Graf. — Wer ist denn drauszen
Kasperl. — Der nit drin is.
G. — ... Wem gehôrst du zu?
K. — ... Mein Vater.
G. — Wer ist sein Vater?
K. — A Mannsbild.
G. — ... wie heiszt denn sein Vater?
K. — ... grad su wie i.
G. — ... Wie heist hernaeh demi du?
lv. — Grad so wie mein Vater. (Acte I.)
3. Notamment les représentations de l'acteur Schviegerling (mort en 1891) qui jouait un Don ■/""« oderder steinerne Gasl : — celles de la troupe de Wiepking dans l'Allemagne du Nord et le llolstein: — celles plus récentes encore ri toul à l'ait contemporaines d'un Don Juan oder du- geladene Gast mu Mitternachi {Don Juan ou l'Hôte de minuit).
Cf. encore dans VEuphorion, 1001). l. VU, |>. 139 el suiv. : Beitrage :ur Kenntniss des Puppentkeaters,les listes de représentations suivantes :
En iss.'i, au théâtre de Rudolpb Storch, un Don Juan oder dos Todtengastmahl ain Friedhofe.
Don Juan de Mozart, rameau plus récent el moins fécond que le précédent. Nous aurons l'occasion de l'étudier postérieurement.
En 1886-87, chez Albin K.. un l><>n Juan.
En 1886-89* chez Karoline Kirsch, un Don Juan oder derTodals Gast (Don Juan ou le Morl invité).
En 1898, chez la même, un Don Juan oder das Todiengastmahl arn Friedhof (Don Juan ou le Festin des morts au cimetière).
En 1898, chez Franz Leipert, un Don Juan.
En 1898, chez Emma Griittner, un Don Juan oder der Sohn der Hôlle (Don Juan ou le Fils de l'Enfer).
Cf. aussi les représentations signalées par Engel (t. III, Préface, p. 21), en 1874, à Dresde, dans la baraque foraine de la veuve Map-nus : Die Tiiickkehr von Barcellona oder das Todtengastmahl (Le retour de Barcelone ou le Festin des morts), grande pièce chevaleresque en 1 actes, suivie d'une danse espagnole. Les personnages sont les mêmes que dans les pièces antérieures : Don Pedro, Don Juan. Don Philippo, Donna Amaryllis, Don Alvaro, un ermite: le valet s'appelle Franz.
La légende de Don Juan ne produit en Hollande que des imitations de Dorimon, de Villiers et de Molière. — Le Don .lait of de Gestrafte I rygeest, de Van Maater. Une imitation du Don Juan de Molière. — La pièce d'Adriaan Peys : De Maeltyt Van Don Pederos Geest of de Gestrafte Vrygeest. — Le De Gestrafte Vrygeest, de F. Seegers. — Le Don Potirons Geest of de Gestrafte Baldaadigheid, de Fr. Ryk. — Le De Gestrafte Vrygeest, de Ryndorp.
Tandis qu'elle évoluait ainsi dans les littératures septentrionales où elle était importée à la fois de France et d'Italie, la légende de don Juan ne pouvait manquer de passer par les Pays- Bas. On sait la part importante de ce pays dans la publication des œuvres de Molière. En ce qui concerne plus particulièrement le Festin de Pierre, l'édition la plus précieuse et la plus complète est celle d'Amsterdam de 1083. Plus tard l'éditeur George de Backer, de Bruxelles, réimprimait la pièce avec des variantes. Dans le cours du xvin0 siècle, elle fut publiée dans les nombreuses collections des œuvres complètes qui parurent à la Haye, à Amsterdam et ailleurs encore. D'autre part, le Festin de Pierre de Villiers était pour la première fois imprimé à Amsterdam par les Elzévir en 1660, et le Festin de Pierre de Dorimon, par une supercherie maladroite, était publié en ll>7'< par les Elzévir à Amsterdam sous le nom de Molière, publication qui était reprise eu 1679 par Daniel Elzévir el en L683 par Henry Wetstein avec la même fausse attribution.
