‹ La légende de Croque-MitaineChapitre 25 sur 47 · COMMENT LE ROI MARSILLE EUT UNE VISION · texte numérisé non relu

COMMENT LE ROI MARSILLE EUT UNE VISION

Peu de temps avant ce qui précède, Marsille eut une vision à Saragosse.

Suivez-moi en Espagne, mes enfants, vous n’en serez pas fâché; car je vous jure que, sauf le paradis terrestre, dont je ne puis juger, il n'existe rien de plus merveilleux. Là, croissent à l’état sauvage, le santal, le nard, le safran, l’ébène et le girofle, les fleurs les plus extravagantes et les fruits les plus savoureux. Les ruisseaux fredonnent plus gaiement que partout ailleurs, éclaboussant à plaisir des rives verdoyantes. De tous côtés des arbres au feuillage luxuriant servent de retraite aux oiseaux les plus bavards du monde. L'orchestre se compose de la fauvette, du rossignol, du ganga, de la tourterelle et de mille autres. Dois-je aussi, au risque de vous faire venir l’eau à la bouche, vous nommer quelques-uns des fruits de ce merveilleux pays? Que dites-vous de la figue, du raisin, de la grenade, de l'amande, du limon, de l'ananas, de l’olive, de l'orange? Et les fleurs!... partout des buissons de roses, de lis, de chrysanthèmes; ici le biophthalme, la violette; là le narcisse et l'amome. Les ruisseaux frais, abondants et limpides, promènent leurs eaux sur des cailloux brillants

comme la gemme et la topaze. Des jardins comme en Perse, des minarets comme

à Bagdad, un ciel bleu comme nulle part, des nuits qui font regretter le sommeil; partout la richesse, la beauté, la gaieté, l'abondance : voilà l'Espagne.

Mais tout cela est gâté par la présence des Sarrasins.

Marsille repose. Il est étendu sur des coussins d’une richesse merveilleuse ; la rotonde dans laquelle il est venu chercher un abri est d'ivoire coloré, incrusté d'or. Au centre, une fontaine d’eau vive répand la fraicheur, tandis que, dans des coupes de pierre dure, une poudre composée de muse, d'ambre et de camphre pétris avec de l’eau de rose raflinée, embaume l'air.

Soudain le jour devient blafard. A la fraicheur qui délasse a succédé le froid humide des souterrains; les parfums sont remplacés par une odeur fétide, comme il en sort des tombeaux: les fleurs se fanent; tout ce qui brillait se ternit et un mort vient s'asseoir auprès du roi de Saragosse. À peine a-t-il une forme, c'est un composé de lambeaux et de tronçous, et les riches étoffes qui l'enveloppent le rendent encore plus hideux.

« Père, dit le mort, m'avez-vous donc oublié? »

Marsille ouvre les yeux, pousse un cri, cherche en vain une issue pour

fuir, et tombe inerte, les yeux hagards, les cheveux hériss

le corps baigné de sueur.

« Est-ce ainsi que l’on reçoit un fils après neuf ans de séparation? Ouvrezmoi done vos bras, cher seigneur, Je suis avide de caresses. »

A la vue de Mourad qui s'approche, Marsille, épouvanté, se redresse, veut l’éviter, mais il ne peut faire un pas. Le mort le prend alors dans ses bras, le presse contre sa poitrine, qui craque sous cette étreinte, le couvre de baisers glacés, qui laissent sur le front et les cheveux blancs du roi de Saragosse autant d'empreintes sanglantes.

« Laisse-moi! laisse-moi! crie le vieillard. Que t'ai-je fait? Que me veux-tu?

— Je veux que tu me venges de ce Roland de France.

— Je te vengerai, Mourad; mais laisse-moi, si tu ne veux pas que je meure. »

Et Marsille, réunissant toutes ses forces, se dégage des étreintes de son fils et court à l'extrémité opposée de la salle.

