Pour 1rs légendes, cf. l'article cité de Botte
:î. .1. Kamp, Dànske Folkeseventyr, 1879, I. 170, n 16, cité par Bôltc.
Dans une légende alsacienne, un individu ayant invité une tête de mort qu'il a poussée du pied, est invité à son tour el aperçoit les châtiments dont sont punis les pécheurs dans renier '. Dans un conte picard, intitulé « le Souper du fantôme », un jeune homme invite aussi une tète de mort avec laquelle il s'est d'abord amusé à effrayer les bonnes femmes du pays; à l'heure fixée, le mort arrive, festoie avec son hôte, dort à ses eùlés et le prie ensuite à souper au cimetière. Là, le jeune homme pénètre dans le caveau d'une chapelle où est dressée la table du festin. Tous les morts y participent. Le jeune homme rentré chez lui se fait prêtre2. Ce sujet est encore développé dans un conte de Gascogne intitulé « le Souper des morts3 » et dans un autre, de Bretagne, « le Beau squelette4 ».
Ces contes existent aussi en Espagne. Dans son recueil de vieilles romances asturiennes \ don Juan Menéndez Pidal cite, et dans une note de sa biographie de Tirso de Molina °. Cotarelo résume une romance qui se chantait dans les montagnes de Léon et dont le sujet est le même que celui du comte Leonzio ou des nouvelles danoises, allemandes et françaises. Il s'agit d'un « galan » qui va à la messe, non par dévotion, mais pour y voir les jolies femmes. Un jour, il heurte sur son chemin une tête de mort, et l'invite ironiquement à dîner. La lète accepte et lui promet d'être tidèle au rendez-vous. Elle s'y trouve en effet, et à son tour invite le « galan » à la rejoindre à minuit à l'église où elle lui montre une tombe ouverte en prononçant ces paroles :
Dormiras aqui conmigo
Corner;! s e!o la mi cma.
(Tu dormiras ici avec moi, tu partageras mon repas.)
1. Flaxland, Alsatia, 1858-61, 264-67 : « Màrchen vom redenden Totenkopf », el Sébillot, Contes des provinces de France, 1884 : la Tête de mort qui parle.
2. M. Carnoy, Littérature orale de la Picardie, 1883 : le Souper du fantôme. — Sébillot, Contes des provinces de France, 1884.