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I li. XIV, st. 15.)
naturel, ajoute-t-il. car, chez elle, toul esl en façade; elle n'a rien de profond et Je sincère; « elle met sur toute faute une sorte de vernis ' » ; elle répand de la banalité jusque sur le crime ;
ses passions sont factices, son esprit sans sel; les caractères 5 sont monotones2. C'est donc l'homme que son rang et son éducation élèvent au-dessus du vulgaire, l'homme des classes dirigeantes que le poète a prétendu peindre.
Mais, en fait, le portrait est moins particulier qu'il ne le prétend. Byron avait trop de génie pour ne pas représenter, sou- les travers et les ridicules d'une caste, l'homme éternel avec les caractères immuables qu'il conserve dans toutes les conditions sociales. Le portrait qu'il en fait est digne de Pascal, à cette différence qu'il penche plus vers les Pyrrhoniens que vers les Dogmatiques, et que la créature humaine lui apparaît plutôt sous les traits de la « Bête » que sous ceux de 1' « Ange ». « S'il s'élève, je rabaisse », pourrait-il dire comme l'auteur des Pensées, mais sans ajouter : a S'il s'abaisse, je l'élève ». Le parti pris chez Byron est manifeste de ravaler l'homme, de calomnier son cœur, de dédaigner son génie. Il est à ses yeux un composé d'instincts égoïstes et vicieux, de passions brutales, de faiblesse, de méchanceté, de lâcheté et d'envie; c'est un être qui prend à tâche de corrompre les rares qualités qu'il tient de la nature, gâtant toutes choses par la bassesse des sentiments qu'il y mêle, incapable de rien concevoir de grand sans l'avilir aussitôt, d'utile sans le tourner vers le mal; ne sachant rien bâtir qui dure ni qui vaille; fantoche bouffon et malfaisant qui ferait rire s'il ne faisait trop souvent pleurer. Les progrès qu'il a faits dans les sciences et les arts l'enorgueillissent; mais il fait servir à sa propre ruine ses plus belles découvertes : il utilise la poudre pour tuer ses semblables; il guérit une maladie et en fait naître une autre3; il découvre des mondes nouveaux, va touiller les eut railles de la terre, et ces entreprises audacieuses ne lui rap-