« En vérité, cher seigneur, vous n’avez pas changé; tel je vous ai laissé, il ÿ a neuf ans, tel je vous retrouve. Vous m'avez adressé deux questions tout à l'heure, je vais y répondre. « Que me veux-tu? » m’avez-vous dit. A cela j'ai répondu : « Je veux que ma mort soit vengée; je veux que ce Roland

« maudit et tous ceux qui l’aiment reçoivent un châtiment dont le souvenir ne « s’efface jamais de la mémoire des hommes. » Je m'étonne qu'un père aussi tendre, qu'un monarque aussi juste ait tant tardé à y songer. « Que Vai-je fait? » avez-vous ajouté. Voilà, par Mahomet, une question qui eût bien fait de mourir sur vos lèvres, et puisque votre conscience ne vient pas au secours de votre mémoire, je la remplacerai, Vous ne vous doutez pas, cher seigneur, de tout ce que la mort nous révèle. Ce que l'on doit le plus maudire en elle, ce n’est pas

de vous enlever à ce monde, mais bien de mettre le passé à nu devant vous, de

Marsille voulut nier, mais sa voix mourut dans son gosier desséché. (Page 115.)

faire litière de toutes vos illusions, de toutes vos croyances, et de vous appreudre,

par exemple, que l'on a eu un père tel que vous. »

Le roi Marsille grattait de ses ongles la muraille à laquelle il était adossé, comme s'il eût espéré s'y creuser un refuge.

Mourad reprit :

« Tant que je fus enfant, je n'occupai, pour mon bonheur, aucune place dans votre vie; cependant, le jour où vous me vites revenir vainqueur d’une lionne et de ses lionceaux, vous avez commencé à m'observer. J'ai grandi près de vous, et je crois que si la sultane Hadrama, ma mère, ne m'avait pas embrassé de temps en temps, je serais devenu une bête fauve, et non un homme. Mon nom devint fameux; mes prodiges de bravoure et d'intelligente audace vous valurent plusieurs royaumes: en peu de temps je doublai vos États. Votre jalousie grandissait avec mon renom, et, ne pouvant regarder en face l'éclat de ma gloire, plutôt que de baisser les yeux, vous résolütes de me faire disparaitre. A partir de ce moment je me vis en butte à mille piéges, à mille embüûches dont je ne triomphai que par miracle et dont je ne soupçonnai jamais l'origine. »

Marsille voulut nier, mais sa voix mourut dans son gosier desséché.

« Vos esclaves, un jour, découvrirent un serpent gigantesque, un python formidable et le tuèrent; c'était une femelle. Sa mort eût fait vingt orphelins, si vous n’aviez pas donné l’ordre d’étouffer toute sa famille. Le père seul vous échappa. Une fois en possession de ce trésor de venin, vous vous demandätes ce que vous pouviez bien en faire, et, comme vous n'êtes ni égoïste ni oublieux, — vous voyez que je vous rends pleine justice, — vous ne tardâtes pas à songer à moi. Vos fidèles prirent les vingt petits, les semèrent depuis le nid jusqu'à ma chambre, puis ils cachèrent le corps de la mère sous ma couche. Une fois la nuit venue, le mâle suivit de cadavre en ca- davre le chemin que vous lui aviez si obligeam-

ment fait tracer, et, plein de rage, il arriva

près du lit où je reposais. Je vous épargnerai

Vous lui fites trancher ia tête. (Page 116.)

le récit de ce qui suivit, cela vous fendrait le cœur. Toujours est-il qu'en me voyant paraître le lendemain, vous avez froncé

le sourcil. Vous fûtes même de fort mauvaise humeur quand je déposai à vos

pieds les deux serpents, dont un seul me devait la mort. Il se trouva fort à propos que j'avais battu la veille un de vos esclaves. On décida qu'il avait voulu se venger de moi, et, dans votre empressement à me faire rendre justice, vous lui files trancher la tête avant qu'il eût le temps de vous répondre. »

Marsille tomba à genoux.