Ainsi les principaux Don 'lutin qui avaient paru sur la -cène
française étaient connus et édités en Hollande où ils ne pouvaient manquer de susciter des traductions et des imitations, sinon des œuvres vraiment originales. C'est ce qui eut lieu à la fin du XVIIe siècle et au commencement du xvme. Les écrivains hollandais s'approprièrent les pièces françaises qu'ils avaient publiées, en les accommodant plus ou moins aux mœurs de leurs contemporains. L'invention fut de leur part assez pauvre, presque nulle ; elle se borna à résumer d'un coté, à développer de l'autre, à fondre ensemble des éléments d'origines diverses, à ajouter quelques traits locaux, à charger et à caricaturer encore les rôles de Don Juan et de son valet. Ces imitations furent toutes en vers et elles se copièrent plus ou moins l'une l'autre.
On peut les rattachera deux sources différentes : les unes sont directement inspirées de Molière; les autres de Dorimon et de Villiers. Il en est aussi qui, puisant aux deux sources à la fois, intercalent dans le Festin de Pierre de Dorimon et de Villiers, un certain nombre de scènes empruntées au Festin de Pierre de Molière1.
A la première catégorie appartient le Don Jan of de Gestrafte Vnjgeest (Don Juan ou le Libertin puni) de Von Maater, publié en 1719 à Haarlem. L'auteur, dans son imitation en vers, a suivi d'assez près, mais non littéralement, le texte de Molière. Il a reproduit exactement l'ordre des scènes en ayant soin d'abréger .cilains passages qui lui ont paru de nature à froisser les susceptibilités de ses lecteurs. Il déclare lui-même dans sa préface qu'il a atténué le caractère du libertin, et qu'il a pris avec le texte de son modèle une «liberté poétique » (poetische Vryheid).
Les abréviations portent sur les deux tirades de Don Juan sur l'inconstance et sur l'hypocrisie. Voici ce que devient la première sous la plume de limitateur : « Quoi, vous voulez donc que le premier objet venu nous attache et nous tienne enchaîné éter-
I. Il est prudent, à ce propos, de se méfier des indications généralement erronées et incomplètes données par Lacroix dans sa Bibliographie Voliéresque éditioD de 1875, p. 162).
Ces pièces ont été étudiées par Worp : Vederlandsche Don Juan Dramas, dans ia Twdm Letteren, 1898, t. VIII, p. 409-413.
nellement! Je vous avoue que je trouve cette prétention étrange. Non, je ne me lierai jamais aussi étroitement à une seule femme ; je la rejetterai lorsqu'une autre s'offrira à moi. La constance dans l'amour ni le lien solide du mariage ne sont jamais entrés dans ma pensée. Oui, je veux aimer et voler de l'une à l'autre. Je tâche de tromper par toutes les ruses celle qui me charme. La passion que la nature a mise en nous, quand elle est trop contenue par le mariage, étouffe et s'affaiblit. C'est pour cela que je caresse aujourd'hui l'une, demain l'autre. Mon ambition égale celle d'Alexandre : la sienne allait à la guerre, la mienne va à l'amour1. » Quant à la tirade sur l'hypocrisie, Van Maater la résume prudemment en ces quelques mots : « Tout le monde est rempli d'hommes de ce genre, il en est même bondé. L'hypocrisie est aujourd'hui un vice à la mode; la mode est une vertu, si scandaleuse qu'elle soit2. » Le reste de la traduction, même dans les scènes de paysans, est suffisamment fidèle. L'auteur a substitué au nom trop français de M. Dimanche, celui de Gœdhals, tandis que Sganarelle s'appelle Krispyn.
Les autres pièces sont des imitations plus ou moins fidèles de Dorimon et de Villiers. Ces pièces furent nombreuses. Dans sa préface Von Maater en signale plusieurs comme ne rappelant que de fort loin Molière, « tandis que le personnage de Don Juan y choque toutes les convenances ». La plus ancienne est celle
Don Jan.
