Cf. lettre du 7 février 1820 au même; datée de Ravenne
G. Le premier comprend 222 strophes el le deuxième 216. Le poète lesjugeail trop longs aussi (cf. lettre du 21 février 1820 à Murray). 7. Cf. lettre du 13 juillet 1820 à Moore.
Mais, au milieu de l'effervescence générale, il ne travaillait pas moins : il continuait Sardanapale, Caïn, écrivait Francesca de Rimini, une tragédie sur Tibère, sans abandonner Don Juan. Dans son journal du 27 février 18-21, il signale qu'il a composé le matin au lit une stance du cinquième chant qu'il était en train de terminer1. 11 semblait même avoir à ce moment l'intention de pousser assez loin son œuvre dont le plan se précisait dans son esprit, mais l'échec de la Révolution italienne, l'exil dont turent frappés le père 2 et le frère de la comtesse Guiccioli, les dangers que Byron courut à ce moment, interrompirent de nouveau le poème qui faillit, celte fois, demeurer définitivement en suspens. La comtesse Guiccioli avait lu les premiers chants parus dans une traduction française; malgré sa liaison passablement scandaleuse avec le poète elle ne fut pas insensible à l'immoralité de ses vers : elle demanda et obtint que l'œuvre fût abandonnée. Le 6 juillet, Byron écrivait à Murray que, cédant aux désirs de la comtesse, il ne continuerait pas Don Juan.
Le poème semblait donc terminé avant d'être achevé. Mais le sujet tenait trop à cœur à l'auteur; il y mettait trop de lui-même pour que cet abandon lût sincère. C'étaient ses amours et ses haines, toutes ses rancunes et toutes ses aspirations, qu'il exprimait dans ces vers, et on lui demandait de les renier! G'étail l'œuvre capitale de sa pensée à laquelle il lui fallait renoncer!
La soumission de Byron ne pouvait être que momentanée, et la mort seule devait interrompre un poème qui, plus que Childe Harold, plus que Manfred, était fait de la vie et de l'âme de son auteur. Même après la promesse faite à la comtesse Guiccioli, Byron ne cessa de revenir à ce qu'il avait écrit. Ayant reçu en août la visite de son ami Shelley, alors que les derniers événements l'avaient plongé dans un état inquiétant de fatigue physique et de dépression morale, il lui lut le dernier chant composé, pour lequel l'auteur de Promélhée fut saisi d'admiration 3. En même temps, il s'occupait avec son éditeur de la