‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 131 sur 223 · Donn Joanx. — Donn Pietro · texte numérisé non relu

Donn Joanx. — Donn Pietro

Bedienter. — Donn Pietro.

D. J. — Mein lier der Donn Joann.

B. — .Mein Her der Donn Sehonn.

D. J. — Der die Ehre gehabl bat, dîeh zu ermorden. B. — So ist dos .1 ehr wen ma ain umb Bringt. I). J. — Schweyg kannàlj, und marin' fort. B. — Schweig k.inalj und mâche fort.

D. J. — Was sagst du Hund.

B. — Was sagl du Hund.

I). J. — Bestie, so du mir nicht nacb spriclisi, su stidi ich ilir den Degen durch den Leib... (Acte 111. se. t.)

nous aurons bientôt l'occasion de montrer dans un Puppenspiel un antre trait recueilli aussi par Le Tellier.

Dans la pièce jouée par les Schi/fsleute von Laufen, le rôle du valet et l'élément comique tiennent la même place que dans les autres Hauptactionen. Don Juan n'est plus guère qu'un monomane du crime, une machine à tuer, qui assassine môme une cabaretière dont la note fantastique l'a exaspéré. Son laquais, personnage anonyme, occupe sans cesse la scène de ses plaisanteries. Elles sont du reste fort plates et d'un goût douteux. Lui-même est un rustre, niais, hébété, qui ne comprend jamais ce que fait ni ce que dit son maître, et n'a guère conservé de ses prédécesseurs que la pleutrerie et la gourmandise. Il prend l'ermite qu'il rencontre dans la forêt pour un ours, et se livre à son sujet à toute une série de calembours : « Qui êtesvous, lui demande-t-il"? — Un Waldbruder (un frère de la forêt). — C'est un Waldluder (une charogne de la forêt), répète-t-il.

- Je me nourris, dit l'ermite, de Rausche wùrgel und Krauter

de racines chevelues et d'herbes). — Il se nourrit, répèle Hans Wurst, de Sc]hisI>t und Schneider de cordonniers et de tailleurs) '. » Et la plaisanterie continue, lourde et monotone. Devant le corps de don Philippe, traîtreusement assassiné par son maître : « Quel excellent boucher vous auriez fait! » s'écrie-t-il -. Ses facéties n'épargnent même pas l'esprit de don Pietro. Comme celui-ci lance des éclairs : « Il a le feu au corps 3 », fait-il observer, en homme qui ne prend même plus au sérieux les miracles dont il est témoin.

Avec cette œuvre sans originalité, bouffonnerie pesante à l'adresse d'un public vulgaire, la légende évolue vers les spectacles puérils que les Ihéàtres de marionnettes ont donnés dès la (in du xvme siècle cl pendant tout le cours du xixe. Don Juan a subi le

même sort que Faust, avec lequel l'imagination populaire aime à le confondre et que de graves écrivains lui associeront dans la pour-

suited'un idéal analogue, après de semblables désenchantements.

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