« Je ne vous parlerai

que brièvement de ce che-

Je ne vous parlerai que brièvement de ce cheval affolé. val affolé BST breuvage et qui m’emportait vers un gouffre sans fond. Grâce à Allah! je ne perdis pas la tête; j'appliquai à ma monture un tel coup de poing entre les deux oreilles, qu'elle tomba inanimée et me fit rouler à quelques pas du précipice, que vous aviez rêvé de me donner pour tombeau. Le lendemain, quand je me levai, je vis un spectacle étrange : vous aviez, dans votre justice, fait donner le pal à mes gens d’écurie, tous dévoués à ma personne, et vous les aviez remplacés par des créatures à vous. »

Marsille cacha sa figure dans ses mains.

« Enfin, après dix ans de vains efforts, vous résolûtes de m'envoyer à ce tournoi de France où j'ai trouvé la mort. Certes, je pourrais vous en vouloir et vous faire payer cher vos fantaisies passées, mais je vous apporte le pardon et n'exige qu’une seule chose en échange, mais il me la faut et

je l'aurai. »

Marsille releva la tête.

« Angoulaffre, Priamus, Corsablix et toutes les victimes

qui ont partagé mon sort vous parlent par ma bouche. Nous Vous aviez fait donner le‘pal VOoulons la mort de Roland et des pairs de Charlemagne. à mes gens a'écurie. e Jurez de nous venger.

— Je vous le jure, Mourad, balbutia le vieillard. — Donnez-moi votre main. »

Et Mourad s'avança; Marsille poussa un tel cri que ses gardes arrivèrent.

Ils trouvèrent le roi étendu sur le sol, les vêtements en désordre, et balbutiant des nfots sans suite.

« Ne me quittez pas, ne me quittez jamais, disait-il en se trainant aux pieds

de ses soldats. J'ai vu Mourad.…., il demande vengeance..., ses baisers m'ont glacé.., vous ne me quitterez pas, vous me le promettez?... D'abord, si vous

me quittiez, je vous ferais donner la mort. »

On courut chercher les plus savants docteurs, qui constatèrent que sa hautesse avait un transport au cerveau; mais personne n'osa lui annoncer une chose pareille; Marsille ne reçut aucun soin. C’est ce qui le sauva.

Peu à peu le souvenir de cette scène terrible s’effaça dans son esprit, et un mois après il l'avait presque oubliée.

« À mon âge aller en guerre! se disait le roi de Saragosse. Quelle folie! J'ai les plus beaux États du monde; Charlemagne me laisse en repos et j'irais le provoquer! Non vraiment, j'ai fait un mauvais rève et ne tiens pas à me ménager un plus mauvais réveil encore, en allant tirer la moustache au roi des Francs. Dormez au frais, seigneur Mourad, et laissez-moi reposer en paix. »

A partir de ce moment, Marsille ne passa plus un jour sans recevoir la visite de son fils. Il se fit garder à vue, mais vainement.

Alors il chercha comment écarter cette effroyable vision, et une nuit il résolut de l’attendre de pied ferme,

son kandjar à la main.

Mourad vint comme à l’ordinaire et s’approcha de son

père; mais celui-ci, en quatre coups de son arme, fit voler

la tête, les bras et les jambes du mort. Puis il respira

A mon âge aller en guerre!

plus librement. Alors la tête se mit à rire et l’un des bras ramassant l'arme que Marsille avait laissée tomber, la lui tendit :

« Reprenez ce kandjar, cher seigneur, c’est celui que j'ai porté longtemps et que vous m'avez donné lorsque j'étais enfant; l’avez-vous oublié? »

Le roi, plus affolé que jamais, plaça en frémissant les membres de son fils sur un tapis dont il noua les quatre coins. Il descendit dans le jardin toujours courant, traïnant son effroyable fardeau, poursuivi par les éclats de rire de la

tête qui remuait sous sa main. Arrivé au fond du pare, il creusa six fosses pro-

fondes; dans la première il mit la tête, dans la seconde le bras droit, dans la {roisième le bras gauche, dans la quatrième la jambe droite, dans la cinquième la jambe gauche et dans la sixième le tronc. Puis il recouvrit le tout de terre et rentra en courant, sans oser regarder en arrière.

