Porque si saco la espada Porque si la capa tercio
Un escuadron, todo un tercio Para resistirme es oada. (Ir* journée.) :{. La pièce esl la cinquième «lu i. Il de l'édition publiée en 1744 chea le libraire Hip. Rodriguez.
4. Castil-Blaze donne la date de I72."> sans indiquer de référence.
cependant ni la grandeur religieuse de la dernière partie, ni la grâce délicate des scènes champêtres. Des aventures de cape et d'épée, «les vengeances terribles, des emprisonnements, des duels, des meurtres compliquent et dénaturent une intrigue où s'entrechoquent les intérêts et les passions de multiples personnages. Demoiselles et courtisanes, rufians. étudiants, grands seigneurs, monarque, son père même, il n'est personne que Don Juan n'offense, déshonorant et trahissant les unes, bravant et outrageant les autres, trompant, violant, tuant, accumulant tous les crimes avec une démence furieuse.
Comme le Burlador, il a quitté Naples après avoir abusé d'une jeune tille dont le fiancé, Don Filiberto, le poursuit jusqu'en Castille. 11 doit lui-même épouser la fille du commandeur d'Ulloa, doua Ana, qu'il n'aime pas et qu'il dédaigne pour une autre beauté, doua Beatriz de Fresneda. Mais, à la nouvelle de son escapade, le commandeur, ayant retiré sa parole, le voilà, par un revirement où le dépit et l'orgueil semblent avoir pins de part que l'amour, subitement épris de la femme qu'on lui refuse. Il délaisse brutalement Beatriz et ne songe plus qu'à tirer vengeance du malencontreux Italien qui a fait rompre son mariage. L'ayant rencontré chez son ancienne fiancée, il s'apprête à le frapper, quand l'intervention du commandeur détourne son épée : c'est le vieillard qui est tué, pour avoir voulu sauver non plus l'honneur de sa fille, mais la vie de son hôte.
Les crimes de Don Juan ont ainsi en peu de temps suscité contre lui de redoutables ennemis. Doua Beatriz, qui l'aime encore, remet à Dieu le soin de sa vengeance; mais don Filiberto le provoque en champ clos et, de son côté, dona Ana, dont l'amour n'est cependant pas éteint par la mort de son père, paie pour le tuer le propre frère de doua Beatriz, un rufian peu scrupuleux, don Fuis de Fresneda. Celui-ci a déjà des griefs personnels contre Don Juan qui l'a doublement offensé en déshonorant sa sœur et en le blessant lui-même, au cours d'une algarade avec des étudiants. Aidé d'un vieux serviteur du commandeur d'Ulloa, il tente d'assassiner Don Juan, mais c'est lui qui tombe frappé par l'épée de son ennemi.
La poursuite de don Filiberto n'a pas plus de succès : le tournoi dans lequel il se mesure avec Don Juan est interrompu par l'intervention du roi, avant qu'aucun des deux adversaires ait remporté la victoire.
Les vengeances humaines ayant échoué, c'est le ciel qui, conformément à la tradition, punira le criminel. Ironiquement invitée à dîner par Don Juan, la statue, que la piété de doua Ana a fait élever dans l'église de Saint-François à la mémoire de son père, a accepté l'invitation. En vain, elle cherche une première fois à convertir le pécheur. Celui-ci ne répond à ses exhortations qu'en essayant de violer dona Ana. Cette tentative de viol pourrait bien être un souvenir de Giliberto, dans la mesure où nous pouvons en juger par l'imitation de Villiers, chez qui Don Juan violente une paysanne dans les mêmes circonstances. Ici, il s'adresse à la fille même de sa victime : il est en progrès. Après cet attentat, il ne craint pas de se rendre au dîner du commandeur. Des squelettes vêtus de noir, des plats de serpents, des voix qui chantent dans l'obscurité et font entendre ces paroles menaçantes :
Mortel, prends garde que quoique Le châtiment de Dieu tarde Il n'est pas de terme qui n'arrive, Ni de dette qui ne se paie '.
annoncent l'approche du châtiment. La statue s'apprête en effet à précipiter Don Juan en enfer, quand il a un cri d'effroi et de repentir : « Que Dieu me sauve l'âme, s'il me prend la vie2 ». Et il meurt en emportant l'espoir du pardon.
Ce dénouement modifie assez maladroitement la conclusion du Burlador et détruit la signification religieuse de la légende. La solution théologique que le premier drame donne à la délicate question du repentir et du salut est renversée, si Don Juan est sauvé; et la morale ne gagne rien au pardon d'un homme