I.o liabrâ mandado el doi toi Que se arregle. II' journée
nombreuses toutefois, que vraiment intéressantes. Les Italiens qui ont été les premiers agents de la diffusion de la légende, dans leurs pièces «le La Commedia sostenuta et de la Commedia deirArte, n'ont pas cessé depuis le milieu du xvne siècle de reprendre un sujet qui convenait si bien à la nature de leur théâtre el au goût du public. Mais, comme nous l'avons vu, le draine de Don Juan n'avait réussi chez eux qu'après avoir perdu son sens religieux pour dégénérer en une arlequinade polissonne. Ce fut sous celle forme «pie les auteurs italiens reprirent la légende. Tandis qu'en Espagne, en France, en Angleterre, le sujet conservait ou reprenait sa gravit»' primitive et n'alimentait pas moins la haute comédie que la comédie bouffe, en Italie il ne reparul guère, jusqu'au jour où Goldoni s'en empara, que dans des farces vulgaires qui n'appartiennent plus à la littérature. Les troupes ambulantes de comédiens le promenèrent sous ces oripeaux à travers les villes de la péninsule, sans introduire dans le vieux thème d'autres nouveautés que quelques facéties encore inédites. Le tragique séducteur et la statue surnaturelle allèrent ainsi de tréteaux en tréteaux, à la suite de Polichinelle et d'Arlequin. Les pièces où il figurait ne lurent pas rédigées pour la plupart et ne méritaient pas de l'être. Ce n'étaient que des scenarii, aujourd'hui presque tous perdus, sans qu'il y ait lieu de regretter beaucoup leur perle.
Avaient-ils une source commune et quelle était celle source? A en juger par ceux qui nous sont parvenus, tous, avec plus ou moins de modifications, dérivaient des premières comédies italiennes et plus particulièrement de celle de Cicognini. Dans la suite, quand la pièce espagnole fut plus répandue, quand les pièces françaises lurent connues1, les auteurs italiens subirenl l'influence de ces œuvres nouvelles el leur tirent <\v< emprunts.
Des comédies de celle période une seule présente quelque intérêl . < l'est le Convitato di Pielra d'Andréa Perrucci,de Païenne.
I. En 1696, dans la traduction en i volu - il'-- œuvres de Molière, de
N. di Castelli, se trouve le Festin ''<■ Pierre, de Molière, smi> ce titre : /' Convitato di Pielra. La traduction de la pièce laite sur l'édition de Hollande contient la scène du pauvre.
opéra tragica in prosa, joué pour la première fois en 1678, repris en 1684 et retondu en 1690 par le même auteur sous l'anagramme d'Enric'o Prendarca1. Perrucci, disciple de Gicognini, comme lui imitateur des Espagnols, appartient à cette période de l'art théâtral italien qui, tendant de plus en plus à môler la comédie populaire à la comédie littéraire, se complaît dans les aventures extraordinaires, les intrigues embrouillées, les équivoques prolongées, la pompe et la préciosité du style, la beauté des métaphores et le mordant de la plaisanterie "2.
Le Convitato de Perrucci justifie, par l'abondance du développement, la richesse verbale du dialogue, l'emphase et la recherche du ton, la définition que l'auteur lui-même donne de la comédie contemporaine dans son traité de l'art dramatique. L'invention porte toute sur le choix des détails. Le développement de l'intrigue reste à peu de chose près tel qu'il est chez Gicognini.
La pièce comprend trois éléments distincts : une partie, de beaucoup la plus considérable, imitée du Convitato di Pietra de Cicognini; quelques détails directement tirés du Burlador et plusieurs scènes qui ne se rencontrent dans aucun modèle antérieurement connu. Cette partie, d'ailleurs peu importante, semble originale.
Les personnages ont subi quelques modifications : Passarino s'appelle Coviello; Fighetto et Pantalon sont fondus en un seul personnage : Pollicinella. Brunetta devient Pimpinella; et la pêcheuse, qui reprend son nom espagnol de Tisbea, a une servante du nom de Rosetta. Comme chez Cicognini, la scène se
1. Cf. Allacci, p. 128 de la 2e édlt. de la Drammaturgia. — Perrucci fut aussi un théoricien de sou art. 11 a écrit un traité Dell' arte rappresentqtiva prémédita ed ail' improvviso, Naples, 1699.
Le texte sur lequel j'étudie la pièce est celui de 1706. Il se trouvée Bologne à la 11. U. et perte le titre suivant : // Convitato ili Pietra, opéra tragica ridotta in miglior forma e abbellita </<■/ dottor Enrico Prendarca, dedicato ni molto illustre Signore il Dott. l>. Mario Manzani délia città di Reale, in Napoli, a spese di Tomaso Aiccardo, MDCCVI, con licenza 'le" Superiori.
2. « Le comédie moderne più allettano e gradiscono con le gale moderne.
tenendo sospesi gli animi con le stravaganze degli avvenimenti, vilup] ell'
intreccio, equivoci continuati, metafore bellissime e sali mordaci. (Perrucci„ op. cit., p. 47.)
passe d'abord à Naples, puis à Séville; mais le naufrage, c'està-dire la fin de l'acte II. se passe dans l'île de Majorque.
Perrucci a emprunté à Cicognini sans les modifier dans leur ensemble les aventures de Don Juan à Naples avec la duchesse Isabella; l'arrivée soudaine du roi el la fuite du coupable sauvé grâce à l'intervention «le son oncle, par un mensonge. Toutefois, un dialogue plus abondant, des détails plus nombreux allongent cette première partie de la pièce. Interrogé par son oncle sur les circonstances de l'attentat, Don Juan le raeonte avec prolixité, se montrant plus résolu et moins inquiet des suites de l'aventure qu'il ne l'est chez Cicognini. 11 prend même un ton provocateur : << Voici, s'écrie-t-il en brandissant -on épée, <'f mon Dieu, cl ma loi1. m En même temps, il l'ail de l'esprit, il taille non sans malice : Isabella éplorée se plaignant qu'il lui ail ravi l'honneur : « Le plaisir a été réciproque », lui réponde) -': et à son oncle qui lui reproche l'outrage fait au roi dont il a renversé le (lambeau : « Qu'avait-il besoin d'aller de nuit espionner les actions des autres3? »
Quant au vieillard, il devient sermonneur : il adresse à son neveu un fastidieux discours sur l'honneur; il lui cite l'exemple d'Hercule hésitant entre le vice et la vertu; il lui rappelle le -.nu; illustre qui coule dans ses veines, et, finalement, il l'aide à fuir par un balcon -ans lui faire les adieux puérils qu'il lui adresse clic/ Cicognini. La duchesse Isabella n'est pas moins prolixe : questionnée par Don Pietro, elle lui l'ait un interminable récit de l'aventure de la nuit4.
L'auteur passe ensuite les scènes v et vi de son modèle, scènes qu'il reprendra un peu plus loin, et continuant à suivre hou Juan, il nous le montre à la recherche «le son valet Coviello. Celui-ci se plaint que son maître le fasse courir nuil cl jour et le fatigue comme une mule de médecin, quand Don Juan