Marsille gagna à cela un mois de répit.

Mais un jour, la sultane lui demanda de l'accompagner au fond du pare; elle y avait vu des fleurs inconnues qui répandaient un parfum si suave qu'on avait peine à les quitter, lorsqu'on s'en était une fois approché. Le roi refusa avec

tant de trouble qu'Hadrama, étonnée ,

redoubla d'insistance; il dut céder. A me-

I descendit dans le jardin toujours courant. (Page 117.)

sure qu'il approchait, son sang se glaçait dans ses veines, ses yeux se couvraient de nuages, ses dents claquaient. Bien qu'il marchât le plus lentement possible, il fallut arriver à l'endroit terrible où reposait son fils.

« Voyez, dit la sultane, comme ce gazon est épais, en avez-vous jamais vu de pareil? »

Et Marsille épouvanté vit que des cheveux avaient poussé et couvraient la terre sur laquelle il posait le pied.

« Et ces fleurs, reprit Hadrama charmée en se baissant pour en cueillir, je n'en ai jamais vu d'aussi belles. »

Et Marsille crut voir autant d'yeux aux regards perçants, qui onvraient et fermaient leurs paupières. La sultane cueillit une des fleurs et la plaça dans ses cheveux.

« Est-il un parfum plus doux que celui qu'elles répandent?.…. »

Et Marsille erut sentir une odeur de tombeau.

« Les oiseaux viennent en masse se poser sur les branches, écoutez leurs concerts. »

Et Marsille erut entendre un éclat de rire souterrain, et il vit alors que chacune des feuilles de ces arbres étranges avait la forme d’une langue; lorsque le

vent les agitait, des voix murmuraient :

« Cher seigneur, vengez-moi! »

Le roi de Saragosse tomba à genoux et se mit en prière; de grosses larmes roulaieut sur sa barbe blanche.

« Semez le crime, disait-il en regardant la terre, et vous recueillerez le remords... »

Le lendemain il réunit ses pairs et leur annonça son intention de venger

Mourad.

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Voyez, dit la sultane, comme ce gazon est épais, (Page 118.)

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LES DEUX ALCAYDS,

Marsille prit la parole en ces termes :

« Qu'Allah vous éclaire et répande sur vous ses lumières, car je vous ai réunis pour vous demander conseil. Écoutez cette courte histoire et dites-moi ce que vous en pensez :

« Un lion plein de force et de jeunesse bâillait à se décrocher la mâchoire.

Il n'avait rien fait depuis la veille et cependant, tout entier à sa paresse, il se

roulait sur le sable, se grillant alternativement l’un et l’autre flanc au soleil. Une fourmi passa près de lui, trainant péniblement un moucheron. La voyant faire tant d'efforts pour un si mince résultat, le lion se mit à rire.

«— Il te sied bien de railler! lui dit la travailleuse sans ralentir sa marche. Je suis faible, mais je fais usage sans réserve du peu que le Seigneur m’a donné de forces, tandis que toi qui pourrais prétendre à tout, tu cherches le repos avant que la fatigue l'ait rendu nécessaire. Cesse de rire, tu n’en as pas le droit; je suis plus forte et plus courageuse que toi. Retiens ceci : « Fourmi qui travaille

fait plus que lion qui dort. »

Mahomet les écoutait, accoudé sur un nuage.

« Et Mahomet, qui les écoutait accoudé sur un nuage, approuva fort les paroles de la fourmi.

