‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 196 sur 223 · Kuiisi iiihI Alirrilmm (III, 197, édit. de Weimar · texte numérisé non relu

Kuiisi iiihI Alirrilmm (III, 197, édit. de Weimar

2. The Germans are particularly fond of Don Juan which theyjudge ofas a work of art.

:i. Nothing lias ever been written like il in English, nor, if I may venture i" prophesy, will there I»'. unless carrying upon il the mark of a secondary and borrowed lient....

Weekly Journal, que l'auteur avait embrassé toute la vie humaine et t( fait résonner toutes les cordes de la harpe divine depuis les tons les plus légers jusqu'aux plus puissants et aux plus stupéfiants ' ».

Mais ces éloges, chez les compatriotes du poète, furent exceptionnels et adressés par des amis. L'opinion anglaise fut presque unanime à protester contre l'immoralité du poème. L'indignation provoquée — dont la violence peut étonner à distance — était du reste légitime. L'œuvre blessait les Anglais dans tout ce qui leur était cher : dans leurs traditions, dans leur patriotisme, dans leur respect de la morale et des institutions, dans leur pudibonderie, et plus encore peut-être dans leur amour-propre. Elle les humiliait aux yeux de l'étranger en les démasquant, en mettant à jour ces tares qu'ils dissimulaient jalousement, en révélant chez eux des vices qu'ils aimaient à critiquer chez les nations étrangères et dont ils tiraient vanité d'être seuls exempts. Les attaques du poète contre la personne du roi, contre Wellington; les nombreuses satires individuelles dont l'œuvre était pleine soulevèrent des clameurs d'indignation. Le Blackwooaïs Edinburgh Magazine, dans son numéro d'août 181!» 2, critiquant les deux premiers chants, et rendant d'ailleurs justice à la valeur de l'œuvre, n mélange extraordinaire de force, d'esprit et de gaité », reproche à l'auteur de trahir son roi et son pays :i. Le critique anonyme ne juge pas moins indécentes les allusions à sa femme par lesquelles Byron commence son poème \ Mais le scandale fut provoqué surtout par les affectations d'immoralité, par le dénigrement voulu de la vertu et l'éloge systématique du vice. Au nom de la pudeur anglaise outragée, on mit au ban de l'opinion le misérable auteur qui se riait avec une abominable gaîté de tous les nobles sentiments, de l'amour, de

1. ... He bas sounded every string of the divine harp, from ils slightesl to ils mosl povverful and heart — astounding loues.

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