Journal cfOrmesson, II. p
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quelques-uns «l'entre eux : c'était Brienne, Guiche, courtisant Mlle «le la Vallière, Guiche surtout, qui compromit ensuite Madame, et reçut l'ordre de quitter la cour. C'était encore le chevalier de Grammont, se mettant en travers d'une intrigue avec M"' de la Motte Houdancourt et qu'il envoyait en exil. C'était enfin Vardes imaginant avec la comtesse de Soissons la vilaine affaire des lettres Espagnoles, où la liaison du Roi avec la Vallière était dénoncée à la Reine '.
Louis XIV avait aussi des raisons politiques de détester les libertins. Leur philosophie même choquait ses principes de despotisme. 11 ne pouvait être favorable à un parti qui proclamait l'indépendance de l'homme envers l'autorité et qui ne s'en tenait pas à la spéculation : les événements de la Fronde, qui laissèrent toujours dans son cœur un ressentiment profond, avaient eu pour héros nombre de ces libertins, aussi impatients de secouer le pouvoir royal que le pouvoir de l'Eglise. Louis, qui ne pardonna jamais à Saint-Evremond, même après la mort du Cardinal, cette lettre au duc de Créqui où il critiquait la politique de Mazarin, devait garder au fond du cœur une rancune contre ces révoltés qui, entre deux chansons à boire, composaient des libelles contre le Ministre et contre la Reine , et n'avaient aucun respect pour les « livrées même du Roi 2 ». Le jour où il fut le maître, il ne perdit aucune occasion d'humilier ces grands, à cause desquels il avait dû fuir sa Capitale. Il les contraignit à quitter leurs manoirs et leurs terres; il les logea dans les combles de son Palais de Versailles et s'en fit une innombrable cour de laquais. Lui-même il les désigna souvent aux moqueries de Molière, qui, sûr de son appui, n'en oublia aucun, depuis les « messieurs du bel air «jusqu'aux chevaliers d'industrie. En faisant rire aux dépens des uns, et «mi représentant les autres comme dangereux et malfaisants, Molière faisait sa cour et servait le Maître.
1. Cf. l'Histoire galante de M. le comte de Guiche et de Madame, pamphlet paru en 1667. — Cf. Saint-Simon, Mémoires, VIII, p. 598 et suiv. — Cf. aussi, Lair, Louise delà Vallière et la jeunessi de Louis \/l. p. 77 et suiv.