I. Acte III. se. i
Au cours de la querelle qui s'est élevée outre son maître el ses adversaires, Sganarelle s'est prudemment caché, mutant Briguelle et Philippin dans une circonstance semblable1. L'affaire terminée, il rejoint Don Juan et tous deux rencontrent par hasard le tombeau du Commandeur : .Molière ne s'écarte guère dans cette scène des versions antérieures tout en suivant de plus près pour les détails celle de Dorimon2.
Dans l'acte IV Don Juan, tourmenté, sans vouloir se l'avouer, parle phénomène surnaturel dont il a été le témoin, cherche à se rassurer en imaginant des explications rationnelles, idée nouvelle et ingénieuse conforme à son scepticisme.
Une autre invention originale et non moins heureuse de Molière est la scène entre' Don Juan et M. Dimanche, scène parodiée ensuite suivant le vieux procédé de la comédie italienne par Sganarelle. Don Juan n'échappe à son créancier que pour rencontrer son père. Nous avons déjà vu que Molière avait emprunté à Dorimon et à Villiers l'idée de cette scène. Ceux-ci ont développé les reproches du père en d'interminables bavardages et ils n'ont pas donné au vieillard sur son fils l'ascendant de l'âge et de la dignité. Seul le début de son discours, chez Dorimon, contient quelques paroles qui font songer de loin aux nobles accents de don Louis : »
Dom Jouan mes avis seront-ils de raison? Puis-je vous faire voir dans le mal qui me blesse De quels maux votre humeur accable ma vieillesse, nue le courant fâcheux du vice où vous trempez, Vous porte au précipice où déjà vous tombez, Et que, sur le penchant d'une telle ruine, L'amitié paternelle encore me domine.
Elle vous vient, offrir une main dans ce jour. L'horreur que j'ai peur vous le cède à mon amour.