‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 170 sur 223 · The vcry générations of the dead · texte numérisé non relu

The vcry générations of the dead

An- swr|it away, and tomb inherits tomb, l'nlil the memory of an âge i< Bed, Ami. huried, sinks beneatb its offspring's doom.

(Ch. IV, m. 102.)

encore d'amères allusions aux affections trahies, à ces amis des jours heureux qui s'en vont comme les feuilles aux premiers souftles de la bise1 ». La franchise de l'accent est manifeste. Que le poète soit la dupe de sa douleur et s'exagère la cruauté de ses maux, c'est possible! encore que le cœur de chacun de nous soit la seule mesure des souffrances humaines. Mais il n'y a point ici ces désenchantements voulus, ces désespoirs d'apparat, ces affectations de gémir sans avoir souffert que mirent à la mode les Romantiques. Non certes que Byron, dans Childe Harold, dans Manfred, n'ait lui-même chanté des douleurs de commande. Mais, à la différence de ces poèmes où il n'a guère exprimé que de vagues mélancolies et la douleur déprimante de ne pouvoir atteindre un insaisissable idéal, Byron a mis dans Don Juan le souvenir à peu près fidèle des maux dont sa vie avait été tourmentée et non plus le simple reflet de son imagination sur la réalité. Une vraie tristesse s'épanche dans ces vers écrits sous le poids du passé et au milieu des agitations inquiètes du présent.

Le poème n'exprime pas moins les sentiments de bonté et de générosité innées que les déboires et l'orgueil n'effacèrent jamais dans le cœur de Byron. A l'amertume, il mêle sans cesse l'indignation qui bien souvent n'est que l'expression violente de l'amour, ainsi qu'une compassion attristée pour la folie et la méchanceté humaines. Les strophes mélancoliques où il exalte le héros de Cervantes, ce rêveur épris du bel idéal de redresser les torts, de renverser les méchants, de délivrer les opprimés, n'attestent-elles pas la philanthropie du poète, indigné de voir éternellement taxer de folie le dévouement à l'humanité et le sacrifice aux nobles causes2? S'il y a quelque emphase. n'\ a-t-il pas plus encore de sincérité dans les accents qu'il trouve pour chanter son amour de la liberté et les héros qui lui sacrifièrent leur vie3, son espoir de voir les peuples se

Page 1