‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 163 sur 223 · Cf. Mriwnrrt, I. Il, p · texte numérisé non relu

Cf. Mriwnrrt, I. Il, p

leurs attaques contre Don Juan : on accusait l'auteur de calomnier les femmes, d'outrager la morale1. Loin de secouer son chagrin, Byron s'y enfonçait davantage; il recherchait les lectures dont le ton était conforme à son état d'àme. C'est ainsi qu'il se mit à lire YAgaihon de Wieland. Le scepticisme douloureux dont déborde le roman de l'écrivain allemand, les désillusions personnelles qu'exprime son œuvre, trouvaient un écho dans la souffrance du poète anglais.

Le troisième et le quatrième chants, écrits sous de telles impressions, sont les plus tristes qui soient sortis de la plume de Byron : c'est la fin lamentable des aventures de Don Juan et d'Haydée, la mort touchante de la jeune fille; ce sont les réflexions mélancoliques sur les misères de la vie, la disparition des êtres aimés, la fragilité de l'amour et de l'amitié « sans lesquels la vie n'est qu'un vain souffle », sur le bonheur de ceux que la mort fauche dans leur jeunesse2, sur le néant de toute chose 3. Les attaques des critiques arrachent au poète des cris de douleur et de colère : tantôt il répond à ceux qui l'ont accusé de comploter contre la religion et la morale de sa patrie1 : tantôt il raille le caractère des poètes contemporains, leur versatilité, leurs flatteries, leurs mensonges ; tantôt il prend l'offensive : il satirise avec âpreté Coleridge, Southey, Wordsworlh dont il vient de lire Benjamin le Charretier Benjamin the Waggoner) °. On trouve même dans ses vers le souvenir de ses insomnies et de ses hypocondries, des soifs violentes qui le brûlaient et lui faisaient absorber jusqu'à quinze bouteilles d'eau de Seltz en une nuit, sans qu'il pût se désaltérer7. Ce sont ;iu<si des incidents insignifiants à distance, mais dont l'impression a été assez forte sur le moment pour qu'il les ait notés. A

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