‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 43 sur 223 · Allacci, Drammaturgia (édition de 1666, p · texte numérisé non relu

Allacci, Drammaturgia (édition de 1666, p

2. Cf. 2" édition, p. 72, où il est dit que les Unours d'Alexandre le Grand et de Boxane, de Cicognini, furent joués en 1651, à Venise, bien que laissés inachevés par la mort de l'auteur.

:(. Cette histoire manuscrite est citée par Lisoni, Un famoso commediografo dimenticato, p. 10, et par Klein : Geschichte des Drama's, t. Y, note de la page 717.

mort en 1650; si d'autres1 prétendent qu'il n'est mort qu'en L660, l'étude <lu texte montre que Giliberto tel du moins que le font connaître Dorimon etVilliers) doit à Cicognini plus d'un détail et lui est manifestement postérieur. La pièce a pour titre : il Convitato di pietra, opéra esemplare del signor Jacinto Andréa ( icognini. Ailleurs, elle est encore appelée, suivant l'habitude générale : regia ou famosissima opéra. Ce titre est la traduction, delà seconde partie du titre de la pièce espagnole, détail qui est • à retenir, car il semble indiquer que l'auteur a été plus frappé par le côté surnaturel du drame que par les aventures galantes de Don Juan 2.

Comme la plupart des autres comédies du même auteur le Convitato di pietra est en trois actes et en prose.

Cette pièce est formée de deux éléments : les uns sont directement empruntés à Tirso, à peine modifiés, parfois traduits; les autres sont originaux ou, du moins, étrangers à la pièce espagnole. Ces derniers, sauf un — une scène finale où l'on voit Don Juan dans les enfers, — sont comiques. Comme dans le Burlador la scène se passe d'abord à Naples, puis en Espagne. Les personnages sont, à peu de chose près, les mêmes : Cicognini a supprimé le père de Don Juan et le marquis de la Mota. Catalinon devient Passarino; Tisbea s'appelle Rosalba ; Aminta, Brunetta; le paysan Gaseno est transformé en docteur, Patricio en Pantalon. Ripio change son nom contre celui de Fighetto. Les mitres personnages sont conservés. Suivant la tradition introduite par Ruzzante3, ils parlent plusieurs dialectes : Fighetto et Pantalon, le vénitien; le docteur, le bolonais: Passarino, le napolitain.

Cicognini, seul * parmi les imitateurs de Tirso, a conservé tout ledébut de la pièce espagnole, c'est-à-dire les aventures de Don

1. Notamment G. Negri, lsim-i<i delli scrittori fiorentini, cité par Lisoni, p. 10; et Quadrio, Dellastoria e délia ragione d'ognipoesia (Lisoni, p. lu .

2. Pour Cicognini, cf. Lisoni. ouv. cité, h G. <!<' Bévotte : /.'■ Festin ■/-■ Pierre avant Molière.

3. Cf. des Boulmiers, ouvrage cité, 1. I. noie de la page 22.

4. Perucci a lait de même; mai- Perucci esl surtout un imitateur de Cicognini.

Juan avec la duchesse Isabela et la fuite du Séducteur en Espagne. 11 s'est contenté d'intercaler une scène comique asse2 longue entre Don Juan et son volet : celui-ci, après avoir gémi de marcher toute la nuit à la recherche de son maître, finit par le rencontrer sans le reconnaître. Saisi de peur, il se jette à terre et cherche;! écarter avec son épée qu'il lient en l'air, le poignard de Don Juan. Quand ils se sont reconnus, Don Juan annonce à Passarino qu'ils vont partir pour l'Espagne. A cette nouvelle inattendue, le valet se lamente de ne plus pouvoir manger de macaroni, mais son maître, compatissant à sa gourmandise, le rassure en lui vantant les mérites du fromage et du beurre de Castille. Passarino se console donc, non sans adresser à Naples de touchants et emphatiques adieux. Suit une autre scène comique entre le laquais Fighetto et le comte Ottavio, fiancé de donna Isabella, amoureux languissant dont le rôle est de payer les frais des aventures galantes de Don Juan. C'est une sorte de héros romantique avant l'heure; il ne dort pas, mange encore moins, se nourrit d'amour et d'idéal. Averti par don Pietro de l'accusation qui pèse sur lui, il quitte Naples pour Séville, où nous le retrouverons à l'acte suivant.

En attendant, Don Juan fait naufrage et échoue sur une plage où la jeune Rosalba pêche en célébrant la félicité de sa condition. En changeant de nom elle a perdu la grâce poétique mais si maniérée de Tisbea ; elle a gardé la même sensibilité et se trouble à la vue du gentilhomme que les flots déposent à ses pieds. « Quel bon petit morceau! ' » s'écrie Don Juan, aussitôt remis des émotions qu'il vient d'éprouver par nue émotion d'un autre ordre, tandis que Passarino lance celle ironique boutade : « S'il était resté plus longtemps dans la mer, il serait tombé amou reux d'une haleine.... Encore une sur la liste- ». Et, en effet, Rosalba met bien vite tous ses bons offices à la disposition du galant naufragé. Celui-ci lui promet, d'ailleurs, de l'épouser. Ici encore, Cicognini a suivi son modèle en agrémentant des

' • Vedi che buon bocconcino : 1 . 1 1 .

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