Avril
2. Cf. pour ces poèmes : Th. Moore, Letters and Journals of Lord Byron with notices of his life, is:n, t. I, p. 503 el suiv.
Could I remount the river i fmy years To tlio lirst fouDtain of our smiles and tcars... et les stances à sa sœur :
My sister! my sweel sister! if a namo Dearer and purer were, il should be tliine.
après son départ d'Angleterre, Byron arrivait à Milan, et, après un ci nul passage à Vérone, s'installait à Venise. La vie qu'il mena pendant plusieurs années dans cette ville de plaisirs, l'influence <ln climat, des habitants, des mœurs, devaient agir profondément sur sa conduite et sur ses écrits. Au sortir de l'Angleterre gourmée, impitoyable aux scandales bruyants, engoncée dans une vertu revêche, Byron, victime du « cant » et de la « respectability », entrait dans un monde aux mœurs relâchées et aussi complaisant pour les péchés de l'amour que la pudibonderie anglaise affectait d'en être effarouchée. L'immoralité vénitienne était telle que le poète lui-même en fut dans les premiers moments étonné : filles précoces; femmes aux nombreux amants; maris indulgents ou complices; public s'amusant des intrigues cl les encourageant; l'amour étalé dans les salons, les salles de bal, les théâtres, enveloppé du mystère des nuits passées en gondoles sur les canaux, ou parfois ensanglanté du poignard jaloux d'un amant trahi; partout flottait une atmosphère de volupté et de vice. Les ardeurs d'un soleil plus chaud, les souvenirs d'un passé de drames mystérieux, de splendeur artistique, de vie ardente, tout rendait la corruption à la fois plus violente et plus irrésistible. Sorti de la géhenne où l'avait emprisonné la sévérité de ses compatriotes, Byron s'épanouissait dans ce milieu de liberté où tout incitait au débordement des sens, où les plaisirs sollicitaient d'eux-mêmes un homme jeune, beau et illustre. Le poète délivré dune épouse austère et jalouse, affranchi d'une société où la fidélité conjugale passait pour un dogme, fréquenta des femmes réputées vertueuses quand elles n'avaient qu'un amant, simplement légères (wild) quand elles en prenaient deux, trois, ou même davantage1.
|| résista d'autant moins à la contagion que son tempérament le portait à aimer, que dès son enfance son cœur cherchait l'amour avec une violence passionnée que le mariage était loin d'avoir apaisée. Aussi, à peine était-il installé à Venise que, cédant à ses instincts («I au besoin de s'étourdir, d'oublier ses