‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 31 sur 223 · Los que lïngi's y enganais · texte numérisé non relu

Los que lïngi's y enganais

Las mujeres desa suerte, Lo pagareis en la muerte. (I, 15.)

celle de son père : « Quoique Dieu semble souffrir tes crimes et te donner du temps, prends garde que son châtiment ne tarde plus ' ». Mais Don Juan est sourd à tous les a\ is : en vain, le commandeur en mourant le menace-t-il; il court à de nouvelles amours, à de nouvelles trahisons. En vain, Calalinon renouvelle ses avertissements : « L'existence la plus longue est courte, seigneur, et derrière la mort, il y a l'enfer- ». Vaines leçons! Le galant est jeune, la mort est lointaine, il sera temps de s'amender à l'âge où la grâce divine n'aura plus à lutter contre les faiblesses de la chair. En attendant, il compte jouir de la vie et il ne sort d'une aventure que pour en méditer une autre. Cependant, les avertissements d'en haut deviennent plus manifestes : les victimes demandent vengeance; le mort s'anime pour punir lui-même l'offense qu'il a reçue; des chanteurs mystérieux font entendre ces paroles menaçantes : « Que ceux qui estiment que les châtiments de Dieu tardent, prennent garde qu'il n'est pas de terme qui n'arrive, ni de dette qui ne se paie3 ». Et quand Don Juan se repent enfin : « Il n'est plus temps, lui dit la statue, tu y songes trop tard;... ce que l'on fait, on le paie4 ».

Tel est le véritable objet et tel dut être pour les contemporains l'intérêt du Burlador. Les exploits galants du personnage n'étaient qu'un thème banal, cent fois traité, qui devenait ici, tout comme dans YInfamador, une occasion d'éclairer une jeunesse insouciante de son salut, sur les dangers de le différer.

1. Mira que, aunque al parecer Dios to consiente y aguarda, Su castigo no se tarda. (II, 10.)

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