Cil. XIII, st. S et suiv
:(. Cli. 111. st. 86.
débarrasser un jour du « harnais » qu'ils portent1, sa pitié pour
les faibles'2, sa haine des tyrans qui lui arrache tant de vers enflammés 3? Que de tristesse vraie sons l'ironie que lui inspire le spectacle des maux de la guerre! S'il en décril com plaisamment les excès, s'il en choisit certains épisodes horribles, c'est moins par recherche du pittoresque, par désir de faire un tableau brillant que pour soulever la réprobation '*.
De même, sous la violence de ses attaques contre l'hypocrisie et les préjugés moraux, apparaît son ardent amour de la franchise; sous son affectation de scepticisme, la bonne foi, sinon la certitude de ses opinions philosophiques et religieuses. A maintes reprises il revient sur ses croyances. Celles-ci, il est vrai, comme chez tous les esprits qui n'ont pu s'enfermer dans un système, sont flottantes et contradictoires; il n'admet pas de dogme défini; il ne croit pas en un dieu tel que l'ont conçu les ditïérentes religions; mais la supposition d'un créateur lui semble plus naturelle qu'un concours fortuit d'atomes 5. Il professe une sorte de panthéisme où la poésie, l'admiration de la nature, un mysticisme vague se mêlent à son besoin instinctif d'amour : « Mes autels sont les montagnes et l'océan, la terre, l'air, les étoiles, tout ce qui sort du grand Tout qui a créé l'Ame et la recevra dans son sein6 ».