poète naïf, à l'écorce d'un arbre

Cet étrange mourant confia son secret,

Et dit, sa plainte amère au vent de la forêt.

La légende a doré cette histoire touchante :

L'arbre n'est plus debout ; mais le peuple qui chante,

Bien souvent, au hameau, fredonne en soupirant

La complainte qu'alors chanta Cadieux mourant.

O sinistiv OHawa, combion de sombres drames Dieu ira-t-il i)as éerils dans le i)Ii de tes lames El sur les lianes rugueux de les Apres réeil's ! Dans les ombres du soir, combien de eris plaintifs, Combien de longs sanglots, combien de jdaintes vagues Ke se mèlent-ils pas aux clameurs de tes vagues ? Ali ! c'est que, sons tes Ilots et dans tes sables mous, Bien des corps délaissés dorment dans tes remous !

Oeux-lù n'ont pasnicnuM'u leurs quelques pieds de terre: Leur linceul est l'oubli ; leur tombe est un mystère. Jamais, au fond des bois, le touriste rêvant Ne lira leurs adieux sur le bouleau mouvant ; Et, le soir, au foyer, nulle voix printanière Ne mTdera leurs noms aux chants de la chaumière. Pour eux nuls souvenirs, nul bruit dt^ pas aimés. . . Dans vos tombeaux errants, pauvres perdus, dormfv. !

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