Cicognini, se vm: Perrucci, se ix
a. Cicognini, s.-, ix; Perrucci, x.
la pêcheuse redevient précieuse comme dans le Burlador et son monologue sur les douceurs de la liberté, sur le bonheur qu'elle goûte dans sa chaumière, plus chère à son cœur que tous les palais des rois, rappelle le gongorisme el l'érudition de son aînée espagnole. Elle méprise les trésors de Crassus*,la table d'Héliogabale, la magnificence de Cléopâtre, de César et d'Alexandre2. Sa servante Rosetta l'interrompt, et toutes deux se lamentent sur la tempête qui bouleverse la mer quand Don Juan et Coviello apparaissent, trempés, sur la plage. Cette scène rapide est de l'invention de Perrucci. Les naufragés rendent grâces au ciel; Coviello regrette, comme Catalinon, que le ciel n'ait pas mis du vin à la place de l'eau; Don Juan oublie tout pour ne plus voir que la beauté de Tisbea, et un gracieux dialogue s'échange entre le jeune homme et la jeune fille :
« 0 ma beauté, vous êtes peut-être Vénus qui vient à mon
[secours?
- Et vous êtes sans doute le soleil qui sort du sein de Thétis .'
— Que d'amants se changeraient en poissons pour tomber dans
votre filet!
— Que d'amantes se changeraient en ondes pour vous tenir dans
— Je sors de l'eau pour me plonger dans le l'eu. leur sein !
— Je suis venue pêcher, et me voilà prise.
- Les perles empruntent à vos dénis leur blancheur.
— Le corail serait plus beau s'il empruntait son éclat à vos lèvres.
— Maintenant je peux dire qu'amour est pêcheur.
— Maintenant, je reconnais que la déesse d'amour est née de la
— Si vous désirez pêcher, voici mon cœur. [mer.
— Si vous désirez le rivage voici mon sein.
— Diles moi. vous êtes peut-être Doris ou Galathée?
— Faites-moi un aveu : êtes-vous le soleil, ou Orion sortant de
[l'onde '.' "
I. C'esl le nom que <l< e le texte. Peut-être faut-il lire : Crésus.
2 Burlador, I. 10; Cicognini, I, 10; Perrucci, 1, II. Le monologue de Tisbea ■ liez Perrucci esl mêlé de vers.
1. I). .1. — Bel la! Ibrsi voi Venere siete, che mi date soccorso. T. — E voi siete il s^lr forsi, che lasciate il seno <li Teti.
^ L'imitation de son maître. Coviello courtise la servante Rosetta : cette scène nouvelle remplace ici la scène entre le docteur, Brunetta et Pantalon, que nous retrouverons plus loin.
Son désir satisfait, Don Juan abandonne Tisbea, moins brutalement d'ailleurs qu'il ne le fait chez Gicognini, et en mettant sa trahison sur le compte de la destinée '. Les plaintes de la jeune fille trahie reproduisent plus longuement et surtout avec plus d'emphase les lamentations de ses deux aînées italienne et espagnole 2.
A l'acte II, passant d'abord la scène i de Gicognini, entre Don Juan et Ottavio, scène qu'il reprendra dans la suite, Perrucci nous transporte à Séville où le duc nouvellement arrivé se rencontre avec le roi de Castille:i. Le monarque lui demande la cause de son départ de Naples et quand il a écouté le long récit de sa mésaventure, il lui promet son appui. Le commandeur, don Consalvo Olloa, revient sur ces entrefaites de son ambassade et fait au roi une description de Lisbonne aussi emphatique que fantaisiste. Cette partie ne diffère que par la longueur du développement, du texte de Cicognini *.
Don Juan, à son tour, arrive à Séville et se félicite auprès de Coviello de sa bonne fortune qui le conduit dans une ville aussi agréable et où il se promet toutes sortes de plaisirs. Coviello l'invite à se méfier de la patience céleste, qu'il finira par lasser;
D. j. 0 quanti amanti si trasformerebbero in pesei per inciampar al vostro
filo!
X. — 0 quant' anime si trasformerebbero in onde per havervi ne! seno. 0. j. Scampo dall' acque per sommerzermi ne! foco. X. — Vengo per predare e rimango predata. D. J. — Le perle apprendono da' tuoi denti la bianchezza. X. — I coralli saranno più belli, apprendendo più vaghezza da1 vostri labri. D. j. — Hor >i die posso dire ehe Amore sia pescatore. X. — Hor si che confesso die dal mare nacque la Dea d'Amore. , D. j. Se bramate predare, ecco il mio cuore. X. — Se bramate il lido, ecco il mio seno. D. J. — Ditemi, scie forsi Dnri o Galatea? X. Confessatemi, siete il Sole, o Orione dal mar qui sorto?... il, 13).