« Par le Seigneur de la Kabah ! par le sanctuaire de la Mecque! ne sommesnous pas semblables à ce lion? Nous passons notre vie dans l’oisiveté, dans la mollesse, tandis que le roi des Francs travaille à agrandir ses États; avant-hier en Aquitaine, hier en Lombardie, aujourd’hui en Saxe, demain il sera chez nous. Vous sentez-vous d'humeur à l’attendre, vous les fils de ceux que Moussa conduisit sur les bords du Rhône et de la Saône? Si, gorgés de richesses, vous avez oublié le passé, les gens de Nîmes, d'Arles, de Narbonne, de Bordeaux, de Lyon, de Toulouse et de Chälon s’en souviennent en regardant leurs villes ravagées, leurs abbayes désolées, leurs basiliques détruites. Fils d’Alsamah, d’Abdel-Rahman, d'Ambissa, de Marsoufle, sus aux fils de Charles Martel, d'Eudes et de Pépin! Si ces noms de victoires ne font pas battre vos cœurs, peut-être tressailliront-ils au souvenir de notre désastre de Poitiers. Les osse-

ments de nos pères ont engraissé le sol francais. La moisson qu'on y récolte, c’est le sang des nôtres qui la fait germer; elle est à nous, on nous la vole, allons-la reprendre ! »

L'assemblée accueillit ce discours par des hourras formidables. Les cris, les serments, les menaces, les conseils se croisaient et se confondaient si bien, que Marsille ne savait auquel entendre.

Le roi de Saragosse remarqua cependant deux de ses émirs qui se tenaient à l'écart et demeuraient silencieux. Quand ce- tumulte se fut apaisé, il leur fit signe d'approcher.

« Pourquoi vous isoler ainsi et ne point partager l'enthousiasme général? Répondez, Abiathar; répondez, Ybna-l’Arrabi. Vous êtes d'ordinaire plus empressés lorsqu'il s'agit d’affaires de guerre.

— Seigneur, répondit Abiathar, alcayd de Huesca, je vous vois avec peine tenter une aventure dont vous ne lirerez aucun profit. »

Un murmure menaçant fut la réponse de l'assemblée.

« Grande est la responsabilité que vous prenez, dit à son tour Soleyman

Jaktan-Ybna-l'Arrabi, alcayd de Saragosse; puissiez-vous ne pas vous repentir

d’avoir appelé sur vous la colère du roi des Frances! »

Ces paroles excitèrent un tel mouvement de rage, que plusieurs des pairs de Marsille tirèrent leur sabre du fourreau et en menacèrent les deux émirs.

« En vérité, reprit le roi de Saragosse, je ne vous reconnais pas, et veux attribuer à votre grand âge les lâches paroles que vous venez de prononcer.

— Nous ne manquons ni de courage ni de force, malgré notre âge, dit Abiathar que la colère faisait affreusement pâlir, et nous le prouvons suffisamment, il me semble, en osant parler le langage de la raison devant des fous. »

Plusieurs chefs s’avancèrent l'arme haute.

«Nous ne manquons pas de force non plus, ajouta Ybna-l’Arrabi en prenant .à la gorge un de ses plus violents adversaires et en le jetant à vingt pas; ceux qui en doutent en trouveraient facilement la preuve. »

Marsille descendit de son trône et se plaça entre les combattants.

« Gardez cette ardeur pour une occasion meilleure. Je vous remercie de m'avoir prouvé que j'avais raison de compter sur vous. Quant à toi, Abiathar, quant à toi, Ybna-l’Arrabi, je vous sais gré de votre franchise; mais vous prévoyez les choses de trop loin pour n'avoir pas deviné que je confierai à d’autres

la défense de Huesca et de Saragosse. N'ayant plus aucune charge relevant de

ma couronne, vous pourrez écouter sans remords les conseils dont, je le vois, votre prudence cst prodigue. »

Puis 1l leur fit signe de se retirer. Les deux émirs s’inclinèrent et sortirent.

Un mois après, ils arrivèrent à la cour de France.

Abiathar que la colère faisait affreusement pâlir. (Page 122)

GERS EL RE ra VAL

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