‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 122 sur 223 · Celle édition reproduit le texte de celle de · texte numérisé non relu

Celle édition reproduit le texte de celle de

2. Moncrieff s"esi-ii souvenu de la facétie d'Arlequin dans le scénario? • S'il descendait aux enfers, il séduirait Proserpine! •

Greens! Greens! » Légumes verts; Légumes verts!) Ses rides .'I sod teinl jaune épouvantent son ex-ravisseur qui songe à de plus fraîches amours. Ayant justement rencontré dans une mascarade au Leicester-square la pupille d'un magistrat, la jeune Constantia, fiancée à un M. Finnikin qu'elle déteste, il l'enlève, avec son consentement; mais les deux fugitifs son! arrêtés et séparés.

Don Juan doit rendre raison à M. Finnikin avec qui il a un duel bouffon. L'honneur satisfait, notre héros toujours volage courtise la femme même du tuteur de Constantia* Cette sage personne, très dévouée à sa pupille, imagine un stratagème qui doit réformer le libertin et lui inspirer pour la jeune fille un amour fidèle : elle se laisse surprendre par son mari en conversation galante avec Don Juan, el l'époux outragé, se prêtant à la ruse, poursuit pour adultère le coupable à qui il réclame dix mille livres de dommages et intérêts. Leporello lui-même, désireux de corriger son maître, se met du complot. Habillé en avocat ainsi que Constantia, il s'entend avec celle-ci pour extorquer à Don Juan ses économies el lui annonce ensuite qu'en dépit de l'habileté de ses défenseurs il a été condamné à payer les dix mille livres. Comme il est insolvable, le pauvre héros doit l'aire trois mois de prison, après quoi il jure de se dédommager largement île ses longs jours de tempérance. Mais Leporello veille, et un soir que Don Juan passe à Charing-cross devant la statue équestre du roi Charles, il enfourche le cheval et menace le libertin de le renvoyer en enfer. Don Juan, qui a cru reconnaître le Commandeur, promet de s'amender et épouse finalement Constantia.

En dehors de ces pièces héroï-comiques, le succès de la légende du Burlador auprès du publie anglais eut une répercussion assez curieuse ' : un héros anglais aussi fameux sur

I. || est l'on '!<• noter que, dès iTli, le Festin <!<• Pierre, de Molière^ avait été i induit a Londres par John Ozell, puis de nouveau a Berwick en ITTU.

LE DONJIIAX ANGLAIS. 35g

les théâtres forains que le sont Polichinelle en Italie et Guignol en France, Punch, s'est lui-même transformé au contact de Don Juan. Dans le drame de Punch and Judij, publié en 1828 par Pagne-Collier, sous le titre de The Iragical comedy of Punch andJudy, Punch est devenu une sorte de Don Juan populaire. Il ne se contente plus, suivant ses anciennes habitudes, de s'enivrer et de rosser les gens, il tourne au libertinage. La seule Judy ne lui suffit plus, et il se déclare capable de tenir tête à vingt-deux femmes. Ce dévergondage n'étant pas du goût de son épouse légitime, il lui fend le crâne, bat ses parents qui ont l'imprudence de la défendre, et quitte le domicile conjugal pour courir les aventures. Toutes les femmes, sauf trois, cèdent à ses désirs. Il en séduit dans tous les pays, dans le Nord et dans le Midi. Ses exploits galants s'accompagnent comme ceux de Don Juan de sanglantes équipées. Il occit les frères, les pères et les maris de ses victimes jusqu'au jour où, arrêté et sur le point d'être exécuté, il séduit la maîtresse même du bourreau, pend ce dernier et tue à coups de bâton le diable qui veut s'emparer de lui '.

Je ne cite que pour curiosité la pièce de Congreve, Love for love Amour pour amour], (1695), qui contient (acte I, se. y) une imitation directe de la scène de M. Dimanche : Un jeune dissipé, Valentin, reçoit une sorte de courtier d'affaires plus ou moins louche, M. Trapland, à qui il doit de l'argent. L'accueil qu'il lui fait, ses amabilités empressées, le flot de paroles sous lesquelles il l'empêche de placer un mot, tout cela rappelle la comédie jouée par

I»'"1 •l|i'"i à son créancier. .Mais, chez l'Anglais, la scène esl grossière : Valentin

oblige M. Trapland à avaler rouge-bord sur rouge-bord, et le plaisante grossièrement sur ses amours avec une veuve.

I. Pour ce Don Juan populaire, c\\ M agnin, Histoire <lrs Marionnettes, p. H\\ >•{ suiv., et le texte même de Pagne-Collier.

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