‹ La Légende de Don Juan (volume 2)Chapitre 49 sur 223 · I. D. .1. — Calla · texte numérisé non relu

I. D. .1. — Calla

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scrupules du public en faisant du Dieu des chrétiens l'objet de pareils outrages. Par une préoccupation qui introduit dans la pièce un étrange anachronisme, ils ont remplacé le Christ par Jupiter : Don Juan insulte les dieux, le ciel, et son valet se moque de Neptune et des Tritons. A ce merveilleux païen est mêlé un ermite, et Briguelle, dans la version de Dorimon, répond à l'invitation à chanter de Don Juan :

Que je chimie, à la fin de mon sort!

Je ne suis pas un cygne et je suis catholique. V, 2.)

Ne nous étonnons pas trop : cette union discordante du paganisme et du christianisme est une habitude générale chez les auteurs espagnols et italiens du wic et du xvne siècle.

Dans ce dernier acte, le caractère de Don Juan touche à la grandeur. Le héros engage la lutte contre le ciel avec une fureur désespérée : c'est le pécheur obstinément attaché à ses crimes, et les exallant. A l'heure suprême, à l'instant où l'homme le plus audacieux courbe la tète et tremble, Don Juan se dresse indompté, effrayant clans son invincible orgueil. Il ferait songer au Titan de la légende, si ses bravades aux dieux — comme plus haut ses outrages à son père — n'étaient déclamatoires, s'il ne criait trop haut son héroïsme, si l'exagération du ton ne gâtait l'effet de son inébranlable attitude :

... Mon âme , S'épouvante aussi peu des horreurs de la flamme De tes tourments inédits, ny du fer ny du feu, En un mot tout cela m'épouvante si peu Et je me sens si peu touché de ta menace Que je le serais plus du moindre vent qui passe '.

Devant un tel endurcissement, la statue fait son office habituel de justicière : le coupable est entraîné aux enfers.

En dépit de la gaucherie de l'exécution, cette conception nouvelle du libertin ajoute des éléments for! importants aux conceptions antérieures. Le personnage prend plus d'ampleur. Le

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