‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 183 sur 223 · Cf. la lin du •hanl XIII · texte numérisé non relu

Cf. la lin du •hanl XIII

LES PRÉCURSEURS DU ROMANTISME. 48i

lois, en même temps que de ses places et de ses émoluments1. A sa table se pressent des « countrymen » hauts en couleur, grands mangeurs et joyeux buveurs; des révérends, « membres corpulents de l'Eglise, collecteurs de dîmes, et faiseurs de bons mariages2 »; des squires importants, des squiresses cérémonieuses : tout un milieu guindé et susceptible, intransigeant sur ses droits, d'ailleurs vain et ennuyeux.

Byron a représenté là un monde sot et égoïste, enfermé dans ses traditions et ses préjugés, obstinément attaché à ses antiques privilèges, hostile à toute innovation, à toute réforme libérale, sans pitié pour les misères du peuple, aveugle sur les besoins et les aspirations de la société moderne.

A la lisière de celte société étroitement conservatrice vivent les gens de lettres : ceux-ci reflètent l'état de la moralité publique. Leurs œuvres sont honnêtes et ennuyeuses, ils prêchent en vers ou en prose, et « Pégase a pris avec eux un amble psalmodique3 ». A leur morale de clergyman, ils mêlent d'interminables descriptions et toute une friperie de colporteurs4 qui a remplacé dans le goût public les mâles beautés de Pope et de Dryden. Ces attaques de Byron, légitimes quand elles s'adressent aux bavardages d'un Southey5, sont en général injustes pour les lakistes, pour leur réalisme scrupuleux et sobre, pour leur sensibilité discrète qui a su animer les plus humbles créatures de l'univers. Sans doute, le génie tourmenté de l'auteur de Manfred ne pouvait guère comprendre l'art minutieux avec lequel Wordsworth peint et fait vivre une Heur des champs, la vérité et la fantaisie si gracieusement unies dans ces poèmes où Coleridge décrit les ruines des vieux manoirs et ressuscite les Ames plaintives des héros d'autrefois. L'admirateur <le l'ope el

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