Engel, ibid., t. XII, Préface, p
i. Cf. Zeidler, Die [hnen Don Juan, dan- le Wiener Zeitung, 1886, n° 135.
Mais si, comme nous venons de le voir, les traduction-- el imitations françaises ont contribué à répandre en Allemagne la légende, il n'est pas douteux qu'elle y a pénétré aussi par l'Italie. Le Tyro'l et la Basse-Autriche ont, dès les premières années du xvm" siècle, donné le jour à toute une floraison de pièces de source italienne que des troupes ambulantes ont ensuite transportées dans l'Allemagne du Nord; mais actuellement encore c'est dans les États du Sud qu'elles continuent à être représentées avec le plus de succès. Cette introduction de la légende par l'Italie n'est d'ailleurs qu'un des nombreux cas des rapports déjà anciens entre les littératures allemande et italienne. Les nouvellistes italiens ont de bonne heure fourni des sujets au théâtre allemand, et, au xvnc siècle, les pièces de la Commedia deWArte avaient en Allemagne un tel succès qu'à la cour de Charles-Théodore, électeur palatin, les seigneurs euxmêmes figuraient dans des arlequinades où ils tenaient les rôles de Pierrot, de Briguelle et d'Arlequin1. En 1066, lors du mariage de Léopold d'Autriche, on ne joua à Vienne que des comédies italiennes, à l'exception d'une seule qui était espagnole 2. D'autre part, la découverte assez récente3 d'une pièce jouée en 1673 dans l'Engadine nous montre la marche que la légende a suivie, partant d'Italie et arrivant dans le Tyrol en quelque sorte par une voie géographique.
A Zuotz, la ville la plus importante alors de la Haute-Engadine, des jeunes gens appartenant aux meilleures familles du pays donnaient toutes les années au moment du carnaval des représentations de pièces moitié comiques, moitié morales, composées d'après des souvenirs et ne visant guère à l'origina-
\. Cf. 1rs intéressants détails donnés à ce sujet par J.-J. Olivier, les Comédiens français dans les cours d' illemagne, I. I, p. 48.
2. Cf. Zeifschrift far Rom. phil., 1880, t. IV, von Flugi (JLatÙMsene dramen un XVII Jahrh.) citanl le l)r Marais Landau, Die itatien.ische Lileratur am osterreichischen Hofe, p. '1.
lité. Une de ces œuvres dont le manuscrit détérioré a été
retrouve- et en partie publié dans la Zeitschrift fur romanische Philologie, par M. A. von Flugi*, est une imitation manifeste de la pièce de Cicognini.
Klle porte le titre suivant, accompagné d'indications sur la dale de la représentation et le nom de l'auteur: Tragicomedia hagida in Zuniz anno 1673 die 23 et 24 Febru. Componigda dal molto ///'"" signur cap0 Fadrick Viezel. Jnua vain represchantô l'Amur et Moardt,desparattiun dalg cunt Othavoe quel/a cun ottras chiossas da spass et biffunarias traunter sint 2.
Les principaux personnages de ce drame sont: Dondoardo, nom bizarre et peut-être corrompu, qu'il faut lire, sans doute, don Odoardo et qui correspond à don Juan ; Isabella, la même que chez Tirso et Cicognini ; le comte Othavo, le don Octavio de Tirso et de Cicognini ; don Alfonso, père d' Isabella ; Trafoldin, valet de Dondoardo ; Tristant, valet du comte Othavo ; Laura, suivante d'Isabella; un docteur, le dottore de Cicognini : un chef de justice et un personnage nouveau, don Claudio paré du titre de majordomo, ami d'Othavo. Les autres personnages de Tirso et de Cicognini ont disparu.
Isabella, après avoir avoué à sa suivante sa passion pour Othavo, reçoit celui-ci dans sa chambre tandis que des musiciens lui donnent une sérénade. Dondoardo, qui a aperçu la jeune tille, s'éprend d'elle subitement, et grâce au manteau et au chapeau d'Othavo dont il a pu s'emparer, pénètre dans son appartement. Reconnu par Isabella, il s'enfuit et tue don Alfonso qui lui barre Je passage. Il accuse ensuite du meurtre le comte Othavo. Celuici le provoque à un duel où il est vaincu. Isabella survenant et trouvant son amant étendu sur le sol se saisit de son épée et s'en transperce. A ces différentes morts dont il est l'auteur, Dondoardo ajoute encore celle de Claudio, ami d'Othavo, chargé