‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 26 sur 223 · Pontiti · texte numérisé non relu

Pontiti

Chi mal vive, mal muore.

L'acte III nous montre Aurelio irrité contre ses gens qui mil eu peur de statues de pierre et plus endurci encore que par le passé, malgré les sages remontrances de Bertolino qui lui parle de la mort, du ciel et de l'enfer. Sur ces entrefaites, ses soldats lui amènent la jeune courtisane Olivetta habillée en homme. Mais celle-ci lui révèle son sexe, et par galanterie il la remet en liberté, non sans lui avoir montré le supplice de Buffeto, valet du due .Mario, qu'il fait empaler a la place de son maître. Il se met ensuite à table avec Angela, Bertolino et les soldats : tous boivent et plaisantent quand l'ermite paraît et leur demande l'aumône. Aurelio se moque de lui, lui demande s'il s'amuse avec les courtisanes et ordonne à un soldat d'aller visiter -a cellule. Le soldai revient peu après, ramenant Leonora en habits «le pénitente. Aurelio, à cette vue. recommence ses plaisanteries; mais Leonora tombe morte. Aurelio quitte alors la table el l'on transporte le cadavre de la jeune femme dans le temple. Celui-ci s'ouvre, les statues apparaissent une épée à la main ri le c«i!ps de Leonora à leurs pieds. Aurelio leur fait demander par Bertolino pour quelles raisons elles tiennent ainsi une épée el si elles veulent lutter avec lui! Oui. répondent les statues, qui ajoutent :

Aujourd'hui, comte, avant le coucher du soleil'.

Aurelio accepte la provocation et le temple se ferme de nouveau.

Après une scène au cours de laquelle olivetta, l'ermite, Cassandre el Mario racontent au roi les événements dont ils ont été le- témoins ej les \ ictimes, Aurelio. fidèle au rendez-vous, revient au temple avec Bertolino. Les statues, l'épée à la main, l'attendent et l'invitent à s'approcher. Lui les provoque à un combat corps à corps :

Repens-toi, comte, avanl que le soleil se couche,

«• te, prima che' 1 sol tramonte.

lui disent à trois reprises les statues, qui redeviennent plus

pressantes et ajoutent :

Prends garde, le soleil se couclie....

« Eh, qu'il se couche, réplique Aurelio. En serai-je moins le comte? — À toi, ô ciel ! ' » disent les statues, en arrêtant le comte qui s'apprête au combat. A ce moment le ciel s'ouvre, le tonnerre se fait entendre, un tremblement de terre l'accompagne; le jour s'obscurcit, et la foudre tombe aux pieds d' Aurelio que la terre engloutit.

Le temple se ferme ensuite, et Berlolino se sauve avec Angela. Tous deux vont raconter au roi la fin du coupable, que, dans une dernière scène, l'on voit aux enfers, tandis que, dans une apothéose, le ciel s'entr'ouvre, montrant Leonora et les statues, et que des chœurs d'anges et de démons se font entendre, chantant la gloire de Dieu et le châtiment des criminels.

J'ai longuement analysé ce scénario afin de mieux mont relies rapports qu'il peut avoir avec la légende de Don Juan et celle de Leonzio.

Observons tout d'abord que notre scénario ne porte aucune date : tel que nous l'avons, il appartient à la fin du xvn1' siècle. Mais ce texte n'est évidemment pas l'original, pas plus que celui des autres scenarii auxquels il est mêlé2. C'est une copie plus ou moins fidèle d'un scénario antérieur. Peut-on l'identifier avec l'Ateista fulminato signalé par Shadwell? Peut-être, à condition d'admettre qu'il n'est qu'une version très modifiée de celle pièce religieuse primitive. Y a-t-il d'autre part un lien réel en Ire le Burlador et cet Ateista fulminatot Les différences sont considérables : Aurelio ne ressemble que de loin à Don Juan : c'est un voleur, un assassin plutôt qu'un débauché. Sans doute il enlève Leonora et la trompe avec Angela, mais le libertinage n'est

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