‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 20 sur 223 · Discours · texte numérisé non relu

Discours

2. Voyage en Grèce : Voyage en tèlide, liv. VI, chap. xi. :j. Aristote, Poétique IN , <>.

i. Cf. Adolf Schœffer, Geschichte des spanischen national Dramas (1890), I. 1, p. i i ■;. pour les emprunts de Tirso à la pièce de Lope.

Pour relever la fortune de son père, ruiné par l'assassinai du roi Henri, un des fils du comte Federico, Octavio, a couru en vain les aventures. Mourant de faim, il s'arrête avec un serviteur près d'une grotte où se trouve le tombeau du feu roi, surmonté de sa statue à genoux. Comme Don Juan, Octavio lit répitaphe1, puis, irrité contre l'auteur de ses maux, il outrage et frappe la statue -. Malgré les objurgations de son compagnon, il provoque même le mort et se propose de dormira ses côtés pour voir si, comme on le prétend, il sortira de sa tombe. Il s'endort en effet jusqu'au moment où une voix se fait entendre. C'est celle du mort qui l'appelle et l'invite à entrer, en même temps qu'une torche s'allume. Octavio sent ses cheveux se dresser sur sa tête : « Tu trembles, lui dit la voix. — Moi trembler, alors même que les enfers t'accompagneraient!... — Viens donc. — J'y vais3. » A ce moment, la statue paraît et arrête Octavio : « Ne crains pas, lui dit-elle, si tu le vantes d'être brave. — Moi craindre! c'est de colère que je tremble4.... » Et il suit la statue dans l'intérieur de la caverne pour lui rendre raison de l'outrage qu'il lui a fait. Mais les coups qu'il porte contre le marbre ne frappent que le vide. 11 jette alors son épée et s'écrie : « Eh bien, luttons corps à corps ». Cette bravoure touche le mort : « Arrête, dit-il, tout ceci n'a été qu'une épreuve de Ion

Hic jaeet Federicus Magnus Rex Siciliarum et Italiœ, < lecisus a Ludovico Violenta crudelitate. IF, L8.

Vive I>ii>s. que lie de vengarme En vuestro alabastro eterno, Como el toro que ileshaco l.a capa del que le ofende.

Saca la espada j dale cucchillados. II. 18.

La Voz. V.-i ii' i bardas? i'a tiemblas?

Octavio. — Vu temblar! \ >> ai obardarmo, si [os infiernos vin Conl l. \ Voz. — Pues vén.

Oci avio. — A.guarda.

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Enrique. — \,i tema

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invincible courage1 ». Et il promet à Octavio de lui rendre la ortune qu'il a l'ait perdre à son père. Cette restitution le sauvera lui-même du Purgatoire et des tourments qu'il y endure : « Sont-ils si grands? lui demande Octavio. — Donne-moi la main et tu auras compassion de moi. — Oh! oh! le ciel me protège! Tu me brûles, làche-moi, lâche-moi -.... » C'est le cri de Don Juan, saisi par le commandeur.

Les différences entre les deux pièces sont considérables : clans Dineros son calidad Octavio, quand il bat et invective la statue, est le vengeur d'une noble cause; aussi a-t-il dans la scène le beau rôle : l'offensé lui demande raison de l'injure comme à un galant homme; les deux adversaires se battent en duel et finalement, loin d'être vaincu et châtié, c'est le vivant qui arrache au Purgatoire l'âme du mort. Don Juan, au contraire, outrage la statue d'un vieillard qu'il a tué après avoir déshonoré sa fille; le duel est remplacé par l'invitation à dîner; le dénouement, à l'inverse du précédent, montre le vivant châtié par le mort.

Le contraste n'est pas moindre dans l'attitude des personnages : Octavio agit sous l'empire du ressentiment et de la haine : d'où la violence de son langage et la furie de sa provocation. Don Juan ne perd pas son sang-froid. 11 demeure, en face de la statue, calme et hautain; il prend avec elle un ton dont la courtoisie ironique s'arrête à peine à la limite de l'impertinence. Son courage est une affectation d'orgueil. Il ne sortira de son calme qu'au dernier moment, quand, brûlé par la main du mort, dans un mouvement convulsif, désespéré, il tirera son poignard pour se défendre.

Mais les ressemblances entre les deux situations sont trop

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