‹ La légende de Croque-MitaineChapitre 8 sur 47 · LES TROIS CAPRICES DE MOURAD · texte numérisé non relu

LES TROIS CAPRICES DE MOURAD

Marsille trouva son fils un matin plus câlin qu’à l'ordinaire; il le prit sur ses genoux et lui dit :

« Qu’a done aujourd'hui mon enfant? Jamais il ne m’embrasse et voilà que, depuis ce matin, j'ai reçu trois fois ses caresses!

— Seigneur, dit Mourad en appuyant sa petite tête sur la poitrine de son père, je voudrais le yatagan qui est à votre ceinture.

— As-tu donc brisé tous les jouets; es-tu fatigué de tes jeux que tu me

demandes un aussi terrible hochet?

— J'ai sept ans, reprit Mourad en se redressant, je ne suis plus un enfant, el puis porter une arme! La vue du sang n’a rien qui m’épouvante:; voyez

plutôt... »

Et prenant vivement le yatagan avant que le roi ait eu le temps de sy opposer, il se fait uné entaille dans le bras. Alors regardant fièrement son père : « Vous voyez que vous pou-

vez me le donner. »

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