‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 89 sur 120 · A S. A. R. LA MARQUISE DE LORNE · texte numérisé non relu

A S. A. R. LA MARQUISE DE LORNE

Dans ces temps reculés où les rois de la terre Gagnaient sceptre et couronne au milieu des combats, Ils menaient à loisir un peuple de soldats Au bout de leur épée ou de leur cimeterre.

Le progrès a vaincu ces puissants potentats. Aujourd'hui, dans la libre et loyale Angleterre, Le glaive se confie aux mains d'un ministère : La monarchie y règne et ne gouverne pas.

Pourtant, lorsqu'un bon vent vous guida vers nos rives. Nous mîmes à vos pieds bien des prérogatives Dont nous avions été si jaloux jusqu'ici ;

Notre respect vous fit plus grjande qu'une reine ; Car, par les dons du cœur doublement souveraine, Vous régnez, ô princesse ! et gouvernez aussi !

La liberté, c'est l'air, l'espoir et la croissance.

André Lefèvke.

LE "MAYFLOWER"

A Miss Mary Garfield.

Voyez-vous ce vaisseau qui plonge dans la lame ? On lit un nom de fleur à sa poupe sculpté ; C'est le berceau d'un peuple au gré des flots porté : L'Ange de l'avenir le protège et l'acclame.

Ceux qui le montent fuient un sol persécuté, Emportant avec eux les droits sacrés de l'âme ; Et l'on voit, dans les plis de leur noble oriflamme, Flotter au vent du ciel le mot de liberté.

Ils s'en vont au désert — ô sainte confiance ! — Pour y servir leur Dieu suivant leur conscience, Sans s'incliner devant aucun vain oripeau . , .

Et, destins inouis, ces preux au front austère Qui cherchaient pour prier un libre coin de terre. Sur la moitié du monde ont planté leur drapeau.

Tu chanteras tout bas, bien bas Tes doux refrains de femme.

De l'Eclusk.

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