T. 11. chap. xviii, p. 200 à
:!. Picatoste, traduit par Magnabal, [ . 104 ri 105.
4. || faut noter que Don Juan, dans la pièce de Tirso, a'esl pas athée ri qu'il n'est pas foudroyé. Ce titre d'athée foudroyé lui donné après coup, m France, ;, |j, pièce de Dorimon «■( se trouve aussi -mi Italie. Il j a eu par la suite <"iifusion.
leux? A-t-il spontanément conçu le caractère de Don Juan, sans s\Hre inspiré d'aucun modèle? 11 n'en est rien. Si obscur que soit le problème, il est possible cependant de découvrir dans plusieurs œuvres contemporaines les principaux éléments dont l'auteur du Burludor a tiré parti pour faire son drame. Gomme dans un grand nombre de pièces de la même époque, il a mêlé le surnaturel à la réalité. Et ici la réalité est assez banale : il s'agit des fredaines amoureuses d'un jeune débauché, thème maintes fois exploité et mis sur toutes les scènes, mais plus par ticulièrement sur la scène espagnole au xvie et au xviie siècles. Rien de plus commun dans la nouvelle et dans le théâtre que la peinture de ce « caballero » bouillant, écervelé, peu scrupuleux, avide de toutes les jouissances et les satisfaisant au prix de l'honneur, parfois même de la vie de ses semblables.
L'auteur du Burlador n'a eu qu'à prendre au hasard dans les innombrables œuvres aimées du public pour y trouver le modèle de ce fils de famille aux appétits violents, sans cesse en révolte contre l'autorité, la religion et la morale. Lope de Vega l'a mis dans la plupart de ses drames, et l'on a pu dire sans exagération que chacun de ses amants était un Don Juan. Son Jérôme1, son Diego de Alcala2, son Don Carlos3, cet homme sans foi ni loi qui donne à la femme qu'il convoite la promesse écrite de l'épouser, puis l'abandonne après avoir tué son rival; son Tello4, si prompt et si violent dans ses amours; son Trebacio 5, si arrogant envers les femmes, envers les hommes, envers Dieu même, tous sont une copie du même portrait, de l'homme qu'emportent hors des règles et des conventions sociales des sens fougueux et une volonté intraitable. Le même personnage se retrouve chez Cueva, chez Cervantes, chez Calderon, chez Tirso, sous des noms différents, mais avec le même caractère : qu'il s'appelle Don Juan et qu'il viole une femme endormie
ardtnal de Belen.