‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 12 sur 223 · T. Il, p. 90 et sinv · texte numérisé non relu

T. Il, p. 90 et sinv

longtemps, la critique les a admis sans contrôle1. En 1887, Koch, dans un article de la Zeitschrift fur vergleichende Litteraturgeschichte*et, plus récemment, Zeidler dans la même Revue3, reproduisent le récit de Viardot en le complétant par des renseignements sur le personnage de Don Juan. Celui-ci vivait au XIVe siècle, il était fils de l'amiral Alonso Jofre Tenorio et contemporain de Pierre le Cruel. En Espagne, les rares critiques qui se sont occupés de la question n'hésitent pas non plus à déclarer que la légende « a un fondement véritable, que quelque membre de la famille Tenorio dut, à une époque incertaine, s'illustrer par ses excès et par quelque aventure étrange et mystérieuse que le vulgaire considéra comme une merveilleuse intervention du surnaturel i ».

Que valent ces affirmations? Sur quel fondement reposentelles? Le héros du drame espagnol est-il réellement un personnage historique? S'est-il passé un événement qui, transmis de bouche en bouche, et conservé dans les chroniques de Séville, tel le Romancero du Cid, aurait inspiré Tirso de Molina ou un autre poète?

L'observation du défenseur anonyme de Molière est des plus vagues et n'a pas de valeur. Quant à l'histoire racontée par Viardot, l'auteur a négligé d'en indiquer les sources, et sa discrétion est aussi suspecte que regrettable. Les « Cronicas de Sevilla ». qui ont, dit-il, recueilli la légende de Don Juan, sont, en réalité, muettes sur ce point. Nulle part on n'y trouve rapporté l'événement d'où serait sortie la pièce 5. Chose curieuse en vérité! Une aventure aussi rare n'aurait vraisemblablement pas été omise par les chroniqueurs si elle s'était réellement passée; les romanceros nous en ont transmis de moins dramatiques. En

1. Conf. aussi Arvède Barine, Revue politique et littéraire, 15 octobre 1881 : Les origines de lion Juan.

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