Wal : vilt gy <lan dat ons liet eerste voorwerp bind' En eeuwig houd' geboeid : 'k beken Krispyn i le vim1 Dal vreemd : noen ! 'k zal mv nooit zo vast aan een verknochten Dat, als ik van een tweede ommin vorde aangevochten, Ik die verwerpen zou ; standvastheid in de min Ofechten Huwlyksband quam nooit in mynen zin. Ja 'k wil beminnen, en van do een na do andre vliegen 'k Zock die mv bekoort arglistig te bedriegen. Dedrift, die ons Natuur heeft ingestort, te naauw Bestootcn door don Echt verdooft en wordt heel flaanw, En daarom streel ik nu eens de cn\r en morgen de ander, Myn Eerzucht sirckt zo vor als dio van Alexander, De zyne toi den Kryg, de myne tôt do Min Dioon verwinl myn lien, Kupido mynen zin. (Acte I. se. u, p 6 ■
Don Jan.
En waarom niet Krispyn? daar heel do Waereldbol Met zulke Mensclien is vervuld, ja zelt's propvol Schynheiligheid is tans een ondeugd oaar de Mode, De Mode is zelf een Deugd, hoo schandelyk. Acte V, Se. 11, p. 76.)
39s LA LÉGENDE DE DON JUAN.
d'Adriaan Peys, publiée en 1699 à Amsterdam sous le titre suivant: De Maeltyt von don Pederos Geest of de Gestrafte Vrygeest, truerspel(he Repas du spectre de don Pedro ou le Libertin puni, tragédie .
Adriaan Peys s'inspire visiblement et presque uniquement soit de Dorimon, soit de Villiers, mais il ne les traduit pas. Tout d'abord, il supprime une grande partie de la pièce de ses modèles: les aventures de Don Juan avec don Philippe et Amaryllis et le rôle du pèlerin. Son texte est donc un abrégé des textes français. Les aventures du héros se bornent à l'outrage fait à son père, à la tentative d'enlèvement d'Amarylle et au meurtre de don Pedro, au naufrage, aux scènes de paysans, à la rencontre avec la statue et aux deux repas. Encore, dans ces parties, l'imitateur s'inspire-t-il seulement de ses modèles en les modifiant assez souvent dans le détail.
Il change d'abord les noms de plusieurs personnages : le père de Don Juan s'appelle don Ferdinand. Les paysans et paysannes Teeuws, Damon1, Mansette-, Silvia3. S'il supprime les froides scènes d'amour entre Amarylle et don Philippe, il développe davantage les détails de l'attentat commis par Don Juan sur la jeune fille: les cris, les supplications, la résistance désespérée d'Amarylle, les menaces et les brutalités du ravisseur mettent presque sous les yeux du spectateur une scène de viol dans toute sa crudité. De même, si la poursuite comique des archers, le changement d'habits avec le pèlerin, les fades conversations des bergères disparaissent, les scènes entre le fiancé et la fiancée et l'enlèvement de la jeune paysanne prennent plus d'importance.
Le libertin, Don Juan, est plutôt un fils insolent et un vicieux endurci dans le mal qu'un débauché. C'est la chargé grossière d'un modèle qui n'exagérait que trop lui-même les traits empruntés aux types antérieurs! Il ne se contente plus d'outrager son père et de le frapper au visage, il le traite de vieux fripon, le
t. Ce nom se trouve indiqué au vers 1180 'lu texte 'le Villiers comme étant relui (le ramant de la bergère Belinde. 2. l'.Vsi la Macette 'le Villiers.
