‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 23 sur 223 · Florence, chez Salani · texte numérisé non relu

Florence, chez Salani

3. e' nfernu e paraddisu, stu scaranu, nu n cci crideva ne picca ne assai.

La santa missa mai si la sintia...

Vulia divirtimenti ed alligria....

(Ce mécréant ne croyait à l'enfer et au paradis ni peu ni beaucoup. Il n'entendait jamais la sainte messe,... il ne songeait qu'aux divertissements el qu'aux plaisirs.)

Liénziu. Leggende popolari siciliane in poesia, Ftaccolte da Salvatore Salomone- Harino. (Palerme, 1880.

■i. Le 'era un signuri di nobili rainu

Nesciutu a' Nninghilterra riceu assai.

."). Elle se trouve dans les Vovelle popolari toscane illustrate da '/. Pitre, et porte le titre de Don Giovanni.

gieuses, moitié profanes, qui se jouaient si fréquemment dans la péninsule '.

Faut-il voir dans cette pièce, dont l'existence reste hypothétique, si probable soit-elle, l'origine des deux fables de Leonzio et de Don Juan? Pour la légende de Leonzio, cette solution, encore qu'incertaine, est admissible. Quant à la légende de Don Juan, en dépit de ses analogies avec la précédente, il est peu probable qu'elle en dérive. Un seul élément commun permet de les relier l'une à l'autre : l'invitation du mort. Or ce thème, en dehors des pièces allemandes et des chansons italiennes, se trouve développé dans un grand nombre de poésies dont plusieurs, au moins, n'ont pu être ignorées du dramaturge espagnol.

Les pupazzi et les ballades italiennes se rattachent à un vaste cycle de légendes semblables qui se retrouvent dès une époque reculée dans la plupart des pays de l'Europe2. Toutes, avec des variantes diverses, racontent la même histoire d'un individu qui, rencontrant un soir un squelette dans un cimetière, l'invite à dîner. Le squelette se rend à l'invitation, et invite à son tour son hôte. Suivant les cas, celui-ci est puni pour son sacrilège ou bien sauvé après une terrible épreuve que le mort lui fait subir. Telle est la légende danoise du paysan qui, rentrant ivre chez lui, et traversant un cimetière. le soir de Noël, rencontre un crâne et l'invite à dîner. Peu après, le mort frappe à sa porte, s'assied à sa table et l'invite à son tour pour le jour de l'an. Le paysan se rend à l'invitation et peut ensuite rentrer chez lui après une épreuve terrible «pie le rnorl lui a fait subir : il a vu sur sa tète une meule suspendue à un lil de soie et, au-dessous de lui, un bûcher en flammes où rampent des vers3.

1. Dans un article récenl d'Alessandro d'Ancona, la Leggenda di Leonzio, paru en 1903 dans les Misçellanea di studi critici édita in onore di Irturo Graf, p. 6 'I ri suiv., railleur, se fondanl sur la date relativemenl récente des pupazzi el

des ballades, conclul que la légende de I. /i>> n'esl pas d'origine italienne,

mais a dû naître m Allemagne chez les jésuites. Pour les raisons que j'ai données, je <\r puis admettre cette conclusion.

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