‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 4 sur 223 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

de la légende? Quelles sont les relations des unes aux autn Les liens qui les unissent? Problèmes délicats, dont la solution n'est pas toujours possible, car, en certains endroits, des vides irréparables existent encore, et ne seront vraisemblablement jamais comblés. D'Espagne en Italie, notamment, la trame se rompt. Faute de posséder la pièce de Gilibertô et les premiers scenarii italiens, il est bien difficile de suivre le passage de la fable d'Italie -en France et en Allemagne au xviie siècle. La question des origines est plus ardue encore : un mystère que les travaux de Farinelli, de Zeidler et de Boite ont éclairé sans l'expliquer plane toujours sur elle ; je l'ai à mon tour étudiée de près, en ne négligeant aucun élément du problème : j'ai cherché en Espagne, en Italie et en Allemagne les sources proches ou lointaines auxquelles l'auteur de la première pièce avait pu recourir. J'ai acquis la conviction qu'en dépit de ressemblances certaines avec des fables analogues, la fable du « Convié de pierre », au moins dans ses parties essentielles, est née en Espagne ; et, sur ce point, mes conclusions diffèrent de celles de Farinelli et de Boite.

Mais, quelles que soient les difficultés auxquelles le critique se heurte, quand il prétend reconstituer à travers les âges et à travers les pays l'histoire de la légende, la reconstitution, même incomplète, de cette histoire donnera à l'œuvre entreprise une certaine unité : remonter jusqu'aux sources les plus reculées; montrer comment elles ont été captées et groupées ; établir ensuite la filiation des œuvres issues de l'œuvre mère, et en dresser en quelque sorte l'arbre généalogique, voila. dans un sujet en apparence incohérent el «lifi'us, un premier fil conducteur.

Cette étude ainsi comprise aura un autre intérêt : elle contribuera, pour sa modeste pari, à établir le cosmopolitisme

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