:;. C'est le nom de la mariée 'lie/ Villiers.
menace de fouler aux pieds ses cheveux blancs, de le couper en morceaux et de le traverser de son épée. Au lieu d'écarter simplement le paysan qui cherche à défendre sa femme, il le tue. A la statue qui l'adjure de songer à son salut et de regretter ses crimes, il répond insolemment qu'il est fier d'enseigner à la jeu* nesse, par son exemple, tout ce que l'homme est capable de faire contre ses semblables et contre Dieu : le viol, l'inceste, le vol, l'incendie, l'assassinat. C'est par là qu'il compte assurer l'immortalité de son nom. Ce goujat répugnant, sans noblesse, ni distinction, a de singulières inconséquences. Alors que chez Villiers, les dangers qu'il a courus dans la mer lui inspirent un repentir naturel de ses fautes et un désir de se convertir qui s'évanouit plaisamment à la vue du premier cotillon, dans la pièce de Peys c'est avant le naufrage, après la tentative sur Amarylle et le meurtre de don Pedro, que Don Juan, pris soudain de violents remords, paraît pénétré de sentiments édifiants, non point passagers, mais qui persistent pendant plusieurs scènes.
Son valet Flippyn est aussi la caricature du Philippin de Villiers. Ses plaisanteries sont plus lourdes, son appétit plus glouton. Il ne veut pas suivre Don Juan sur la mer pour ne pas laisser son père, sa mère, sa sœur, ses tantes, son petit chien et ses amis. Comme Passarino, regrettant le macaroni napolitain, il adresse des adieux émus au tabac et à la bière de Hollande. C'est en ces termes qu'il invite la statue : « Petit spectre, ne te fâche pas : Don Juan, mon maître, qui n'a pas mangé depuis deux jours, pas plus que son fidèle serviteur, t'invite, spectre plein d'esprit, à venir dîner avec lui ' ». Et sans attendre l'arrivée du mort, il prend un acompte sur le repas. Les leçons de son maître l'ont profondément corrompu. Il n'a ni la moralité, ni la sagesse do Sganarelle. Il fouille, pour le voler, le cadavre du berger Damon, et ne trouvant rien sur lui, il le raille de s'en aller sans argent dans le royaume dos morts.
I. o Geesje word aiel quaet, nouw ik jou kom genaecken. Lief Geesje Broer Don Jan, myn Meester viens gel Die in een dag of twee, aiel veel g-egeten heeft.
Als ook syn trouwc KiicL't. .lie .loei a lieden weeten,
O Gecstolyck Geest, datgij by hem kooml eeten. (Fin de I > s 11. p. 16.
Celte œuvre, sèche, sans mesure dans l'expression des sentiments et dans la peinture des caractères, a inspiré plusieurs imitateurs : Seegers, Ryndorp, Ryk, qui se sont en même temps directement adressés à Villiers, à Dorimon, à Molière et se sont plus ou moins copiés les uns les autres.
La pièce de F. Seegers intitulée : De Gesirafte Vrygeesl, truer spel Le Libertin puni, tragédie), a été publiée en 1720 à Amsterdam. Les personnages sont empruntés les uns à Villiers, les autres à Molière. Le père de Don Juan conserve le nom de don Ferdinand que lui a donné Peys. Le valet s'appelle Crispyn, tandis que Flippyn tient le rôle de M. Dimanche. La fille de don Pedro s'appelle Léonor comme chez Rosimond et son amant change son nom de don Philippe contre celui de don Alfonsus. Elvire, Pierrot, Charlotte, le Pèlerin et les archers réapparaissent sans modification importante. L'auteur commence par une conversation imitée, mais non traduite de Villiers, entre le père et le valet de Don Juan sur les méfaits de ce dernier '. Don Juan survenant, don Ferdinand lui adresse des reproches plus véhéments et surtout plus longs que ceux de son modèle français. La réponse du libertin, sa profession de foi d'indépendance reproduisent aussi en les développant les scènes correspondantes de Dorimon et de Villiers2. L'auteur emprunte ensuite à Molière le mot impie de Don Juan importuné par les menaces de son père : « Eh, mourez le plus tôt que vous le pourrez3 », et reproduit, en l'abrégeant, la fameuse théorie sur l'amour. Après quoi, il revient au texte de Dorimon et de Villiers dont il imite, et parfois même traduit les scènes du début entre Amarylle et don Philippe 4. Don Juan, qui les écoute, laisse éclater sa jalousie et se promet d'interrompre leur félicité en pénétrant de nuit chez la jeune fille.
La violence faite à Léonor, la mort de don Pedro que don